CHANT UE XVIII
Dernier» pr.'|>ar«llfa. — Le 8 octobre.
Les jours qui précédèrent l'ouverture des débat* furent consacrés à compléter les mesures administratives et les dispositions architectoniques.
Le commandant Thirict, de la gendarmerie mobile, fut attaché particulièrement à ki personne de l’accusé pendant la durée des débats.
M. le capitaine Mazièrcs, de la même arme, sc mit aux ordres du duc d 'Aumale et s'occupa tout d'abord de préparer les caries, de natures diverses, qui devaient donner accès datis la salle d'audience.
Le capitaine Burdon eut la surveillance des abords du conseil et du Grand-Trianon.
Dans Taxe correspondant au centre du tribunal, furent suspendus, au plafond de la salle, trois lustres en cuivre dont les branches recevront des lampes Carcel ; dans les entre-colonnes, des suspensions; contre les murs, des appliques furent disposées, également pour des lampes. Enfin, aux angles de la salle et de chaque côté des portes, on plaça des lampadaires dores, dont le pied en bronze reposait sur le parquet.
La question de l’établissement d’un poste télégraphique, longtemps discutée, finit par être résolu;» affirmativement, mais en affectant le fil reliant Trianon à Versailles exclusivement au service officiel.
Un bureau de poste, par contre, fut ouvert au public; sen service, déjà organisé, s’applique pour le moment au personnel judiciaire.
Il était fait quotidiennement sept distributions. Cinq départs avaient lieu, de huit heures un quart du matin
Le géuénl Poureet.
à cinq heures du soir, ce dernier pour les départements et l'étranger. Une sixième levée était effectuée A huit heures un quart du soir pour les départs du lendemain matin.
On songea à l'acoustique, et, pour amortir l'effet des dalles de marbre, on les recouvrit d'un plancher.
Dans le rez-de-chaussée de l'aile droite, furent meublées trois pièces pour le duc d'Aumale; et à l’entresol, une chambre, un cabinet de toilette, sans compter deux chambres pour les commandants Guiod et de Salles.
Le duc d'Aumale, dans une visite qu’il fit le 2 octobre, trouva insuffisante la lumière qui arrivait jus- . qu'au prétoire, et l'on ouvrit en conséquence deux ciels vitrés dans le plafond de l'annexe.
Les bancs de la presse et les tablettes d'appui pour les reporters reçurent une couche de peinture lilas foncé.
Le maréchal, dans sa prison nouvelle, affectait un entier stoïcisme. « Couché d'assez bonne heure, a dit le fidèle historiographe du Petit Journal , il se lève de grand matin.
« Il prend du café au lait, cause un instant avec le lieutenant-colonel Villette, son compagnon volontaire •de captivité, puis descend au jardin réservé, où il lait une longue promenade sous l’œil vigilant des sentinelles.
« Les mouvements du prisonnier ne sont entravés en rien. Pourvu qu’il ne franchisse pas certains points à partir desquels il disparaîtrait aux regards de scs gardiens, toute latitude est laissée à ses allures.
* Les soldats de garde, la nuit, ont les armes chargées, avec ordre de faire feu après trois « qui vive » restés sans réponse.
b Sa promenade terminée, le détenu regagne son a|fpartement. Il travaille, écrit, copie des documents, rature, amplifie ou retouche certaines parties de sa défense, préparée de longue main, et déjeune en compagnie du colonel Villette, dans la salle à manger attenante à sa chambre.
« Il n’existe pas de cuisine à Trianon-sous-Buis. Du reste, à l'avenue de Picardie, les repas ne se prépa-
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raient pas non plus dans la prison. Ils sont, ils n’ont pas cessé d'ôtre fournis par un hôtel de Versailles. Un traité est passé avec cct établissement qui, moyennant vingt francs par jour, envoie déjeuner et dîner. Des soldats de corvée sont chargés de ce transport.
« Après le déjeuner, le maréchal fait une courte sieste en attendant MM. Lachaud pèrp ou fils, — parfois le père et le fils, — pour travailler jusque vers quatre ou cinq heures.
« Resté seul, le maréchal fait des armes ou sort de nouveau prendre l’air sous les arbres jusqu’à l’heure du dîner.
« Il paraît que la justice a pris à sa charge tous les frais de détention, bien que l’cx-commandant de l’armée du R li in touche son traitement de maréchal en grande partie.
« En cette occasion, le maréchal, de môme qu’il l’a fait récemment à propos des témoins à décharge dont il demandait l’assignation directe par le ministère public, invoque des motifs tirés de sa situation péenniaire* »