‹ Bazaine et al capitulation de Metz Émile de La BédollièreChapitre 59 sur 117 · U1IXX · texte numérisé non relu

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chemin de fer des Ardennes est toujonrs libre jusqu’à Metz, re qui indique que l'ennemi a pour objectif Chàlons et Paris.

« On parle toujours de la jonction des armées des deux princes. Nous avions devant nous hier le prince Frédérle- Cliarlrs et le général Steinmelz. »

t.e maréchal télégraphiait en même temps au ministre de la guerre : « Nous avons été attaqués le H dans nos lignes devant Uorny, au moment où une partie de l’armée était dé. à sur la rive gauche de la Moselle. Hier, IC août, uno bataille a été soutenue de neuf heures du malin à huit heures du soir, sur les positions que nous occupions entre Doneourt et Vtonville, contre les corps réunis du prince Frédéric-Charles cl du général Stelnmelz. L'ennemi a été repoussé dans les deux rencontres, en subissant des perles considérables. Le» nôtres sont sensibles. *

Le parti auquel s'arrêtait le maréchal allait rendre bien difficile l’exécution des projets de départ qu'il communiquait à l’empereur. En ramenant l’armée en arrière des positions qu’elle avait glorieusement conservées la veille, le maréchal laissait à l'ennemi toute raellilé pour venir s’établir sur les roules d'Elaiii cl de Dricy. De plus, loin de diminuer les chances d'une rencontre, sa résolution rendait un rumbal inévitable pour s'ouvrir un passage vers le nord.

Le mouvement du 1 7 n'a-ldl été qu'une mesure piéparaluire précédant la rentrée de l'année sous Metz? Ou, eoinmc l’expose le maréchal dans son Mémoire j’titijicatif, en s'établissant sur les positions d'Amanviilcrs, se proposait-il de livrer

une bataille défensive daim de lionnes condition* lactiques pour déboucher, après avoir infligé à l'adversaire de grandes pertes? Telle est l'alternative devant laquelle ou se trouve p lac é .

81 les avis qu'il adresse, le I? au soir, à l'empereur parle commandant Magnan; si, comme nous le verrons cl -après, la mission qu'il donne en même temps à l'Inleudant de Préval, d'aller préparer di s vivres à Ltmiruvon et sur la ligne des Ardennes, semblent témoigner du dessein des'éloigner de MHz, le reste de sa conduitu ne correspond nullement à celle détirmlnalioM. Le* ordres qu'il donne pendant les journées des 17 et 18 peuvent seuls Indiquer quelles étaient ses véritables intentions.

.S'il ctil été réellement dans la pensée du maréchal de reprendre sa marche vers l'intérieur, tout l'Intérêt de la position eût été pour lui à lu droite de son armée, cùlé par où il devait déboucher, et qui présentait la position la plus faible. U y aurait placé ses meilleures troupe», ses réserves, u belle cavalerie. Au lieu do cela, nous le voyons établir, sur le plateau de Sftint-Privai, la clef de la position, le corps du maréchal Canrobert, corps irès-éprouvé dans la journée du I <J . et resté fort Incomplet, romma nous l'avons dit, avec une artillerie très-réduite, sans aucun parc, sans même d’oulils pour s’établir, solidement sur le terrain. Quant au* réserves, il les dispersa h gauche de son armée sur les hauteurs difficilement aboidablcs du Saint-Quentin, que couronnent de» fortiltcatioiis permanentes. Sa cavalerie, reléguée dans le fond du vallun do Monvaux, se trouve forcément réduit u h l'inaction ; lui-même |*»rle son quartier général à Piappeviile.

Ce* dispositions, bien loin d'indiquer un projet d-- départ de Mets, témoignent de la crainte, bien peu fui idée d'ailleurs, de voir l'ennemi se glisser entre la place et l'amok*. La préoccupation du marécliai à ce sujet parait avoir été si grandi* que, dans l’après-mldi du 17, Il a manifesté un moment la pensée d'établir l'armée, le soir même ou dans la nuit, sur les positions qu'elle occupa le 19, sous l'appui des forts.

L’nnxiété provoquée par le silence du maréchal, lu soir du combat de ttexonvllle et dans la matinée du lendemain, se manifesta dan» la dépêche expédiée le 1 7 du quartier impérial au général de CoflUiièrcs: • Avez-vous des nouvelles de l'armée? Envoyer d’urgrncc à S. M. au camp de Cbâlons. •

Cet offleier général répond : « Hier 10, il y a eu une affaire Irès-sé rieuse du cûlé de GravcloUc; nous avons eu l’avantage dans le combat, mais nos pertes sont grande». Le maréchal s'est concentré sous Metz et rampe sur le* hauteurs de Happe» ville. Nous demandons du biscuit et de la poudre, Metz est à peu près bloqué. »

Ces nouvelles alarmantes sont confirmées du s le rapport que lu maréchal expé lie le 17 au soir par le commandant

Magnan.

« lieu, le 17 a»ùt.

c J'ai l'honneur de confirmer & l'empereur ma dépêche té- \ légrapl tique, en date du ce jour, et de joindre à celte lettre i copie de celle que j'ai adressée à Votre Majesté hier soir à onze heures. .

« On dit aujourd'hui que le roi de Prusse serait à l'ange ou au château de d’Aubigoy, qu’il cal suivi d'une armée de 100,000 hommes, et qu'en outre, dus troupes nombreuses ont | été vues sur la route de Verdun à Mont-ror-lea-Côle». Ce qui pourrait donner une eerlalno vraisemblance à crtte nouvelle I de l’arrivée du roi de Pru-sc, c’eat qu'en ec moment où j’ol l'honneur d’écrire à Votre Majesté, les Prussiens dirigent une attaque sérieuse sur le fort de Queuleu. Ils auraient établi des I batteries à Mnpnv, à Merey-le-Haut et ail bols do Poullv. Dans ru moment le tir est même assez vif.

« Quant A nous, les corps sont peu riches en vivres; Je vais tâcher d’en faire venir par la ligne des Ardennes, qui est encore libre. M. le général Soleil le, que j'ai envoyé b la place, ! me rend compte qu’elle est approvisionnée en munitions et qu’elle ne peut nous donner que 800,000 cartouche», ce qui, pour nos soldats, est l'affaire d'une journée. Il y a également un petit nombre de coups pour pièce* de 4, et enfin il ajoute que l'établissement pyrotechnique n’a pas Ips moyens nécessaires pour confectionner des cartouches, M. le général So- Icille a riù demander à Pari* co qui est indispensable pour 1 remonter l'outillage j niai* cela arrlrera-l-ll à temps? Les ré- i

glaïeul* du corps du général Frossard n'ont plus d’uslensJlcs de campement et ne peuvent faire cuire leur* aliments. Nous allons faire tous no* efforts pour reconstituer nos approvisionnement* de toutes sortes, afin de reprendre notre marche dans deux jours *1 cela est possible, Je prendrai la roule de Brie» ; nous ne pprdrons pas de tem|*. i moins que de nouveaux combats ne déjouent nos combinaisons.

« J’adresse A Votre Majesté la traduction d'un ordre de combat trouvé sur un colonel prussien tué A la bataille du IG.

■ Je mettrai Votre Majesté au courant de* mouvement* de l'ennemi dans cette Journée.

« J'y joins une note du général Solellle, commandant l'artillerie de l’armée, qui indique le peu de ressources qu'offre la place de Metz pour le ravitaillement en manillons d'arlilleriu et d'iufanierie. »

En résumé, il n'y a qu'un petit nombre, de coups de 4. Le» cartouches f.»nl défaut, ainsi que l'outillage pour en confectionner. Metz ne peut fournir que 800,090 cartouches, ce qui, pour l’année, est l'affaire d une journée. Les corps seul peu riche* en vivre» et on va se hâter d’en faire venir par la ligne des Ardennes, qui est encore libre.

Ainsi, il n'y a ni vivres ni munitions â Mers; la poudre, lo biscuit foui défaut ; tel est le résumé de res dernières et tristes dépérîtes qui vont porter la stupeur et l.i désolation dans toute lu France et provoquer dans tous les esprit» une exaspération profonde, avaut-coureur de la tempête du 4 septembre.

Et pourtant, bien que beaucoup moins alsondant* qu’il n’cùt été désirable, le* vivre» étaient loin de faire défaut, puisque 290,000 hommes allaient subsister pendant »Uxanle-di\ jour* avec les ressource* que renfermait la place. Les munitions ne manquaient pas non plus, puisque, six jours après ce cri d’alarme, le général Ndcdle déclarait, le 21 août, être aussi complètement réapprovisionné qu’au début de la campagne.

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