CHAPITRE XXXV
Soitc do rapport. — Discussion des résolutions formulées dans le conseil.
Le maréchal Bazaine a résumé, comme il suit, dans son mémoire justificatif les résolutions qui furent prises dans celte conférence :
« L’armée devait rester sous Metz, parce que sa présence maintenait devant elle plus de 200,000 ennemis; parce qu’elle donnait ainsi le temps à la France d’organiser la résistance, aux armées en formation de se constituer, et parce qu’en cas de retraite de l'ennemi, elle le harcèlerait si elle ne pouvait lui infliger de défaite décisive. «
Il est établi d’un autre cftté, par le compte rendu de celle conférence et par les dépositions, que l’armée devait resler sous Metz, parce qu’elle n'avait de munitions que pour une bataille, et qu’en entreprenant une marche vers l’Intérieur elle s’exposait à se trouver désarmée au milieu des ennemis; parce qu’enfln la place de Metz ne pouvait, au dire du commandant supérieur lui-même, tenir plus de quinze jours sans la protection de l’armée.
En rapprochant ces résolutions des observations présentées au maréchal dans la matinée même par les généraux Solelllo
Sixilnt,
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et Coffînlères, on est frappé tout d'abord du silence profond gardé sur l'armée du maréchal de Mac-Mahon cl sur la probabilité do sa marche vers Metz. Non-seulement le maréchal se lait, mais les généraux Solcllle cl Cofllnlires gardent un silence absolu sur ce point capital. Tous les autres membres de la conférence déclarent unanimement qu’il n’n pas été fait • mention devant eux du maréchal do Mac-Mahon ni de son armée.
Ce fut dans la conférence de Grlmonl quo surgit pour la première fols celle pensée, que l'armée ne devait pas quitter Mets. Nous en avons trouvé le germe dans le communiqué à la presso du 20 août. Mais, vls-à-vis do l'armée et du pays,
Il n'avait jusqu'alors été question que de rouvrir les communications de l'armée avec l’Intérieur. Le 23 encore, le maréchal entretenait l’empereur de son projet de sorlle.
« En restant devant Mets, dit le maréchal, l’armée neutralisait 200,000 ennemis. »
Comme si un rôle purement expectant convenait à la seule armée rurlemcnlconsliluéc que possédé! la France; on ne saurait trop s'élever contre une semblable théorie qui légitimerait en apparence, dans l'avenir, l'Inertie des générant et laisserait & d’autres qu'aux véritables soldats le soin de teulr la campagne el de sa battre.
En restant devant Melx, on donnait, dll-on, le temps A la France d'organiser la résistance, et avec quels éléments, puisque l'armée renfermait à peu près tous les cadres de l'armée active?
En cas de retraite de l'ennemi, elle le harcèlerait si elle ne pouvait lui InDiger do défaite décisive. Ainsi, c'était aux nouvelles levées, constituées à la h&lc, à rejeter l’ennemi hors du lerriloire.
Tout en reconnaissant, comme on le verra dans un des chapitres suivants du rapport, que le maréchal Bazaine, apres le désastre de Sedan, aurait pu concourir, de la manière la plus efllcace, à la défense du pays par des opérations actives autour de Mets, on ne saurai! l'excuserd’avolr voulu restreindre A de simples fourrages le rôle de son armée, alors que le maréchal de Mac-Mahon s'avançait vers lui, croyant le rencontrer eu chemin.
Examinons maintenant en détail la valeur des moUfft qui déterminent les résolutions du 26 août.
La place de Mcls no pouvait tenir plus de quinze jour* sans la protection de l’armée. Le général CoIDnière», au dire des membres de la conférence, a avancé celle opinion ; il la renie maintenant et la caraciérlse même très-sévèrement ; mais pour-’ quoi s'est-il exprimé de façon qu'à la sortie de la conférence, scs membres pussent emporter une impression aussi désolante? Strasbourg, qui n’étalt protégée que par une enceinte, a tenu quarante-cinq jours, et Melx entouré de forts serait tombé en quinze jours I
Ce simple rapprochement suffît pour éclairer celte situation; ajoutons que les observations du général Coffînièrcs élaictil d'autant plus mal fondées, qu'il obtenait pour la garnison de Melx l'effectif demandé par lui lo 14 août. Depuis colle date, les défenses de la place avaient été notablement améliorées cl la garnison se trouvait doublée, puisqu'on devait laisser la division Caslagny en sus de la division I.avoaucoupel déjà désignée. Le commandant supérieur de Metz n'aurait pas dû oublier que le maintien de l'arméo allait réduire de la façon la plus périlleuse les approvisionnements de la place cl liftier l'heure de la reddition forcée. Au lieu de provoquer une semblable résolution, il aurait dû tout faire pour l'empêcher d’êlre , admise.
I,c maréchal Le Bœuf a caractérisé Irèt-netlcment la situation dans sa déposition. 11 déclara qu’au moment où il résignait ses fonctions de major général, il demauda au général Coffînièrcs do consentir à reprendre le commandement du génie de l'armée et à lui céder le poslc de gouverneur de Melz. Après avoir exposé en détail les ressources que les forls offraient à la défense, le maréchal Le Bœuf ajoute qu'il est hors de doute qu'en résonant la question des vivres, on aurait pu tenir près de trois mois contre des attaques régulières.
Enfin l’armée n'avail de munitions d’nrtlllerie que pour une seule bataille. Celle assertion paraît plus qu’étrange dans la bouche du général Solcllle qui vient aunonccr quatre jours auparavant au maréchal Bazaine que les approvisionnements
de l'armée sonl reconstitués en entier et qu'elle possède uulant de nnmlllons qu’au commencement do la guerre. Si, avec l'approvisionnement existant le 5 août, l’armée a pu livrer les combats du II, du 14, du 16 el du 18 sans vider ses coffres, et bien loin de là, comment un nouvel approvisionnement complet ne pourrait-il suffire qu'à une bataille?
Il est Impossible de rendre compte du celte déclaration; bien coupable est celui qui, par sa position spéciale, va donner à une semblable erreur l’apparence de la vérité. Bien plus coupable encore est le maréchal Bazaine qui, renseigné sur (oui et connaissant par la lettre du 22 août la reconstitution complète des approvisionnements de l’année, laisse passer celte assertion et en cnnsacre l'cxaclitude par ton silence.
La conférence du 20 a élé lo point décisif du bloeusdoMcIz. C'est à ee moment quo son chef trace à l'armée le rôle qu'il lui réserve, et, pour amener ses lieutenants à s'associera scs nouveaux desseins, il leur cache la vérité.
Une armée a élé Improvisée à Cliftlons; son organisation est encore incomplète. Le maréchal de Mac-Mahon, qui la commande, le sait, et cependant, dans un sentiment de généreuse abnégation, Il s'est mis en marche pour venir dégager l’année de Melz.
Le maréchal Bazaine le sait en route. Son premier devoir n’éfail-il pas, en exposant la sllualion, d'informer scs lieutenants de tout ce qu'il lavait à ce sujet et des renseignements qu'il avait lui-même transmis sur set projets de marche vers rinléricur?
Que dire de son silence sur le point capital de la sllualion? Esl-cc en la cachant qu'il espère obtenir do* avis utiles? N'csl- II pas évident que des avis ainsi obtenus ne peuvent lui «'lie d'aucun secours? Quel peut être alors «on but en les provqquànl, si ce n'est d'essayer de rejeter sur ses subordonnés une partie de la responsabilité qu'il sent peser sur lui ?
Mais ce d'est pas assez que de garder le silence sur le maréchal de Mac- Million. Il laisse dire par le général Solcllle qu’il n’y a de munitions que pour un» bataille, alors que la lettre du 22 août, qu'il a gardée pour lui seul, établit quo l’armée est complètement réapprovisionnée el en mesure de soutenir plusieurs combats.
il laisse dira que la place de Melz ne peut tenir plus de quinze jours sans le secours de l'armée.
Mais s’il est nécessaire de prolécer'Mell, s’il est périlleux d'aller manœuvrer et combattra eu rase campagne, quel rôle destine-t-il à l'armée? Il charge le généra! Solcllle de l’exposer, déclarant i l'avance qu'il penche vers son opinion. On pourrait croire à la sincérité des considérations stratégiques qui sont développées, si lo maréchal Bazaine avait jamais essayé sérieusement d’opérer en prenant Melz comme pivot de manœuvres; puisqu'il ne l’a jamalsfait, il n'v eut làqu’un leurre pour scs lieutenants et son armée, qu'il a trompés.
Devant ce plan nouveau qu’on arrête se dresse immédiatement un grand besoin, un grand danger. Comment nourrir l'armée sans consommer les approvisionnements do la place el compromettre la durée de la résistance? Le maréchal Bazaine se toit à ce sujet. Seul, le maréchal Le Bœuf s'écrie i a Comment vivrons-nous?»
Tonies ccs réflexions, tous ces projets sont agités au milieu d'une discussion confuse que personne ne résume. Mais, dans un coin de la pièce obscure où se lient la conférence, le colonel Bovcr, aide île camp du maréchal Bazaine, csl lit qui prend des noies. Ces notes sont transformées en procès-verbal, et ce n'csl que lorsque paraîtra, longlemps après la guerre, l’ouvrage du maréchal, que les membres de la conférence apprendront qu’il y a eu un procès-verbal dressé, dont ils n’onl pas élé appelés à contrôler l'exactitude.
Celle responsabilité doses résolutions que, lo 26 août, le maréchal a fait porter à ses lieutenants aux yeux de l’armée, il a voulu plus lard la leur imposer devant l’opinion publique. C'esl dans ce but manifeste que le général Bovcr emporia de Melz, en se rendant en Angleterre, et remit, dès le 2 novembre, à M. Tachard le singulier procès-verbal qu’il avait rédigé.
Ce document devait être communiqué à la délégation de Tours. Le maréchal déjà préparait sa défense en compromettant scs subordonnés après les avoir trompés.
L'instruction montre, du rosie, qu’avant de réunir les commandant* de corps sa détermination était prise. Dans sou ordre
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île mouvement pour le 2fi, il n'indique aucune disposition au sujet des équipages de pont, el, avant son arrivée au château de Grimont, il avait déjà suspendu le mouvement de la garde impériale. Le général Bourbaki a déposé de ce dernier fait et I le maréchal l’a reconnu dans son interrogatoire : « Pour éviter [ tout encombrement et avoir également du monde sur la rive gauche, dit-il, la garde el l’artillerie de réserve auraient suivi la vallée on cas de marche sur Tliionville. n
Ainsi le maréchal qui, en suivant la rive droite de la Moselle, sera contraint de repasser cette rivière, se prive volontairement des moyens’ de lo faire ; il n’aura à sa disposition que l'unique pont de Thlonville. Il pense laisser la garde el l'artillerie de réserve sur la rive gauche, el il n'cinmèncra pas les ponis qui lui donneraient le moyen de mettre eu communication les deux fractions de son armée à cheval sur la Moselle.
Le maréchal, pour expliquer ces disposiliotis, dit, il est vrai, qu’il comptait, en cas de succès, tirer prolit des ponts de l’ennemi, mais n'esl-ce pas compter sur une ressource bleu , aléatoire?
Bans sa déposition, M. le général Soleille Indique, pour la décision relative aux équipages de pont, un motif plus sérieux : l'artillerie, en raison de scs perles en chevaux dans les batailles précédentes, manquait selon lui d'attelages en nombre siitlisant, cl on avait emmené de préférence la réserve de munitions.
Pour que cette raison soit valable, il faudrait quo l’obligation de choisir entre les réserves de cartouches et l'équipage de pools eût existé réellement.
Or, il y avait à ce moment environ 12,(100 chevaux de convoyeurs enfermés dans la pince. Ne pouvait-on trouver parmi eux les attelages nécessaires, si l’on ne voulait pas recourir aux convoyeurs civils, comme l'avait fait lo général Soleille lui-même pour la réserve de munitions? l.a partie du ! rapport relative au service de l'artillerie montre du reste quo J celte mesure n’élail pas Indispensable cl qu’on eût pu trouver ( duos les ressources de l’arme même as.re* d'attelages pour traîner l'équipage de ponts. Si le maréchal ne l'a pas fait, c’est qu'il ne voulait pas sortir.
Que pouvait devenir, en présence de tous les faits qui viennent d'èlre. rappelés, le projet de sortie du maréchal ?
Il ajourna l'opération : le temps, dit-il, était mauvais. Comme s'il n'était pas également mauvais pour l'ennemi! Et les troupes, nu milieu d'une confusion inexprimable, rentrèrent dans leur bivouac.
Le Irnücmuin 21 aofit, le maréchal de Mac-Mahon était au Chène-I'opiileux. Ne recevant aucune nouvelle de Mc!*. Il hésitait, puis reparlait de nouveau pour aller au secours de l’armée du Hliin.
Le maréchal Bazaine indique dans sou registre de correspondance que le même jour 2G août il écrivit au mluislro de la guerre :
« Toujours sous Metz avec munitions d'artiilcric pour un combat seulement. Impossible de forcer les lignes ennemies | dans ces conditions, derrière leurs positions retranchées.
« Aucune nouvelle de Paris ni d’esprit national, urgence d’en avoir; agirai efficacement si mouvement offensif ii l’intérieur force l'ennemi à battre en retrailc. »
Dans celle dépêche, le maréchal déclare, pour justifier le maintien de l’armée sous Metz, qu'il est impossible de forcer i les lignes de l'ennemi derrière ses positions retranchées.
Celte opinion, personne ne l’avait émise dans le conseil. Les commandants de corps, questionnés à ce sujet, ont déclaré avoir eu l’opinion contraire.
Le moment où le maréchal écrivait qu'il était impossible de sortir de Mci* fut en effet celui où l'armée aurait pu percer avec plus do facilité les lignes ennemies. Deux corps d'armée avaient été détachés des troupes d'investissement pour appuyer les arméesalleniamlesqui opéraient contre le maréchal de Mac- Mahon. Le maréchal Bazaine en nrult été averti par ses émis- ■ salres. el s'il avait pu croire, le 20, à l'Impossibilité de sortir du blocus, Il n’aurait pas manqué d’invoquer devant scs lieutenants ce motif à son inaction, qui l'eût dispensé d'en produire d'antre*.
Dans le procès-verbal de la conférence, il dit lui-même que
l’ennemi né munira ce jour-là que peu do troupes, cl qu'il n'accepta pas 1e combat qui lui était ofTert.
La dépêche au ministre ne fut pas la seule expédiée à co moment par le commandant en cher de l’armée du Ilhin.
On se rappelle en elfct que, le 27 août, le colonel Turnier faisait passer, par M. le procureur impérial Lallemenl, une dépêche du maréchal Bazaine au maréchal de Mac-Mahon, ainsi conçue :
« Nos communications sont coupées, mais faiblement ; nous pourrons pcrcerquand nous voudrons; nous vous attendons. »
Celte dépêche a dû partir de Metz le 2U août.
Ainsi, tandis que le maréchal Bazaine écrit au ministre qu’il est impossible de forcer les lignes ennemies, il annonce au maréchal de Mac-Mahon qu'il passera s’il lu veut, et qu'il l'attend.
Toute rétlexion serait superflue devant des contradiction» .aussi formelles.
Les journées du 27 et du 28 août se passèrent sans incidents. Le 29, parvint au maréchal Bazaine une dépêche de Tliionville, ainsi conçue ;
a Général Ducrot commande corps Mac-Mahon, il doit *e trouver aujourd'hui, 27, à Slcnay, à gauche de l’armée; gé- i néral Douay, à droite, sur la Meute. Se tenir prêt à marcher au premier coup de canon. • Sif/nt Turmikr. n
Celte dépêche avait été expédiée à Tliionville par le général Ducrot, de son camp d'Attigny. Elle y avait été apportée au péril de ses jours par un courageux citoyen, M. Lagossc, manufacturier et maire de Montgon. Le colonel Turnier la fit passer aussitôt au marérhnt par l’agent de police Flaliaul, qui avait déjà fait un premier voyage à Metz.
Ce même jour, 21), dp* ordre* sont donnés pour recommencer le lendemain 30 l’opération projetée pour le 20. Il était urgent en effet de réparerait plus vite le temps perdu «( de se porter au secours du maréchal de Mac-Mahon. Néanmoins, les ordres sont eontremandés dans la journée, sans que l'on puisse trouver, un motif sérieux à cet ajournement.
Le 30, arriva à Mclz par ta voie du Verdun la dépêche expédiée le 22 de Heinis par le maréchal de Mac-Mahon, ainsi conçue : o Iteçu votre dépêche du tO à Reims; me porle dans la diicclion de Montmédy ; serai après-demain sur l’Aisne, d’où j’agirai scion les circonstances pour vous venir en aide. »
Cette dépêche avait été également expédiée le 22 parlavoiu de Tliionville et se trouvait depuis le 23 dans les mains du colonel Turnier. Le texte chiffré de cette dépêche était précédé parce* mots : a Envoyez au maréchal Bazaine la dépêche el-après, très-importante. Eaitcs-ia-lui parvenir par cinq ou six émissaires différents auxquels vous remettrez les sommes ne» cessalre* pour accomplir leur mission. »
Malgré celle recommandation prcssanle, Flaliaul ne l’.ipporla pas avec lui le 29, et l'instruction est en droit de conclure que si le colonel Turnier ne profita pas de celle occasion, c'cst qu'il savait la dépêche déjà parvenue à deslinalion.
Ces mol* : v Nous vous attendons. » dans la dépêche remise le 27 par )c colonel Turnier à M. Lalleinent, mollirent, d'autre part, que tu maréchal Bazaine eonnaissail, le 2C, ta marche de son lieutenant.
En rapprochant la dépêche du maréchal de Mac-Mahon de celle du général Duerol, transmise par le colonel Turnier, le maréchal devait présumer, comme il l'a écrit lui-même, quo l’urinée de Cliàlons te trouvait probablement , le 30, à une vingtaine Je lieues de Mets, peut-être « quinze. En conséquence, le 31 nu malin, reprenant les ordres donnés la veille et indiquant comme objectif la prise du plaleau de Sainte- Barbe. il déploya l’armée en avant des forts de Qouutcu el de Saint-Julien.
Malheureusement, aucune modifleation essentielle no fut apportée à l’ordre de marche du 28, el si un troisième pont fut construit au pied de l’unique rampe de Saint-Julien, on n’iililisa aucun des deux pouls de la ville. Quant aux équipages du ponts, il n’esl pas prescrit de les emmener, l’armée n'aura encore, pour repasser sur la rive gauche, que le pont de Tliionville. Enfin, tonies les disposition* dont l'expérience de la démonstration du 2G avait fuit reconnaître les inconvénients et les périls furent de nouveau prescrites el pro- j diihdrcnt les mêmes résultat». .
il élail deux heures environ lorsque toute l'armée fol mas-
sée sur le plateau. l)e toutes paris accourait l’ennemi. I.c poste d'observation de la cathédrale avertissait & chaque Instant le maréchal des mouvements de concentration qui s'opéraient. Rien de plus saisissant que la lecture de ces dépêches qui se succédaient d'une manière continue, mais qui toutes trouvaient le maréchal imperturbable.
Une fois l'armée réunie, 11 appelle les commandants de corps, leur donne ses instructions, puis l'idée lut vient de faire établir sur la route de Satntc-Rarbc une batterie de pros calibre pour contre-ballre l'artillerie ennemie. On va chercher les pièces au fort Saint-Julien. On construit aussi vite que possible un épaulcmenl pour les couvrir. Pendant co temps, l'ennemi se renforce, se masse, occupe les positions que dopuls le 20, éclairé par la démonstration faite ce Jour-là, il a fortifiées et puissamment armées. Enfin, à quatre heures, le signal est donné et le combat s’engage.
L'on sait quels efforts exigea la prise des positions de Nouilly et de Noisscville qu’avalent occupées sans coup férir, le 2G, les avant-gardes du 3° corps, et comment l'on n’avait encore atteint que le village de'ScrvIgny quand la nuit vint forcément mettre un terme au combat.
Nos troupes couchèrent sur le terrain qu'elles venaient de conquérir. Le 1 er septembre, de graud malin, le maréchal expédiait aux commandants des 3*, 1° et 8 e corps l'ordre confidentiel suivant :
s Selon les dispositions que l'ennemi aura pu faire devant nous, nous devons continuer l'opération entreprise hier qui doit : 1° nous conduire à oceupcr Salnle-tlarbc, et 2° faciliter notre marche vers Bélhinville. Dans le cas contraire, il faudra tenir dans nos positions, s'y fortifier, et ce soir, nous reviendrons alors sous Saint-Julien et Quculeu. Faites-moi dire, par le retour de l'offleicr qui vôus remettra celte noie, co qui so passe devant vous. »
Un pareil ordre n’était que trop significatif et no pouvait aboutir qu’à un mouvement de retraite. C'est ce qui eut lieu; Il s’effectua en bon ordre, et dans l’après-midi l'armée avait regagné ses quartiers.
A ce moment succombait sous les efforts réunis des armées ennemies le maréchal de Mac-Mahon, accouru, au travers de tous les périls, au secours de son chef.