CHAPITRE XXXVIII
Suite du rapport du générai de Rivière.
Malheureusement, aucune de ces dispositions ne fut prise, et les quelques mesures que le maréchal se borna à prescrire dans la suite ne furent décidées que trop tardivement et furent, par là même, Illusoires.
En second lieu, bien qu'on eût laissé panier, sans la saisir, l'occasion de recueillir presque sans coup férir des récoltes de la basse Moselle et des plateaux de la rire droite, on aurait pu encore faire, dès le commencement de septembre, des fourrage* 1res- productifs.
Des résolutions formelles avaient été prises à ce sujet dans le conseil du 26 août; il n'y fut donné suite que près d'un mois après, et les opérations entreprises dan* ce but, annoncées généralement trop h l'avance, conçues sans plan d'ensemble, exécutées à la hàle, furent loin de produire ce qu'on aurait pu en attendre et n’aboutirent qu'à faire incendier les villages que ces opérations faites un mois à l'avance auraient préservés.
Du reste, le général en chef laissa Josqu’à la fin le service de l’intendance opérer comme en campagne, on l'entretenant, comme le reste de son armée, dans l’idée d'une reprise fulminent*; des hostilités. U Je détourna ainsi de son but principal, qui devait être la recherche des moyen» qui pouvaient |>ermc tire do prolonger la durée des vivres, cl ce ne fut pas Là une des moindre* cause* de leur épuisement prématuré.
Par suite de l’ignorance dan* laquelle ne trouvait t'admiolstralion sur le» véritables Intentions du maréchal, elle su déiermina, entre autre* mesure* fâcheuses, à recourir à l'emploi du blé pour la nourriture des chevaux. Cette fatale décision, qui diminua de deux semaines environ ta durée des approvisionnements, ne fut prlBe que dans le but de maintenir jusqu’à la dernière extrémité l’année en état «le tenir la campagne en lui conservant ses chevaux.
Si l'intendant en chef avait su que le maréchal ne croyait plus possible de sortir, il est hors de doute qu’au lieu de sacrifier l’avenir en vue de cc résultat, Il se fût exclusivement appliqué à prolonger la rérislanee en ne nourrissant qne le nombre d'animaux nécessaires pour atteindre la Hmtte des approvisionnements en pain.
En ré*umé, *i à partir du Jour de sa nomination au commandement supérieur de la place de Melz, le général CofHnièrcs a négligé de prendre les mesures nécessaires pour réunir dans le camp retranché Je» ressource* du pays en blé, fourrages et bestiaux, le Jour où lu maréchal Bazaine a été investi du cnmmandemcnl du toute l'armée, Il n’a donné aucun ordre pour constituer le* approvisionnements de ta place qu’il allait abandonner à elle-même.
Plus lard, lorsque, revenn dans le eamp retranché, il allait faire vivre sus troupe» *ur les magasin» de la place, il n’a pris aucune mesure pour recueillir 1rs ressources qui se trouvaient à portée de ses campements, ni pour ménager celles dont II disposait. Il sera établi, dans la partie du rapport spécialement consacré»? à la question des approvisionnements, qu'on pouvait *e procurer aisé muni de* vivre* pour un mois, et qu’avec une sage économie dan* la consommation de ceux qu'on avait en magasin on eût prolongé la durée pendant une égale période de temps.