ARMÉE DU RHIN
OBDRE C.fM R AL, H® 9.
A l'nrmée du Rhin.
• D’sprè* deux journaux français des 7 et 10 septembre, apportés au gr-md quartier général par un prisonnier français qui a pu franchir les lignes ennemies, l’empereur Napoléon aurait été interné on Allemagne après la bataille de Sedan, ol l’impératrice ainsi que le prince impérial ayant quitté Paris le \ septembre, un pouvoir exécutif, sous la litre de Gouvernement de la défense nationale, t'eil constitué à Paris.
I ■ Les membres qui le composent sont t
« Le général de division Trociiu, gouverneur de Paris, pré- j Sidcilt ;
Jules Favre, député s Garnier-Pages, député j Gamretta, député ;
Ciu'mieus, député ;
K. Abauo, député ; l'ELLETAfl, député;
Jules Simon, député ;
K. Picard, député; •
Ou ktMIRV. député;
Fehry. député ;
Rochetort, député;
Glais-Bizoln, député. *
m Gt'.Nt'ruix, officiers et soldats de l'armee du Rijin,
• Nos obligations militaires envers la patrie en danger restent les mêmes. Continuons donc à la servir avec dévouement et la même énergie, en défendant son territoire contre 1rs mauvaises passions. Je suis convaincu que voire moral, ainsi que vous en avex déjà donné tant de preuves, restera à la hauteur de toutes les circonstances et que vous ajouterez «le nouveaux litres à la reconnaissance el à l'admiration de la France.
« Au grand quartier général du Ban-Saint-Mnrtln, le 10 seplciubra 1870.
« Le maréchal de France , commandant en chef, a Siijni : Bazaine.
• Pour ampliation r
« Le général de divition, chef d' et al -major général,
« Signé : L. Jarras. »
En résumé, l'ancien gouvernement a quitté la France; un i nouvel ordre de choses a surgi. Le gouvernement delà défense nationale est constitué, le nom de ses membres est publié. Le earartère général de celle proclamai ion cal un acquiescement aux événements accomplis. On ne saurait y voir l'apparence d'une protestation.
Nous trouvons en outre trace de ccs dispositions du maréchal daus une lettre adressée par lui, le 1 1, au général Cofllnicrp.s, à propos d'article* qui parurent injurieux pour le gouvernement déchu. « Il n’rst jamais permis, écrit le maréchal (el cela avec raison), de laisser insulter ic malheur et de ridiculiser aux yeux de nos soldats ceux auxquels nous obéissions naguère. »
Ce mémo jour, le 16 septembre, le maréchal faisait remettra à deux cavaliers du 7* régiment du cuirassiers une dépêche en clair adressée au ministre de la guerre ; ee ne pouvait être I qu’à celui du nouv«>au gouvernement, dont il attendait les ordres dès le 12. Nous reviendrons plus loin èur celle dépêche.
Enfin, immédiatement après le 16, le maréchal fait supprimer les armes impériales et les mots rappelant le gouvernement de l'empire sur les (lires de nominations.
Tout Indique tiens cette première série d'actes une adhésion bien caractérisée uu nouveau gouvernement.
Le maréchal proteste énergiquement dans un de sas Interrogatoires contre celte conclusion, a J’ai considéré, dit-il, le gouvernement de la défense nationale comme un pouvoir exécutif de fait se rattachant à l’organisation de U résistance du pays, mais non comme un gouvernement politique, le gouvernement de la régence, aux tenues de la Constitution de 1870, existant toujours de droit. Ainsi, daus ma pensée, nous pouvions conlinuer à concourir à 1a dérensa du territoire, sans que le serment qui nous liait à la dynastie impériale ffit annulé ou ujêmc amoindri. C’est de cet ordre d'idées que je me suis toujours inspiré, persuadé du service querella armée pouvait remire à la Pranre. ■
C-elle déclaration est en opposition formelle avec les actes accomplis parle maréchal du 12 au 23 septembre. En même temps qu’il portait à la connaissance de l'armée les noms des membres du nouveau gouvernement . H communiquait aux journaux de Melz certains documents officiels qui lui étaient parvenus, dans lesquels on remarque les passages suivants, qui contrastent singulièrement avec ses explications.
Proclamation du gouvernement de la Déjente nationale * nu Peuple fronçait.
o Le pouvoir gisait à (erre ; ea qui avait commencé par un attentat finissait par une désertion. Nous u’avons fnll que ressaisir le gouvernail échappé à des mains hnpti lisant es, »
On lit en outre dans la circulaire de M. Jules Favre i
* La population de Paris n’a pas prononcé la déchéance de Napoléon III el de sa dynastie; elle l'a enregistrée au nom du droit, de la Juittee,,.. s
Sans entrer dans aucune appréciation politique, il est évii dent que l'altitude que veut prendre aujourd'hui le maréchal I no saurait être acceptée en présence de la publication officielle I de passages qui témoignent aussi nettement de l'abîme qui ! séparait le nouveau gouvernement de celui de l'empire.
Ainsi, le maréchal a communiqué, le 12 septembre, en conseil, aux commandants de corps d’armée cl aux généraux de division, la uouvello de la chute do l'empire; le 16, Il a annoncé i son armée, par l’ordre n° 0, la formation du gouvernement de la défense nationale; il ne peut, par conséquent, être admis qu’un doule ail existé pour lui sur l'aulhenlicilé des fuit* qu’il a si formellement notifiés. Cependant, le 16, Il duiiiaiidtt cncoru des nouvelle#, cl à qui s’adresse-t-il? au géuéral ennemi.
Celte démarche inconcevable, les premières relations qui s'établirent entre le maréchal Bazaine cl i ennemi feront l’objet du chapitre suivant.