CHAPITRE XL VII
Audience du samedi H octobre.
La séance commence à onze heures sept minutes, devant une salle à |miu près vide.
On remarque, lorsque le maréchal Bazaine est introduit, son air d’accablement. Il a les yeux rouges, tuméfiés et contractés par un clignement perpétuel.
Parfois, et sans que la lecture du rapport provoque eu rien son émotion, on le voit faire de violents efforts pour comprimer les larmes qui l’envahissent.
Pour qui examine avec soin et sans passion le visage de l’accusé, il est évident que, tout en affectant de conserver une attitude impassible, il est en proie à une émotion profonde, et parfois à la douleur la plus poignante.
La lecture du rapport est reprise; on en est toujours A la question des approvisionnements en subsistances.
Le rapport reproche au maréchal de n’avoir pris aucune mesure pour rassembler les fourrages nécessaires aux chevaux et aux animaux de boucherie lorsqu’il concentra ses troupes sous MeU.
Passant à la période de blocus, le rapport examine la conduite du général Coflinièrcs et lui reproche de n’avoir pas pris les mesures que lui prescrivaient les règlements militaires; de son coté, le maréchal Bazaine n’a exercé sur lui aucune pression pour lui faire exécuter les règlements; l’un et l'autre sont donc responsables.
La question du rationnement est ensuite longuement détaillée, et de nombreux actes de négligence sont relevés à ce sujet.
Le rapport passe à l’examen des mesures prises relativement à l’alimentation de la population civile de la ville de Metz et des actes de l'autorité municipale; c'est celte dernière qui a eu l’initiative de toutes les mesures, l’autorité militaire persistant dans une incroyable apathie.
Elle n’a su empêcher, du reste, nulle part, les troupes de venir à Metz et de faire de nombreux achats et consommations aux dépens de l'alimentation de la ville.
La faiblesse du commandement n’a su empêcher le plus intolérable des gaspillages.
C’est ainsi que Ton donnait aux chevaux du pain et du blé à profusion, tandis que les pauvres de la ville mouraient de faim.
Pour prolonger de quelques jours l’existence des chevaux, on leur a fait consommer des approvisionnements en céréales qui eussent permis de retarder sensiblement l'heure de la capitulation.
Après avoir critiqué les mesures qui ont été prises, le ^apport expose celles qu'il aurait fallu prendre.
11 reproche ensuite au commandant en chef d’avoir
toujours laissé l'intendance militaire dans une ignorance complète de ses mouvements et de ses intentions.
Il signale principalement le défaut de direction générale, d’où il résultait que chaque intendant ne s’occupait que des troupes placées dans le ressort de son administration, sans se soucier des questions . d’ensemble.
Revenant à la situation de la place de Metz, le rapport passe en revue les diverses phases par lesquelles elle est passée, au point de vue de l’alimentation; il examine les mesures prises par le commandant supérieur et blAme sa négligence.
Arrivant enfin à la capitulation, il montre que l’on n'a pas utilisé les dernières ressources; on aurait pu prolonger la résistance de trois jours de plus; lors de la capitulation, aucune mesure n’a été prise pour la nourriture des troupes prisonnières, de sorte que cellesci sont restées un jour entier sans vivres, et plusieurs jours avec une nourriture insuffisante.
Or, pendant ce temps-là, l'ennemi trouvait dans les magasins de l’État des vivres suffisants pour la nourriture, pendant trois jours, de l’armée entière.
En somme, en prenant des mesures judicieuses, dont le rapport fait l’énumération, le maréchal Bazaine aurait pu prolonger jusqu’au 29 novembre la résistance de l’armée du Rhin, ctqiar suite, l'immobilisation de l’armée de Frédéric- Charles.
De plus, en recueillant toutes les denrées alimentaires qui existaient dans l’arrondissement de Metz, on pouvait faire subsister l’armée jusqu’au mois de janvier.
On ne saurait douter de l'influence qu'aurait excrccc cette prolongation de résistance sur la marche des événements militaires. Metz fût sans doute resté à la France, et, au lieu de la perte de deux provinces, nous n'en eussions eu qu'une seule à regretter.
Dans un résumé saisissant, le général instructeur j condense les différents griefs relevés à la charge du maréchal Bazaine.
Suivant le rapport, le maréchal Bazaine est respon- 1 sable de la défaite de Spickeren, qu'il aurait pu chan- ! ger en victoire s'il était venu au secours de Frossard.
Il n’a pas obéi à l’ordre qui lui avait été donné, lorsqu’il prit le commandement en chef, de conduire l’armée sur Verdun ; ses lenteurs, son imprévoyance, son oubli des prescriptions les plus élémentaires, l’ignorance dans laquelle il laisse l'empereur de ses mouvements, sont considérés comme autant de preuves de son mauvais vouloir.
Il a laissé le 18 août, à Saint-Privat, l'ennemi déborder le corps du maréchal Canrobert, alors qu’il pouvait, par l’envoi de la garde ou de la réserve d’artillerie, assurer le succès de (ajournée.
Il fait parvenir à l’empereur de faux renseignements qui déterminent la marché de l’armée de Mac-Mahon, qui a abouti au desastre de Sedan, et il a, en couse-
quenee, assumé une grande pari de la responsabilité de cette catastrophe-
Averti du changement de gouvernement, il s'immobilise sous Meta, et, dès le H septembre, il entre en relations suivies avec l'état-major ennemi; les traces matérielles de ces communications contraires aux lois militaires sont soigneusement supprimées.
Dès le 23 septembre, alors que l'armée du Rhin est prête à combattre et que la France est debout, il reçoit le sieur Régnier et l’entretient des conditions auxquelles il consentirait à capituler.
Son intérêt personnel, engagé dans ces négociations avec l’ennemi, le pousse à ne vouloir entretenir avec le gouvernement de la Défense nationale aucune relation. Si le maréchal s était mis en relations avec ce gouvernement, s’il avait contribué à la défense du territoire, rien peut-être n’eût été perdu.
L’ambition personnelle, et nullement le dévouement à la dynastie deebue, tel est le véritable mobile de la conduite du maréchal; ce mobile se fait remarquer bien avant la chute de l’Empire.
Le maréchal, en su bornant a prendre les mesures les plus élémentaires que lui prescrivaient les circon stances, eût pu prolonger jusqu'au mois de janvier la résistance passive de l’armée du Rhin.
I/aiidience est suspendue à une heure vingt minutes, et reprise a deux heures moins dix.
En rentrant, deux témoins defaillants, une femme et un jeune garçon nommé Fontaine, se présentent à la barre.
L’auditoire s'est sensiblement accru.
La lecture du résume du rapport continue. Maigre notre désir de donner un tableau succinct de l'affaire Bazaine, nous ne pouvons nous dispenser de citer textuellement la foudroyante conclusion du gênerai de Iliviére.
Une des dames de la capitulation épargnait la caplivIUI aux officiers qui prenaient l'engagement de ne rien faire rouir»* 1rs intérêt* de l'Allemagne pendant U durée de la guerre. Pourquoi le maréchal Bazaine admil-il une condition qui pouvait provoquer de blâmables défaillances? Pourquoi n'a-l-U pas tracé à ce sujet le devoir di s officiers d'une manière a«*ez nrlle pour éviter Ionie confusion? On ne trouve pas de réponse plausible â ces denismlei.
Une tois la capitula lion signée. Il reniait au maréchal un dernier devoir à remplir : demeurer jusqu’à la lin au milieu de ses malheureux soldais, alln de pouvoir inlervenlrrn leur faveur en cas de difficultés avec l'ennemi. C'était la seule marque de sollicitude qu'il pût encore leur donner; mais le maréchal Hirirnr, qui aurait dù partir le dernier, quitta son quartier général avant même que la place eut été remise à l’ennemi, line semblable conduite devait engendrer ht confusion la plus regrettable. On oublia de pourvoir aux besoins des troupes pendant la Journée du 29, tandis qu’on laissai! dans les magasin» des Torts eide la place uu jour de vivres qui lurent officiellement remis à IVnncmi.
En résumé: Rn demeurant contre les ordres de l'empereur dans le camp retranché de Mels ; en déterminant par de faux ; renseignements la marche de l'armée de Clùloiu vers loi, le maréchal Bazaine « été la cause principale du déduite de Sedan.
En s'isolant de parti pris du gouvernement de la défense
nationale après l'avoir reconnu; en di-meuraut dans l'inaction alors qu’il était possible de percer le* lignes de blocus; en i routant aux pieds st-s devoirs militaires pour s'engagrr avec l'ennemi dans des termes politiques, avant pour but la satisfaction de son ambition personnelle, prêt à se soumet ire (tour en assurer le sucré* à un démembrement du territoire ; en lrom;>ant ses lieutenants tontes le* fols qu'il les consulta; en surprenant la confiance de ses soldats, pour, leur retirer les drapeaux destinés à être remis à l’ennemi; en sacrifiant le sucrés de la résistance de Metz au succès de ses trames, le marérhnl (ta zahie a manqué à ses devoir} envers le pays et envers son armée.
Entreprise sans préparation, sans alliances sérieuses, sans plan de campagne contre un ennemi qui, depuis longues années, étudiait le moyen de nous combattre, la guerre de 1870 u*a élé qu'une série de désastres.
Parmi ces désastre*, celui de l’armée de Metz est demeuré le plus grand, parce qu’une foi* qu’il fut consommé, tout fut perdu pour les armées nationale*. Si la lutte continua, c’est que les Français, en dehors de toute préoccupation («oBliquc, comprenaient que devant un démcmbrenu-nl Inévitable, U fallait engager jusqu'au dernier de leurs enfants, afin d'avoir le droit de dire, comme autrefois un de nos rois en semblable infortune; Tout est perdu, Tors l’honneur.
1-a lutte de l'armée de Melz et sa fin lamentable forment donc le nœud de la guerre de 1870. Les destinées de celle armée avaient élé confiée* eu maréchal baume ; H n'a pas répondu à cette confiance, qui faisait de lui l’arbitre du sort do la patrie.
L’in fortune est sacrée quand elle a pour compagne la loyauté; tuai* ci les calcul* misérables de l'ambition personnelle ont dicté les résolutions qui précipitèrent le désastre, il faut que justice soit faite.
Le commandement exercé par le maréchal Bazaine s'étendait non-seulement sur son armée, niais encore sur la place de Metc.
En maintenant *on année dans l'enceinte du catnp nlranetié,
I.: maréchal Bazaine a ajouté à ses obligations romiiie rouimandant d’armée celles de commandant de U place de Metz.
Les Intérêt» «le la place cl de l'armée *e «oui forcément liés et presque toujours confondus. Cette situation a, par snite, imprimé aux mesures prises par le maréchal un double caractère.
lié* le début, l’fnslnictlon montre le maréchal Bazaine contribuant pour une grande part à la perte de la batail'edc Forbaeb, en ne prescrivant pas aux généraux de division du 3* corps de se porter en toute hAlc Au secours dit générai Fro*- >ard, p aré également sou» scs ordres, alors qu’il lui annonçait cependant son concours.
L'instruction a établi les faits suivants, accompli* postérieurement à la prise du commandement du maréchal Bazaine, et desquels H résulte qu'il n’a pas fait, avant de Imiter, tout ce que le devoir el l'honneur lui romuiaudaienl de faire.
Le maréchal B.izuine a trompé la confiance de l’empereur qui avait prescrit de battre rapidement eu retraite :
1° Eu retardant le départ de l'armée jiuqu’au 14 août dan* l'après-midi ;
2° En lie faisant pas détruire les ponts dont reniieuil "pouvait faire usage ;
3* En n’uiiliaanl h la sortie de Mels qu’une roule pour la marche de l'armée alors qu'il en avait quatre disponibles ;
4 n En donnant l’ordre de licencier le train auxiliaire qui portail les vivres de l’armée ;
>® En ne continuant pas sa marche le 17 août.
Le maréchal bataille a laissé écraser dan» la bataille du
18 août un de ne* lieutenant», le maréchal Canrobert, malgré ses ap|*d* pressants et réitérés, alors qu'il tenait dans l'inaction la presque totalité de sa réserve.
Le maréchal Baiaine a trompé l’« mpercur et le ministre de la guerre jusqu'à la fin du mois d’uoùl sur sa situation et sur ses projets : ,
1° En se représentant comme dépourvu de vivres en quantité aiiffisanle pour reprendre sa marche, en annonçant le
19 août son Inlcnltun de parllr i«our Monlmédy, ce qui devait donner à croire après la balaille de Salnl-Prival qu’il pouvait toujours déboucher dans relie direction, nouvelles qui ont
déterminé le départ du maréchal de Mac-Mahon fera la Meme ;
2* En annonçant faussement au ministre, la 26 août, alors qu’il connatà»uil la marche de l'armée de Eludons, qu'il était Impossible de forcer li s lignes ennemies, tandis qu’il écrhail au maréchal de Mac-Mahon qu’il pourrait les percer quand tt voudrait.
Le luaréclul Bazaine n’a fait aucune tenlalire sérieuse afin de venir en aideau maréchal de Mac-Mahon, après avoir provoqué sa marche, ce qui, en laissant supporter & son lieutenant tout le poids de la lutta, a amené le désastre de Sedan.
Le maréchal Bazaine a abusé de la eonüance de ses lieutenants dam sa conférence tenue à Grmioiit, le 26 août :
1° Kn leur cachant la marche de l’armée deChitlon» ;
2* Kn ne leur donnant pas communication de* il>'|érhn transmises par lui 4 l'empereur, au miucslre et au maréchal de M.tc-Mahou ;
3° En laissant affirmer que l'armée n’avait de mu ni Hun* que pour uur baladle, alors qu’il savait, depuis le 22 août, que les approvisionnements étaient reconstitués.
Le maréchal Ü tsaine n’a [as ordonné, dés le 12 août, au montent où la retraite de l’armée de Chàlons décidée, la pluce de Meta «liait être abandonnée 4 elle-même, le» mesures prescrites par le décret du 13 octobre 1363, en vue de l'étenlualité d'un siège.
Le maréchal Bazaine a négligé, au moment où il e*l rentré dans ta camp rr- tranché, de recueillir les ressources des environs de Meta, afin de restituer à la place tas vivres que consommait son armée, comme le prescrit formellement le décret précité.
Le maréchal Bassine n'a ordonné, une fols résolu à ne plus qulltrr le camp retranché, aucune opération dans le but de constituer de* résout ce» »péctalc* pour son armée.
Le maréchal liauine a laissé gaspiller tas approvisionnements ;
1° En ne réduisant pas immédiatement le tant de la ration de l'armée;
2° En ne prescrivant pas le rationnement de la population civile ;
3* Eu permettant auv soldats d'acheter du pain et des denrée* en ville en sus de leur ration ;
4* En donnant du blé et du seigle aux chevaux alors qu'il y avait os*cs de fourrages pour nourrir ta nombre U animaux nécessaire* pour la consommation des homme* jusqu'à l'épuisement du pain.
Le maréchal Bazaine a propagé de* no n elles données par l’ennemi 4 M. Debains, lesquelles étaient de nature n porter atteinte au moral de l’armée, et du ni quelques-unes étaient fausses,
La maréchal Bazaine, alors que le décret du (3 octobre I8C3 prescrit de demeurer sourd aux nouvelles que l'ennemi ferait parvenir, a demandé ati 'général en chef ennemi de le renseigner sur U situation de ta Franco.
Le maréchal Baiaiiie, après avoir reconnu le nouveau pou— Yerneuirnl, a prélé l'oreille eux propositions apportée* de J-'crrh res pur le sieur Régnier et sux projeta de restauration formulés par cet agent.
Le maréchal B izaine a chargé ta sieur Régnier de déclarer qu'il était prêt à capituler avec son armée, sous ta oouditiun d’obtenir les honneurs de ta guerre, alors qu'il avait encore des vivre» pour plus d'un mois el des munitions su delà de mi besoins.
Le maréchal a fall connaître au staur Régnier ta data 4 laquelle ses vivre» seraient' consommé», livrant ainsi un secret ^d’Etat 4 un individu dont l’Identité n'étalt établie que par une passe de M. de Bismarck.
Ls* maréchal Bauine a renouvelé se» offres de ca|dlutatlon le 20 septembre au général de Sltahle.
Le maréchal Itataine s'est isolé systématiquement du gouvernement de ta défense nationale :
1° Eu négligeant de profiler des nombreuses occasions qu'il avait de communiquer avec lut, soit an moyon d'émissaires, toit au moyen de taillons;
2® En ne iransnieitani aucun renseignement précis sur la situation de l'armée dans tas deux seules dépêches qu’il a
adressées au minisire du la guerre du l«» septembre nu 20 octobre.
lai maréchal Bueinu est resté dan-* l'inaction pendant tout ta tempe que son armée était encore en étal de combattre et n'a jamais Tait aucun effort pour échapiwr 4 la nécessité do capituler, soit en essayant de percer leslignea, soit en livrant une série de combats pour faire lover le blocus.
Le marérhal Itataine a trompé la confiance de ses corn mandant» do corpa et des commandant* d’aru>e dans ta conseil du 10 octobre :
1° En leur taisant ses |>ourparlers secrets avec le général en chef ennemi, l'meldeiil Régnier, les motifs du défrarl du général Bourbaki, enfin les dépôts de vivres préparés 4 Long wv et 4 ThiontUta;
2° En leur cachant que les négociations qne le conseil était d’avis d’entamer avalent été tentée» par lui et «ans sucrés.
Le maréchal Bazaine a remis au général Dover, lors de ton départ pour Versailles, des instructions qui dépassaient tas internions mani (ratée* par ta conseil.
Le maréchal Butalnn a ainsi entamé avec l’ennemi «les négociations politique* entraînant iné'iiabh-menl un démembrement du territoire, alors qu'il savait que dans quelque* jour» allait se réunir une Assemblée nationale ù qui scuta appartenait de décider de la paix et de ses conditions.
Le maréchal Bazaine a trompé la confiance de ses lieutenants dans les conseils du 18 octobre, en ne leur communiquant pas les journaux apportés par le général Boyer, ce qui, eu le* empêchant de contrôler les fausses nouvelles qu’il donnait, devait le» amener 4 conclure que la France était dans un étal de complète anarchie; il n’y avait qu'un seul parti 4 prendre, celui auquel il •'était arrêté, et où il voulait les amener; invoquer l'intervention de l'impératrice.
Le maréchal Bazaine a fall prolonger dans l’armée les nouvelle» rapportées par le général Boyer, nouvelle* qu'il savait en partie fausses, et qui étaient de nature 4 abattre le moral de se* troupes.
Le maréchal Bauine a cherché, par fa manière dont 11 exerçait lu cru-lire sur U presse cl par les communiqué* transmis aux journaux, ù affaiblir l'esprit publie cl 4 décourager le* sonlimeals de résistance.
Le maréchal Bazaine a ealrelenu pendant les mois de septembre el d'octobre avec le général en chef ennemi:
1“ Des relations directes par parlementaire* dont l’objet a été tenu seStet ;
2 n Des correspondances multipliées dont il n’osl pas i esté trace.
I.c maréchal Bazaine, une fols décidé 4 capituler, n’a pas retardé l’envol du colonel Jarras quand l'Intendant en chef lui a annoncé qu'il venait de retrouver irois ou quatre jours de vivres, alors qu'il savait quo fennetnl avait pris des mesures pour ravitailler immédiatement lu place el nourrir lea prisonnier».
Le maréchal Bazaine, une fols décidé 4 traiter de ta capitulation, n'a pas détruit l'immense matériel de guerre de l'armée et de la place dont l'ennemi allait tirer parti pour ta continuation de ta guerre.
Lu maréchal Bauine a livré les drapeaux da son armée 4 l'ennemi après avoir usé de subterfuges pour empêcher les troupes de les détruire.
Le maréchal Itazuiue n’a pas accepta pour un détachement de son année lea honneurs militaire* que l'ennemi consentait 4 accorder.
’ \a maréchal Bazaine a séparé lo sort des officiers de celui des soldais dans ta remise de l’armée à l'ennemi.
Le maréchal Bazaine a accepté ta clause par laquelle les officiers qui prenaieul l’engagement de ne rien faire contre les intérêts de l'Allemagne | endanl ta durée de la guerre étalent autorisés 4 rentrer dans leur» fayers.
Le maréchal Bazaine a négligé de stipuler que des vivres scralmt distribués par Tennetul au moment de 1a remise de l'armée.
Le maréchal Bazaine a négligé do donner des ordres pour que 1e» livresque ri uft-rn. aient encore, le 29 octobre, 1rs magasins de» fort» et de ta place, et qui ont été remis postérieurement 4 l'ennemi, fussent disliibués 4 l’armée.
Le maréchal Bazaine, au lieu de demeurer au milieu de
tes troupes après la remise de l'armée pour Intervenir en leur faveur en ra* de besoin, est parti le premier de Mets.
Le ma réelial Bazaine a énoncé dans son ordre général n° 12 et dans l'ordre adressé au colonel de Glrels une assertion fausse en ce qui concernait le retour du matériel de guerre à la France, assertion qui a pour conséquence de prolonger pendant plus de dcui mois les humiliations de cette remise, sans autres résultats que de ntleui assurer la conservation en bon étal de ce matériel et sa remise intégrale.
En conséquence des faits établis par l'Instruction, notre avis est qu'il v a lieu de demander la mise en jugement du maréchal Baialne :
Pour avoir signé une capitulation ayant eu pour résultat de faire poser les armes à son armée et de rendre & l'ennemi la place de Metz sans qu’avant de traiter il eill fait tout ce que lui prescrivaient le devoir et l' honneur;
Crimes prévus et punis par les art. 209 et 210 du code de justice militaire.
Fait à Versailles, le 0 mars 1873.
Le géuiral de brigade, rapporteur spécial près le I** conseil de guerre,