‹ Bazaine et al capitulation de Metz Émile de La BédollièreChapitre 95 sur 117 · HA7.AI.NK KT LA CAPITULATION DE UF.T · texte numérisé non relu

HA7.AI.NK KT LA CAPITULATION DE UF.T

Ln rouie |>uur l'AUemigne.

fait connaître l'intention du maréchal Bazaine ou s’estil tu en voyant que le mouvement de sa part était commencé? — R. Non, général, j'ai parlé seulement au chef d'état-major.

Le maréchal Bazaine. — ie savais que ic général Bourbaki était au Gros-Chéne, et je lui avais fait dire «le rester. Ce sont mes expressions; mais lorsque j'ai dit cela, M. de Beaumont était au trot de son cheval, il a pu ne pas parfaitement saisir mes paroles.

M. Pierre de Mornay-Soult, âgé de trente-six ans, capitaine au 9 e régiment de chasseurs à cheval : J’étais officier d'ordonnance de M. le maréchal Razaim*. Je me suis trouvé avec lui sur le plateau du Saint-Quentin ou le maréchal voulait établir des batteries pour arrêter la marche de l'ennemi qui semblait se diriger sur Metz. Plus tard, à Plappcville, M. le maréchal a donné l’ordre aussi de placer des batteries pour protéger la route.

Nous rencontrâmes ensuite le capitaine de Beaumont. Je fis observer à M. le maréchal que le capitaine se

dirigeait du côté de l’action. Nous l'arrêtâmes, et M. le maréchal lui dit : « Puisque vous allez vers le général Bourbaki, dites -lui qu’il se mette en communication avec le maréchal Caurobert; qu'il le prévienne qu'il reste là, et surtout qu’il ne s’engage pas à la légère. » Je saluai M. de Beaumont, et je lui répétai ce que venait de dire M. ie maréchal en lui souhaitant bonne chance.

M. de Beaumont est rappelé et persiste dans sa -déposition.

M. Hubert de la Callb, capitaine d’artillerie, officier d’ordonnance du général Bourbaki: Le 18 août, jour de la bataille de Sainl-Privat, le général Bourbaki montait à cheval pour se rendre compte j>ar lui-mème de ce qui sc passait. Vers quatre heures, un planton d’escorte vint nous apporter l'ordrcr-de rejoindre notre général.

Pendant que nous allions à la recherche du général Bourbaki, nous avons rencontré, vers quatre heures et

demie, M. le maréchal Bazaine. Méconnaissant en lions les officiers d'ordonnance de la garde impériale, il m’appela et me dit : • Vous rejoignez votre général ? — Oui, répondis-je. — C’est inutile, répliqua le maréchal, la garde va rentrer. »

M. Para hère de Sancy, ancien officier de cavalerie, ancien officier d'ordonnance de M. le général Bourbaki :

Nous étions le 18 à Plappeville, et depuis midi nous entendions une vive canonnade. Vers trois heures, nous allions rejoindre le général, lorsque nous rencontrâmes M. le maréchal Bazaine, qui nous dit: u Tout va bien; la journée peut être considérée comme terminée; la garde va rentrer. »

D. A quelle heure avez-vous rejoint M. le général Bourbaki ?

H. Il était environ quatre heures.

I). M. de Beaumont était-il de retour A ce moment?

R. Je l’ignore.

M. le général Pochc.kt. — Avez-vous rendu compte à M. le général Bourbaki des paroles du maréchal Bazaine ?

R. Non.

I). M* le maréchal a dit positivement : La garde va rentrer? -

R. Je no me rappelle pas les paroles textuelles, mais le sens était bien celui-ci : « La journée est finie, la garde va rentrer. »

M. Lt maréchal Bazaine. — J’ai rencontré ces messieurs; je leur ai parle, mais coque je leur ai dit n’avait rien d’officiel.

, M. Emile Aubaham, chef d’escadron d'artillerie (quarante-neuf ans) :

Je fus chargé le 18 par le général Soleille d’envoyer deux batteries de 12 et un convoi de munitions de vingt voitures au secours du 6" corps. Je partis immédiatement du plateau de Plappeville et me rendis à Saint- Privat, où se trouvait le 6* corps.

D. A quelle heure avez-vous été chargé de conduire ce convoi ?

R. Il pouvait être trois heures ou trois heures et demie.

M. le général PocRCET. — Je désire savoir si le témoin sc souvient du nom de l’olficier qu’il rencontra à Saint-Privat et lui dit : « Je vais chercher la garde. »

R. Je n'ai jamais connu le nom de cet officier.

On entend M. Toussaint Desvaux, général de division en retraite, Agé de soixante-deux ans : Le soir de la bataille de Rezonville, dit-il, j’appris que des forces considérables ennemies traversaient la Moselle et se dirigeaient sur Mars la-Tour. Je portai immédiatement ce renseignement au maréchal. Le 18, jusqu’au milieu du jour, nous ne pûmes croire à une attaque sérieuse de l'ennemi.

Mais, vers trois heures, cette attaque devint très-

violente; elle aurait pu avoir les plus terribles conséquences pour l’armée et môme pour la gauche, en jetant le désordre dans les niasses de cavalerie resserrées dans la vallée, tuais elle fut vigoureusement soutenue par l’infanterie. Voilà tout ce que je puis dire sur les événements du 16 ou du 18.

M. ue la Tour pu Pin, capitaine d’état- major attaché au général de Laduiirault, Agé de trente-quatre ans :

Mon chef m’avait chargé de dire au général Bourbaki que les troupes françaises étaient accablées de fatigue, qu i! en était de même des troupes ennemies, et que l’intervention de troupes fraîches déciderait assurément de la victoire.

Le général Bourbaki, que je trouvai sur le plateau, nie montra des masses ennemies exécutant un mouvement tournant sur notre gauche. Ces masses, je ne les vis pas. M. le général Bourbaki avait une lunette, et disait : « li faut être aveugle pour ne pas les voir. La position qne j’occupe est importante, je ne puis pas bouger. »

Une demi- heure après, un nouvel officier d'état-major arriva avec une lettre du généra) de Ladmirauit et du maréchal Canrobert. Je n'ai pas vu cette lettre, mais elle devait être pressante. Le général Bourbaki so décida alors à se mettre en marche, mais quand il arriva sur le terrain il était déjà trop tard; il me dit alors : « C'est mal, ce que vous avez fait là, capitaine. »

Le. témoin rend compte également des dispositions prises pour la journée du 16 août et des indications spéciales du maréchal Bazaine pour aller du plateau de Gravclotte à Doncourt.

La séance est levée à cinq heures un quart et renvoyée au lundi, 27 octobre, à midi et demi.

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