Partie des panneaux de la Nunziata
ROME-VATICAIT- CHAPELLE DE ITICOLAS V.
S\ LAUKENT DOKNE AUX PATJVÏIES L'ARG-ENT DE L' EGLISE
ORVIETO. - CHFUST JUGE.
* JL ous ces travaux, — dit Vasari, — ayant rendu célèbre dans l'Italie entière le nom de Fra Giovanni, le pape Nicolas V l'appela près de lui et le chargea de représenter, dans la chapelle de son palais où il entendait ordinairement la messe, une déposition de croix et quelques-unes des plus belles scènes de la vie de saint Laurent.^ »
Mais Vasari se trompe en attribuant à Nicolas V le mérite d'avoir appelé Fra Angelico à Rome. Il se trompe également quand il dit que le pape offrit au religieux artiste l'archevêché de Florence, et que celui-
Vasari, vol. II.
ci, ayant refusé dans son extrême modestie, proposa à sa place saint Antonin. « Le pape, frappé de la modestie de Fra Giovanni, de la régularité de sa vie et de sa sainteté, l'avait jugé digne de l'archevêché de Florence, qui était venu à vaquer.^ »
Ce fut Eugène IV, qui, en 1445, voulant décorer de peintures le Vatican, appela à Rome Fra Angelico; il avait déjà admiré à Florence son génie artistique et la sainteté de sa vie. A peine un an plus tard, ce souverain pontife mourut ; mais Fra Angelico trouva en la personne de son successeur Nicolas V non-seulement un autre protecteur, mais tout à la fois un admirateur sincère et un ami ; et il resta à Rome pour y achever les travaux qu'il avait entrepris. Il peignit au Vatican
I deux ch apelles, l'une pour le pape Eugène IV, chapelle dite du S aint Sacreme nt ; l'autre pour
7- NicolajsJC^et elle en a encore aujourd'hui conservé le ^ nom. Dans la suite, la première fut oéïQplie sous le pontificat de Paul III, pour livrer passage à l'escalier. « Dans cette œuvre excellente, — dit Vasari, — il avait exécuté à fresque, dans sa manière habituelle, quelques sujets tirés de la vie de Jésus Christ ; et il avait introduit dans ses compositions quantité de portraits de tous les personnages de son temps, qui seraient tous perdus aujourd'hui, si le Giovio n'avait eu soin de recueillir
T^ c'est la \1 ir le pape iÀ
Vasari, vol. II.
pour son musée ceux du pape Nicolas V, de l'empereur Frédéric, qui vint à cette époque en Italie, de frère Antonin, qui devint plus tard archevêque de Florence, de Biondo de Forli et de Ferdinand d'Aragon.^ »
Il est probable qu'après avoir terminé la chapelle du saint Sacrement et avant d'avoir reçu la commande du pape Nicolas V pour son oratoire, Fra Angelico entra en rapports avec le Conseil de fabrique du Dôme d'Orvieto par l'intermédiaire de Don Francesco Barone de Pérouse, moine bénédictin et célèbre peintre verrier. Il s'agissait de peindre la chapelle de la Madone de saint Brizio. « Considérant, — disent les documents^ubliés, — que la chapelle neuve, en face de celle du Corporal, est scialbida et non depicta, il faut la faire décorer par un bon et célèbre maître, le religieux dominicain qui a peint et qui peint la chapelle pour le saint Père dans le palais de saint Pierre à Rome; et est famosus uUra àlios pidores italicos, et c' est le plus célèbre de tous les peintres d'Italie. » Fra Angelico accepta l'invitation;
* Vasari, ibidem.
mais avant de prendre un engagement, il fit observer qu'il ne pouvait se rendre à Orvieto que pendant les mois de juin, juillet et août, période durant laquelle il ne voulait pas rester à Rome.
Il demanda deux cents ducats d'or par an, son entretien, les frais de couleurs et d'échafaudage, plus sept ducats par mois pour un de ses aides, et deux pour un petit apprenti. « Ce fut le Sire Enrico Monaldeschi, principal citoyen et, en quelque sorte, tyran d'Orvieto, habitué à intervenir dans le règlement des intérêts les plus considérables de sa cité, qui signa le traité à ces conditions. Fra Angelico engagea Benozzo de Lèse, Giovanni d'Antonio de Florence et Jacomo di Poli. Il commença avec eux à travailler sur les compartiments de la croisée de voûte le 15 juin 1447, et il s'adjoignit aussi Pierre di Niccola d'Orvieto. Il peignit avec eux pendant trois mois et demi ; il n'y revint plus l'année suivante.
» Aux approches de l'été de 1449, les Intendants du dôme qui n'avaient plus sous la main que Pietro Barone, depuis longtemps éprouvé dans d'autres travaux, s'efforcèrent d'obtenir de nouveau le concours de Fra Angelico et de lui adjoindre Barone. Si cette combinaison ne réussissait pas, ils aimaient mieux suspendre les travaux, parce qu'il fallait, disaient-ils, considérer moins la dépense faite jusqu'alors que la beauté des œuvres. Quand ils eurent perdu tout à fait l'espoir de
s'assurer le concours de Fra Angelico, ils eurent la pensée de confier à Benozzo le soin de continuer l'œuvre du maître dominicain ; mais cette expérience ne donna pas d'heureux résultats.^ »
Sur la voûte de la chapelle, Fra Angelico représenta le Christ dans son rôle de juge, au milieu d'une gloire d'Anges ; seize Saints et Prophètes sont assis sur des nuages, avec l'inscription : Prophetarum laudabilis NUMERus. Au milieu d'un cercle de lumière, le Rédempteur lève la main droite et pose la gauche sur le globe que soutiennent ses genoux; de deux côtés sont des groupes d'Anges, dans des attitudes diverses d'adoration. Les Prophètes, disposés en un groupe de forme pyramidale, se détachent sur un fond d'or ; et toujours dans un calme religieux, ils méditent ou lisent.
Rosini est d'avis que le Christ est l'œuvre de Benozzo Gozzoli, parce qu'il le trouve inférieur aux Pro-
* LuiGi FuMi, Il duomo d'Orvieto, Roma, Tipografia Cooperativa, p. 370.
phètes, chez lesquels il reconnaît un faire plus grandiose et une exécution plus parfaite. « Je suis d'avis, — écritil, — que les Prophètes seuls appartiennent à Fra Angelico; le Christ dans sa gloire, avec le reste, est
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