‹ Beato AngelicoChapitre 27 sur 32 · S' LAURENT EST NOMME EIACRE FAR SIXTE JI · texte numérisé non relu

S' LAURENT EST NOMME EIACRE FAR SIXTE JI

les deux mains pour recevoir le calice des mains du pontife. Tout autour sont de très beaux personnages de religieux qui, revêtus de magnifiques chapes, assistent à la cérémonie ; des diacres et des clercs portent le livre et l'encensoir; mais le caractère des têtes ojffre un peu trop de conformité ; c'est au point qu'on pourrait croire que le même modèle a servi pour tous les personnages.

Dans l'autre fresque, le pape remet au Saint les trésors de l'Églisej tandis qu'un frère se retourne brusquement au bruit que font les soldats aux portes pour conduire Laurent au martyre. Mais c'est dans la distribution des aumônes que Fra Angelico a réussi à rendre d'une manière complète ses sentiments. Il a été inondé de joie en songeant à la charité du Saint, au bonheur des pauvres secourus; et cette joie sincère et sereine, il l'a répandue sur le visage des différents personnages; l'artiste a dépensé, pour animer ces physionomies, une habileté peu commune et une extraordinaire puissance de vérité.

Il a égayé la sévérité de la scène avec l'épisode des deux enfants, qui, en souriant, se disputent la monnaie reçue ; leur visage exprime^une grâce enfantine et une satisfaction profonde. Un doute seul traverse leur esprit

et gâte leur joie : auquel des deux restera la précieuse aubaine ?

Les deux dernières fresques sont également admirables et pleines de charme. Dans la condamnation de saint Laurent on voit l'empereur sur son siège; il montre au Saint les instruments de son supplice; dans le martyre du Saint l'empereur, entouré de sa cour, assiste d'une terrasse au supplice ; il y a de la variété dans les attitudes et l'expression des bourreaux. Ici l'étude de l'art antique est encore plus manifeste que dans les autres fresques ; on la retrouve non-seulement dans l'architecture, mais jusque dans le style des armures des soldats et dans les niches contenant des statues imitées de l'antique.

En ejffet, l'empereur Décius porte une cuirasse et un manteau retenu sur l'épaule droite, comme on le voit dans les bustes romains ; son sceptre est terminé par une petite idole. On voit également au-dessus du siège impérial l'aigle romaine, aux ailes déployées, dans une couronne de laurier. Dans la fresque où est représenté le martyre du Saint, les statues qui sont entre les colonnes de la terrasse semblent être des reproductions d' œuvres romaines antiques. Mais, par malheur, cette dernière peinture a été tellement détériorée par les restaurations qu'il n'est pas possible d'en apprécier entièrement tout le mérite.

Les différentes compositions sont encadrées par les figures des docteurs de 1' Église : saint Léon avec un

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