‹ BeauharnoisChapitre 14 sur 107 · MESSIRE PIERRE CLÉMENT · texte numérisé non relu

MESSIRE PIERRE CLÉMENT

Premier curé de Saint-Clément.

à l'âge de 31 ans, après trois ans seulement de sacerdoce, fonder la paroisse ,de Beauharnois.

Pendant six ans, il travailla à affermir la fondation naissante. Sa correspondance avec les évêques de Québec atteste un souci presque scrupuleux de respecter et de faire respecter les règles de la discipline ecclésiastique; il ne cesse de recourir à l'évêque pour la solution non seulement des cas de conscience, mais aussi des difficultés de fabrique; s'il forme beaucoup de projets, il n'en est aucun qu'il ne soumette à son supérieur; il a à cœur de promouvoir les intérêts temporels et spirituels de ses paroissiens; il n'épargne aucune démarche dans le but d'obtenir la cession par les seigneurs d'un terrain pour l'église, le presbytère et le cimetière. Il ne redoute aucune fatigue pour desservir sa paroisse et ses missions; il s'efforce d'éloigner de Beauharnois les débits de boisson; il veut donner aux enfants de bons maîtres et de bonnes maîtresses, il cherche aussi à promouvoir chez ses paroissiens le culte de la Passion de Notre-Seigneur et celui de la Sainte Vierge.

Avec cela, qu'il ait été original et brusque, on ne peut le nier; qu'il ait eu des contrariétés, c'est certain; mais, quel curé fondateur n'en eut pas ? Où une église, un presbytère ou un cimetière ont-ils été établis sans quelques froissements ? Les débuts de Beauharnois n'échappèrent pas à la règle générale. Tout de même, quand le curé Clément quitta sa paroisse, — où il rêva toujours de revenir, — ses fidèles, dans une lettre collective à l'évêque, lui rendirent ce témoignage: "On le trouvait toujours chez lui, toujours disposé à nous entendre et nous satisfaire, toujours prêt pour les malades sans que ni l'obscurité de la nuit, ni l'inclémence

des temps, ni l'horrible état des chemins, pussent jamais le retarder d'un instant. Combien de fois l'a-t-on vu endurer avec un courage et une douceur presque sans exemple, la faim, la soif, le froid, la fatigue, surtout dans ses pénibles et nombreux voyages aux missions."

Cette lettre, signée de 130 noms, est le plus bel éloge que puisse désirer un pasteur.

En quittant Beauharnois, Monsieur Clément fut curé des Éboulements (1826- 1835) de la Petite Rivière Saint- François (1835-1844) de Saint-Urbain de Charlevoix (1844-1859). En 1859, il se retira à la Baie Saint-Paul; c'est là qu'il mourut le 15 novembre 1877 à l'âge de 89 ans.

Monsieur François Labelle

Monsieur Pierre Clément fut remplacé à Beauharnois par Monsieur François Labelle, ci-devant curé des Éboulements.

Quand il vint à Beauharnois, il avait 31 ans; il était originaire de la Pointe-Claire, avait fait ses études partie à Montréal, partie à Nicolet. Il était l'aîné de deux autres prêtres, dont l'un (Edouard) fut directeur du Collège de l'Assomption et l'autre (Jean-Baptiste) curé de Chateauguay (1833-1840).

Monsieur Labelle passa quatre ans à Beauharnois. Les grandes préoccupations de son administration semblent avoir été la construction d'une église et l'établissement d'une école. Le projet d'église ne fut réalisé que vingt ans plus tard; quant à l'école, nous verrons plus loin ce qui se passa. C'est aussi sous son administration que Beauharnois fut érigé en paroisse canonique.

Monsieur Labelle fut aimé de ses pa-

Le Personnel paroissial: les Curés

roissiens; ceux-ci, en 1829, adressèrent à Mgr Lartigue une requête le suppliant de leur laisser leur curé.

En quittant Beauharnois, il fut nommé curé de l'Assomption, et il y passa quinze ans (1830-1845). Il fut l'un des fondateurs du collège de l'Assomption, en 1832; de l'Assomption il passa à Repentigny dont il fut curé pendant 10 ans (1845-1855) où il se retira en 1855, et mourut en 1865.

Un contemporain l'a décrit ainsi: "Sa taille était avantageuse, au-dessus de la moyenne, de larges épaules, une démarche imposante; il avait les yeux grands et noirs, le teint brun.

Au premier abord, ce qui frappait surtout dans sa figure, c'était la virilité ; on ne pouvait le regarder en face sans éprouver ce respect qui s'impose et subjugue."

Élève, ecclésiastique, professeur, curé, il fut homme de devoir; il joignait à cela une grande piété, simple et douce, et un zèle ardent pour les âmes. Il y avait en cet homme un rayonnement de vie intérieure qui exerçait sur les âmes confiées à sa garde une action merveilleuse. Au surplus, sa modestie et sa délicatesse étaient proverbiales.

Beauharnois s'honore toujours de compter parmi ses curés, le fondateur d'un collège classique.

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