‹ BeauharnoisChapitre 15 sur 107 · MESSIRE MICHEL QUINTAL · texte numérisé non relu

MESSIRE MICHEL QUINTAL

Quatrième curé de Saint-Clément (1832-1840)

Monsieur Hubert-Joseph Tétreau

Le troisième curé de Beauharnois fut M. Hubert-Joseph Tétreau. Il était né à Verchères, le 25 février 1803, de Jean- Baptiste Tétreau-Ducharme et de Marie- Anne Gagnon; il fit ses études au séminaire de Montréal et à celui de Nicolet; il fut ordonné prêtre le 8 janvier 1826. Quand il

vint à Beauharnois, il avait été vicaire et curé de Richibouctou. Quand il quitta Beauharnois, il fut curé de Saint-Damase (1832 - 1833), vicaire à la Beauce (1833-1836), à la Rivière-Ouelle(1836- 1838), curé des Eboulements (1838-1843).

Il se retira alors du ministère, et mourut en 1877.

Il passa deux ans à Beauharnois (1830- 1832). Peu d'événements importants marquèrent son administration. L'on voit par les archives qu'il fut question d'un nouveau cimetière et aussi que le curé de Beauharnois fut définitivement déchargé de la desserte de Saint-Timothée.

Monsieur Michel Quintal

M. Tétreau fut remplacé à la cure de Saint-Clément par M. Michel Quintal; il arrivait de Saint-Damase où il fut remplacé par son prédécesseur à Beauharnois,

Histoire religieuse de Beauharnois

M. Tétreau. Il était originaire de Boucherville et avait fait ses études partie à Montréal, partie à Nicolet. Ordonné' prêtre en 1822, il fit du ministère comme vicaire à Sorel, à Champlain, aux Trois- Rivières ; comme curé à Saint-Damase (1825-1832).

Plus tard, il fut curé de Lanoraie (1840- 1850), de Saint-Luc (1850-1854); il se retira du ministère en 1845 et mourut à Boucherville, le 8 mars 1875.

A Beauharnois, il fut curé de 1832 à 1840. Son souvenir y reste attaché aux événements de 1838. Ce n'est pas ici le lieu de raconter en détail la part que prit Beauharnois à la rébellion, mais il faut noter celle qu'y prit le curé Quintal.

Le 3 novembre 1838, un groupe de "patriotes" du village de Beauharnois s'emparèrent du manoir seigneurial, conduisirent le seigneur, son agent, les marchands "loyalistes" en captivité à Chateauguay; Madame Ellice et sa suite furent enfermées au presbytère de M. Quintal. Le lendemain, le vapeur Henry Brougham, que l'on disait rempli de soldats loyalistes, était envahi par les patriotes et les passagers étaient à leur tour confiés à M. Quintal; en tout, le presbytère abrita 40 personnes; elles y restèrent jusqu'au 11 novembre. Pour tout ce personnel composé en majorité d'anglais protestants, le curé Quintal fut d'une charité qui lui a mérité cet éloge d'un protestant au-dessus de tout soupçon d'impartialité: "They had nothing to complain of, the priest, the Rev. M. Quintal, being exceedingly kind."

Au procès des révoltés, en 1839, il témoigna d'une grande loyauté à la couronne britannique et d'une grande obéissance à l'autorité épiscopale.

Monsieur Jean-Zéphirin Carron, V.G.

T^e cinquième curé de Beauharnois fut l'abbé Zéphirin Carron, originaire de Sainte- Anne d'Yamachiche ou de la Rivière- Ouelle. Avant de venir à Beauharnois, il avait été secrétaire privé de Mgr Panet lorsque ce prélat, bien qu'évêque de Québec, était encore curé de la Rivière-Ouelle. Il fut curé de Sainte-Foy, de l'Ile Perrot, de Saint-Luc sur Richelieu, puis de Beauharnois. Presque en même temps que cette cure, il recevait ses lettres de vicaire-général et de chanoine honoraire de la cathédrale de Montréal.

Les contemporains(1) louent son urbanité, sa modestie, la rectitude de son jugement, la variété de ses connaissances et l'onction apostolique de son ministère.

Il passa à Beauharnois quatre années.

Elles furent marquées par un événement important dans notre vie paroissiale, la construction d'une nouvelle église. C'est lui qui fit les démarches décisives à ce sujet et qui commença l'œuvre que complétèrent et achevèrent ses successeurs.

La tradition locale veut que le curé Carron ait de longtemps pressenti sa fin. Pendant la construction de l'église, il disait souvent: "Je ne verrai pas mon église se terminer." En effet, les murs du nouveau temple s'élevaient à peine à la hauteur des fenêtres, lorsque le curé Carron mourut, après une courte maladie, le 19 juillet 1844. Jusqu'à la fin, il fut homme de devoir: les registres portent sa signature au bas d'un acte de baptême, quelques jours à peine avant sa mort.

Son service fut chanté par Mgr Bourget dans la vieille église — le collège d'au jour-

Ci) Les Mélanges Religieux, 23 juillet 1844.

Le Personnel paroissial: les Curés

d'hui — mais on l'inhuma dans la nouvelle église, le 22 juillet. Dans le nouveau cimetière, une station du chemin de la croix rappelle son souvenir.

Il est le premier de nos curés qui soit mort à Saint-Clément, et le premier défunt qui ait été inhumé dans l'église actuelle.

Monsieur Pierre Viau, V.G.

Le successeur de Monsieur Carron fut l'abbé Pierre Viau. Quant il vint à Beauharnois, il était vicaire-général de Montréal depuis 1836 et avait déjà une carrière ecclésiastique longue et honorée.

Né en 1784 à Saint- Régis, il avait fait ses études partie à Montréal et partie à Nicolet; ordonné prêtre le 3 décembre 1809, il avait fait du ministère à Vaudreuil, à la cathédrale de Québec, au Cap Saint-Ignace, à Saint-Nicolas, à Yamachiche, à Saint- François de la Rivière-du-Sud, à la Rivière- Ouelle et à Saint-Sulpice; il avait fait de l'enseignement au séminaire de Québec, et y avait été, pendant deux ans, directeur des ecclésiastiques; pendant 10 ans( 1826-1836) il avait été vicaire-général de Québec ; à la création du diocèse de Montréal, son diocèse d'origine, il y était revenu, et de suite, institué grand-vicaire, le premier croyons-nous, et il conserva ce poste jusqu'à sa mort.(1)

A Beauharnois, il ne passa que quelques mois; il les occupa à continuer la construction de l'église qu'il fit "fermer et couvrir." Sentant diminuer ses forces, il obtint d'être, pour toujours, déchargé du ministère curial. Il se retira à l'hospice Saint-Joseph de Montréal où il mourut le 13 juin 1849.

Il fut un prêtre remarquable; homme d'étude, il aimait les livres; sa bibliothèque,

(1) Mélanges Religieux, 13 juin 1849.

assure-t-on, était l'une des plus considérables de l'époque; plusieurs collèges et l'évêché de Montréal lui sont redevables de précieuses collections. Homme apostolique, il employa ses revenus au soulagement des pauvres, à l'encouragement de l'éducation, surtout à l'œuvre des vocations sacerdotales. Son zèle le porta, même retiré du ministère curial, à travailler au salut des âmes. Il aimait à s'associer aux travaux de ses confrères. Volontiers, il prêchait des retraites. Ce fut en terminant, à Longueuil, un de ces pieux exercices qu'il se sentit frappé. Trois mois de souffrances terminèrent cette belle vie toute pour l'Église et pour les âmes.

Monsieur Louis-David Charland, V.F.

Le septième curé de Saint-Clément fut l'abbé Louis-David Charland. Son séjour à Beauharnois fut d'une durée et d'une activité qui font de lui le second fondateur de notre paroisse. Quand il vint à Beauharnois, en 1845, les murs de l'église étaient à peine élevés; quand il se retira du ministère en 1881, l'église était achevée, un presbytère avait été construit, un nouveau cimetière avait été établi; un collège sous la direction des Frères des Écoles Chrétiennes et un couvent sous la direction des Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie donnaient l'instruction aux enfants de la ville ; un hospice recevait les enfants et les vieillards pauvres ; par un heureux hasard, au cours des 36 années d'administration du curé Charland, Beauharnois connut une prospérité matérielle qu'il n'a pas retrouvée; Saint-Clément, de village se changea en ville; un district judiciaire se forma qui eut Beauharnois comme cheflieu; le commerce des grains prit un essor tel que notre marché ne fut pas loin d'être le plus considérable de la Province

Histoire religieuse de Beauharnois

de Québec; dans ce cadre la figure du curé Charland se détache avec un singulier relief.

Le curé Charland était né à Saint-Luc, le 14 septembre 1809, d'Isidore Charland, cultivateur, et de Marie- Anne Darche; il fit son cours d'études classiques au collège de Chambly où il eut comme compagnons de classe Mgr Charles et Mgr Joseph Larocque, plus tard évêques de Saint- Hyacinthe; il fut ordonné prêtre à Montréal le 6 septembre 1835. Il fut vicaire de Sainte- Marie de Monnoir, desservant de Saint- André d'Argenteuil en 1839, curé de Rigaud de 1841 à 1845.

En cette dernière année il fut institué curé de Saint - Clément de Beauharnois; il le fut jusqu'au mois de septembre 1881.

L'abbé Charland était doué d'une belle intelligence qu'il cultiva par un développement intellectuel peu ordinaire; il avait l'esprit vif et caustique; sa

conversation abondait en reparties proverbiales.

D'un caractère vif, d'une franchise presque rude, d'une nature impétueusement généreuse, il ne faisait pas bon d'être d'un avis différent du sien; il se départait rarement d'un extérieur sévère qui faisait s'éloigner ceux qui ne savaient pas pénétrer jusqu'au cœur bon, sympathique et tendre.

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