ARTICLE PREMIER:— LES SERVICES D'UTILITÉ PUBLIQUE
ERVICE postal. — Beauharnois a un service postal spécial depuis 1829; avant cette date, le courrier venait de Montréal par Chateauguay et était distribué à Beauharnois deux ou trois fois par semaine. En 1829, un Bureau de poste fut établi et T. McDonald en fut le premier maître. Depuis cette date, les maîtres de poste se sont succédé dans l'ordre suivant :(1) de 1831 à janvier 1839, D. Masson; de janvier 1839 à juillet 1843, John Ross; de juillet 1843 à juillet 1857, Henry Bogue; de juillet 1857 à décembre 1862, Adolphe Longpré; de décembre 1862 à janvier 1867, Ovide Payment;(2) de janvier à juillet 1868, Louis Laurin; de juillet 1868 à octobre 1884, Crosbie McArthur; d'octobre 1884 à mai 1894, L. R. Baker; de mai 1894, à février 1897, Alexis Doutre; de février 1897 à décembre 1901, Octave Laurin; de décembre 1901 à février 1905, Antoine Lefebvre; de
(1) La liste que nous donnons ici est la liste officielle qui nous a été 'obligeamment fournie par le Ministère Fédéral des Postes.— (2) De janvier 1867 A 1868, U. J. Robillard.
février 1905 à octobre 1914, André Leduc; depuis octobre 1914, Nicolas Marleau.
Ajoutons que depuis longtemps, Melocheville a un bureau spécial de poste, et que, depuis quelques années, la paroisse est desservie par le système de la malle rurale. Avant l'établissement de ce dernier service, il y avait un bureau de poste appelé Vendôme, sur le chemin de la rivière Saint- Louis, chez M. Joseph Daoust, et un autre à Maple Grove, chez M. Auguste Hébert.
Le service d'éclairage. — Nous avons dit plus haut, en parlant de la ville de Beauharnois, comment a été successivement organisé le service d'éclairage électrique.
Le service de navigation. — Beauharnois a deux voies navigables, le fleuve Saint- Laurent et la rivière Ottawa se réunissant au lac Saint-Louis, et le canal de Beauharnois.
Avant la construction du canal de Beauharnois, la navigation entre le lac Saint- Louis et le lac Saint-François se faisait au moyen de quatre petits canaux construits sur la rive nord, dont trois étaient destinés à éviter les rapides dits les Cascades, la
Histoire civile de Beauharnois
Faucille, le Trou du moulin et le Rocher fendu; le quatrième servait à éviter les rapides de Côteau-du-Lac. Peu de bateaux passant par là arrêtaient à Beauharnois.
De bonne heure, il y eut un service de bateau entre Montréal et Beauharnois; vers 1820, il y avait un bateau appelé Persévérance; quelques années plus tard s'organisa une compagnie de bateaux à chevaux faisant le service entre Lachine et Chateauguay; quelques-uns de ces bateaux se rendirent à Beauharnois; un peu plus tard, la compagnie De Witt mit un bateau à vapeur, le Fashion, pour le service de Beauharnois. En 1838-1839, nous savons que le Henry Brougham faisait escale à Beauharnois; un autre bateau, le Dragon, y venait aussi.
Vers 1864 se forma une compagnie de navigation, la Beauharnois, Chateauguay & Huntingdon Navigation Co., dans le but "de construire et d'employer des bateaux à vapeur pour le transport des passagers et de la marchandise sur les deux rives du Saint-Laurent, entre Cornwall, Dundee, Beauharnois, Montréal et les ports intermédiaires"; la compagnie avait un capitalactions de $60,000; ses promoteurs étaient John Sweanston, Owen Lynch, James Keith, Alex. Buntin, Moïse Branchaud, Jacob De Witt, Alexandre Anderson, Athanase Branchaud, G.-B. Duncan; cette compagnie exista pendant environ cinq ans et eut les bateaux Empress et Salaberry.
Le capitaine Filgate a été aussi propriétaire de bateaux faisant le service Montréal-Chateauguay-Beauharnois; ses trois bateaux furent le Star, le Beauharnois et le Filgate.
A l'époque de la grande prospérité de Beauharnois — par son commerce de grains — il y eut, à Beauharnois, une vraie flottille
de barges, dont le Commodore Vincent était le pilote principal.
Plus près de nous, deux compagnies rivales firent de Beauharnois leur terminus, il y a une quinzaine d'années. Actuellement, il n'y a que la Compagnie Str. Beauharnois, dont le capitaine-propriétaire est M. J.-A.- A. Desrochers; ce bateau fait le service quotidien Montréal-Beauharnois.
En 1845, le canal de Beauharnois était ouvert à la navigation. Dès 1804, il fut question de construire un canal qui relierait les deux lacs Saint-François et Saint- Louis; il fallut cependant quarante ans pour exécuter ce projet. Les travaux de construction durèrent de 1842 à 1845; ils furent marqués par des scènes de violence que les journaux contemporains, surtout les Mélanges Religieux, font connaître; les manœuvres se plaignaient des entrepreneurs, et il y eut des soulèvements qui nécessitèrent l'envoi de troupes de Montréal. Le 12 juin 1843, dans une bagarre, 12 hommes furent tués. Le canal a plusieurs écluses dans la paroisse Saint-Clément. La construction de ce canal a réuni un petit village, Melocheville, du nom du marchand Jos. Meloche. Le canal a été en activité, comme canal, de 1845 à 1907. En cette dernière année, le Gouvernement fédéral le loua à la Canadian lÀght, Heat and Power qui, depuis cette date, l'exploite comme pouvoir d'eau, alimentant son immense usine de Saint-Timothée. Le canal de Beauharnois a onze milles et un quart; il a neuf écluses de 200 pieds par 45; l'ascension totale par les écluses est de 82J/g pieds; la largeur du canal au fond est de 80 pieds, à la surface de 120 pieds; de 1845 à 1867, il a coûté $1,611,424. A la fin du XIXème siècle, le canal de Beauharnois perdit beaucoup de son importance à cause de la construction du canal Soulanges.
Beauharnois commercial et industriel
(I) Olivier Patenaude. — (2) Toussaint Patenaude. — (3) Armand Patenaude. — (4) Arthur Lefebvre — (5) J.-A.-A. Desrochers.— (6) Edmond Groul.x.— (7) Edmond-Joseph Groulx.— (8) Antoine Montpetit— (9) Joseph Brais.— (10) Louis Patenaude.—
(II) Willie Brais— (12) Léon Prégent.— (13) Donat Brais.— (14) Émery Poirier.— (15) Ls Daigneault.— (16) Delphis Bergevin.
Beauharnois commercial et industriel
Plusieurs surintendants du canal de Beauharnois résidèrent à Beauharnois, à la 4ème écluse; le dernier surintendant a été M. Joseph-Miville Deschênes. (1)
En parlant de la navigation à Beauharnois, il convient de se souvenir que la paroisse Saint-Clément n'a cessé d'être une pépinière de marins distingués; il y a longtemps que les Patenaude(2) les Montpetit, les Groulx, les Prégent, les Lefebvre, les Lafrance, les Brais, les Daigneault sont allés sur nos rivières, nos grands lacs et l'Océan et s'y sont fait connaître avec honneur.
Signalons aussi la présence, à Beauharnois, d'un habile constructeur de vaisseaux, M. Eméry Poirier, et d'un batelier de renom, M. Delphis Bergevin.(3)
Les chemins de fer. — En 1873, une compagnie locale de chemin de fer était formée sous le nom de Beauharnois Junction Co. Elle avait surtout en vue l'établissement d'une ligne de chemin de fer entre Sainte- Martine et Saint-Anicet; elle n'eut jamais qu'une existence nominale.
Le premier chemin de fer qui a traversé Beauharnois fut le Grand-Tronc; en 1887, il venait de Montréal, par voie de Sainte- Martine (la petite ligne actuelle) et allait à Saint-Timothée et à Valleyfield. En 1895, le New-York-Central (division Saint- Laurent et Adirondack) a loué du Grand- Tronc, et a exploité depuis, la partie Beauharnois-Valleyfield, comme section de son grand réseau Montréal-New- York, via Malone.
Depuis 1895, le Grand-Tronc n'a plus guère à Beauharnois qu'une station de fret; un train vient de Sainte-Martine à Beauharnois, mais le service des passagers relève surtout du New-York-C entrai.
Les agents actuels des deux stations sont, pour le Grand-Tronc, M. E. Birtz, et pour le New-York-Central, M. C.-A. Mac- Pherson, avec comme assistant M. E.-A.
Gaboury.
Les messageries Canadian Express et American Express ont un bureau aux stations susdites.
Téléphone et télégraphe. — Depuis 1886, Beauharnois est desservi par le système Bell de téléphone; Messieurs Leduc et Fortin en ont eu la gérance pendant une vingtaine d'années, M. F.-X. Leduc pendant une dizaine d'années, Melle Marie- Anne Leduc pendant quelques mois; actuellement le gérant est M. Eméry Poirier.
Vers 1868, à l'époque de la grande prospérité de Beauharnois, le Great-North-Western y eut un bureau de télégraphie. Depuis l'établissement des chemins de fer, le télégraphe est installé en permanence.
Nos Banques: La Banque des Marchands, établie au Canada en 1864, a été la première à avoir une succursale à Beauharnois.
C'est en 1871 que M. A. de Martigny, régistrateur, ouvrit un bureau de cette banque à Beauharnois; il ne fut gérant qu'un an, et fut remplacé par M. Norbert Roy.
En 1876, la Banque des Marchands fit place à la Banque Mecanic, le même gérant, M. Roy, gardant ses fonctions de gérant jusqu'en 1879.
(1) Liste officielle des surintendants, fournie par le Département fédéral des Canaux: William Robinson, depuis le 23 avril 1845; Duncan A. McDonell, depuis le 31 mars 1846; Thomas Godfrey, depuis le 31 août 1849; Thomas. D. Booth, depuis le 10 octobre 1850; Pierre Laurencel, depuis le 24 février 1857; Joseph- Abraham Mqssé, depuis le 1er avril 1871; Louis Marin, depuis le 7 juillet 1873; Joseph Flavien Bélque, depuis le 31 mars 1874; Zépbirin Boyer, depuis le
10 janvier 1896; Joseph-Flavien Bélque, depuis le 7 décembre 1897; Joseph M. Deschênes, depuis le 3 mars 1904 jusqu'au 10 décembre 1907, date de location à la Canadian Light.
(2) Le capitaine Olivier Patenaude jouit d'une très grande notoriété dans les cercles maritimes ; il est l'un des pionniers des grands lacs.
(3) M. Bergevin a opéré 215 sauvetages dans sa longue carrière de batelier.
Histoire civile de Beauharnois
En 1879, la Banque Jacques-Cartier prit la place de la Banque Mecanic, et demeura à Beauharnois jusqu'en 1899; elle eut comme gérants: M. Arthur Clément, de 1879 à 1882; M. Joseph Cook, de 1882 à 1885; M. Cajétan Hamel, de 1885 à 1888; M. Henri Dorion, de 1888 à 1894; M.
Julien Leduc, de 1894 à 1899.
En 1899, la Banque des Marchands mu-
tuellement, le gérant est M. Hormisdas Roy, La succursale Beauharnois contrôle les sous-agences de Chateauguay, Saint-Louis, Saint-Etienne, Saint-Timothée et l'Ile Perrot.
Compagnie des chemins macadamisés. — En 1879 a été fondée la Compagnie des Che-
Banque des Marchands (2). — Banque d'Hochelaga (1).
vrit sa succursale de Beauharnois, et Monsieur L.-Zéphir Leduc en a eu la gérance depuis cette époque. Le bureau de Beauharnois contrôle une sous-agence à Chateauguay Bassin.
En 1913, la Banque d'Hochelaga, à son tour, établit une succursale à Beauharnois; Messieurs A. Reid et Jos. -Eugène Leduc en furent successivement chargés. Ac-
mins Macadamisés du Comté de Beauharnois, en vertu du chapitre 70 des Statuts Refondus de 1876. Les premiers directeurs furent Louis Hainault, L.-R. Baker, John Dickson, Cyrille Guimond, Cyprien Fortin et L.-A. Seers; elle avait un capital de $20,000. Son nom indique clairement son but : faire et exploiter ^ desT chemins macadamisés dans le comté de Beauharnois.
Beauharnois commercial et industriel
Le secrétaire de la compagnie, de 1879 à 1889, a été le notaire F.-C. Bazinet; de 1889 à 1894, Henri Dorion; de 1894 à 1914, L.-Z. Leduc.
En 1879-1880, la compagnie a fait faire, par l'entrepreneur Cyrille Contant, le chemin qui va de la voie du New-York Central, à Beauharnois, aux limites de la paroisse Saint-Louis-de-Gonzague, soit une longueur d'environ sept milles, à raison de $1,800
par mille. Pour se rembourser de ses frais, la compagnie a tenu une barrière de péage qui a existé jusqu'en 1914.
En 1914, la Compagnie des Chemins a vendu ses droits au gouvernement provincial pour la somme de $7,200. Les directeurs de la compagnie, pour l'année 1914, étaient Messieurs Julien Leduc, président; Cyprien Fortin, J.-B. Roy, Ferdinand Leduc, John- M. Roy et L.-Z. Leduc, secrétaire-trésorier.