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ARTICLE SECOND— LES PRÉPARATIFS IMMÉDIATS

Nous entendons par préparatifs immédiats tout ce qui a été fait directement et officiellement en vue de la célébration du Centenaire.

Comités d'organisation —

Les 8 et 15 février 1920, au prône de la messe paroissiale, Monsieur le Curé convoquait une assemblée des francs-tenanciers

de la paroisse pour délibérer sur l'organisation de fêtes pour le centenaire de Saint- Clément. A l'issue de la messe, le 15 février, les francs-tenanciers convoqués se réunissaient à la sacristie, et il était procédé comme suit:

(1) Ces travaux ont été faits par souscriptions volontaires, par organisations (tombolas) et par des recettes ordinaires plus considérables.

Préparation du Centenaire

"M. J.-G. Léonard, secondé par M. Ferdinand Leduc, propose que Monsieur le curé de cette paroisse soit nommé président de cette assemblée. Adopté unanimement.

" M. J.-G. Léonard, secondé par M.

Ferdinand Leduc, propose que M. Raoul Miron soit nommé secrétaire. Adopté unanimement."

Après pourparlers et délibérations, il fut décidé qu'un comité devrait être formé pour s'occuper de l'organisation générale de la fête du centenaire, et M. J.-G. Léonard, secondé par M. Delvini Gendron, proposa que les personnes ci-après nommées formassent ce comité, savoir: M. le curé Théodule Nepveu; MM. L.-C. Tassé, N. P., maire de la ville de Beauharnois; Benjamin Vinet, maire de la paroisse Saint- Clément; Auguste Hébert, maire de la ville de Maple Grove; Euclide Montpe.tit, maire du village du Lac Saint-Louis; Joseph Lebceuf, président de la Commission scolaire de Saint-Clément; J.-E. Dussault, marguillier en charge; Jean-Baptiste Boyer et Joseph Gendron, marguilliers du Banc de la Fabrique de la dite paroisse. A ce comité général on donnait "le pouvoir de former des sous-comités et de s'adjoindre toute personne qu'il jugera nécessaire." Cette assemblée paroissiale du 15 février 1920 est le premier acte officiel de la paroisse en vue de la célébration du centenaire.

Le deuxième est du 29 février. Au presbytère, ce jour-là, se réunissaient les membres du Comité général d'organisation. Il fut décidé, à l'unanimité, que Monsieur le Curé serait le président honoraire, M. le maire Tassé président actif, et M. Raoul Miron secrétaire du Comité. Il fut ensuite décidé, sur proposition de M. Joseph Lebceuf, secondé par M. Joseph Gendron, que les sous-comités suivants seraient nommés:

Comité de Réception —

Monsieur L.-C. Tassé, président; le R.

Fr. Croisetière, et MM. J.-E. Dussault, Ferdinand Leduc, J.-C. Trudeau, L.-Z. Leduc, J.-B. Roy, Isaïe Dagenais, Dr G. Huot, Dr A. Duquette, H.-C. Courtney.

Comité des Finances —

Monsieur Benjamin Vinet, président; MM. Jos. Lebceuf, Jos. Gendron, J.-B.

Boyer, Auguste Hébert, Jérémie Bougie, Donat Dagenais, Dr A. Desgroseillers, J.-O. Carignan, A. de Laplante, Euclide Montpetit, Théodule Olivier.

Comité de la Presse —

Monsieur l'abbé D. Saint-Aubin, vicaire, président; MM. Pamphile Laplante, Tancrède Fortin, Paul Mercier.

Comité des Amusements —

Monsieur l'abbé J.-O. Delisle, vicaire, président; MM. Raoul Miron, H. Roy, Aimé Leduc, Emery Poirier, Joseph Laurin, R.-N. Sévigny, Dr A. Boyer, Ferd.

Faubert, Arthur Leduc, Armand Thibert.

Il était, en outre, décidé que tous ces comités devaient agir avec l'assentiment du Président Honoraire, Monsieur le Curé T. Nepveu.

Le 9 mars, les comités commencent, à la salle Vachon, le travail d'organisation des fêtes. L'on décide que Monsieur le Curé fera partie de tous les Comités; que le banquet du 15 juin aura lieu sur le terrain que les Révérendes Sœurs Grises de l'Hospice veulent bien offrir à cette fin; que le prix du billet pour le banquet sera de $5.00; que Messieurs Armand Thibert et J.-O. Carignan iront à Montréal pour louer la

vaisselle nécessaire au banquet; que M.

Armand Thibert sera le trésorier du Comité général.

Le 17, le 22 et le 28 mars, le Comité de Réception, après avoir constaté qu'il ne peut guère s'occuper de la préparation du banquet, en donne le contrat aux restaurateurs montréalais Kerhulu et Oudiau.

Quelques jours plus tard, le Comité retient les services d'orchestre d'un groupe d'artistes diocésains de Valley field, sous la direction de M. le professeur Arthur Frappier.

Le Comité fixa aussi le programme des fêtes, choisit les orateurs du banquet et de la soirée du 15 juin, détermina le parcours de la promenade de la soirée du 14 juin; en un mot, il s'occupa de toute la préparation des fêtes, moins ce qui ressortissait plus spécialement au Comité des Amusements et à celui de la Presse.

Parmi les invités du Comité, plusieurs, qui ne purent assister aux fêtes du Centenaire, tinrent à s'excuser en termes très sympathiques: les ministres du cabinet provincial devaient avoir, le jour de la fête, une importante réunion qui rendait impossible leur présence à Beauharnois; des députés des comtés voisins étaient retenus à Ottawa par leurs obligations parlementaires.

Le 12 mai, l'Honorable Sénateur A. -A.

Thibaudeau, un paroissien de Saint-Clément, regrettait qu'un voyage en France le privât du plaisir d'être à Beauharnois le 15 juin.

L'Honorable Athanase David, secrétaire provincial, avait espéré être à Beauharnois le 15 et avait accepté d'y parler; quelques jours avant les fêtes, il dut renoncer à ce projet et exprima au Comité ses "vifs re-

grets de ne pouvoir assister à la célébration du centenaire."

Le 1er juin, l'Honorable Juge P.-B.

Mignault, de la Cour Suprême du Canada, s'excusait de ne pouvoir assister aux fêtes du Centenaire à cause des devoirs de sa charge, qui devaient le retenir à Ottawa, le jour du 15 juin. Il ajoutait ces quelques lignes: "Bien des souvenirs nous rattachent à la paroisse de Beauharnois et à son église. Pour ma femme, c'est le lieu de sa naissance; pour moi-même, c'est celui de mon mariage que bénit le vénérable curé Lussier, de sainte mémoire."

Messieurs J.-W. Kilgour et James Wilson, deux vieux citoyens anglais de Beauharnois, regrettaient "that they will not be able to be présent at the célébration of the Centennial."

Parmi les laïques, des hommes de marque, tels que l'Honorable Honoré Mercier, l'Honorable Juge W. Mercier, Messieurs les députés L.-J. Papineau et A. Bergevin, les ex-députés A. Plante et E.-A. Robert, M. Edouard Montpetit, secrétaire-général de l'Université de Montréal, Messieurs les avocats W. Poitras, John Sullivan, Tancrède Fortin, Paul Mercier, M. Howard Smith, président de la compagnie de papier du même nom, acceptaient l'invitation et devaient, par leur présence et leurs paroles, donner aux fêtes du 15 juin un éclat plus grand.

Le Comité avait laissé à Monsieur le curé Nepveu le soin d'inviter les personnages ecclésiastiques.

Il va sans dire que Mgr l'Évêque de Valley field avait été le premier invité. Mis au courant du projet des fêtes du centenaire, il l'avait béni et encouragé, et lui avait promis son concours. Il avait permis tous les travaux de restauration de l'église, en vue du

Préparation du Centenaire

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centenaire. D'autre part, il avait approuvé le projet de l'Histoire de Beauharnois et avait exprimé le désir qu'on y insérât le récit des fêtes du 14 et du 15 juin. Cette paternelle bienveillance et cette bénédiction du Pasteur assuraient aux fêtes du Centenaire un succès qui ne fit pas défaut.

Monseigneur J.-C. Dorais, P.A.V.G., rendit de grands services au Comité des Fêtes, qui ne recourut pas en vain à sa bienveillance et à son expérience.

Plusieurs invités s'excusèrent en termes non moins sympathiques que ceux des laïques.

Monseigneur l'archevêque d'Ottawa, S.G.MgrC.-H.Gauthier, faisait répondre au curé de Beauharnois, par son secrétaire: "Sa Grandeur est bien touchée de votre démarche et vous remercie cordialement pour cette délicate attention de votre part ; malheureusement, Monseigneur ne peut accepter d'être présent à vos belles fêtes. Sa tournée pastorale est déjà annoncée. Sa Grandeur souhaite à vos fêtes tout le succès possible."

Monseigneur l'évêque de Nicolet, S. G.

Mgr H. Brunault, exprimait son profond regret de ne pouvoir changer son itinéraire de visite pastorale, et, par suite, de ne pouvoir assister aux fêtes du centenaire.

Monseigneur l'évêque de Juliette, S. G.

Mgr G. Forbes, ne pouvait venir, lui non plus, à cause de sa visite pastorale au delà des Laurentides, et il en témoignait son chagrin; il ajoutait: "Il me reste à m'unir à vous, à vos paroissiens et à vos hôtes distingués dans le devoir de la reconnaissance envers Dieu pour ce siècle de grâce, et dans l'expression de vœux sincères pour la

prospérité spirituelle

et matérielle de votre belle paroisse.'"'

Monseigneur A.- P. Dubuc, P.D., que le grand âge et les infirmités forcent à garder la résidence, envoyait à Monsieur le Curé "ses meilleurs vœux de pleins succès, tout en regrettant de ne pouvoir accepter la bienveillante invitation." Monseigneur Maxime Pilon, vicairegénéral d'Edmonton, tenait à assurer M. le Curé que, fils du diocèse de Valleyfield, il s'intéressait au centenaire d'une paroisse de ce diocèse, mais qu'il fallait se rappeler que la distance de 500 lieues le séparait du théâtre des fêtes et que sur lui seul reposait l'administration de l'Archidiocèse, sede vacante.

Monsieur le Chanoine Pauzé, supérieur du collège de l'Assomption(1) regrettait que les

(1) Des liens étroits unissent la paroisse Saint-Clément et le collège de l'Assomption; le deuxième curé de Saint-Clément, M. François Labelle, est l'un des fondateurs du collège de l'Assomption.

MGR J.-C. DORAIS. P.A.V.G

Centenaire de Beauharnois

examens de baccalauréat l'empêchassent de se trouver aux fêtes. La même raison faisait s'excuser M. l'abbé Joseph Laferrière, docteur es-sciences morales et historiques, professeur au collège de Saint- Hyacinthe.

Monsieur l'abbé L.-A. Groulx, professeur d'Histoire du Canada à l'Université de Montréal, écrivait à Monsieur le Curé son regret de ne pouvoir être présent, et il ajoutait: "C'est une idée heureuse que de fêter ce centenaire de paroisse. Nous avons beaucoup à gagner en ces pèlerinages vers nos origines. Ils nous aident à ressaisir nos vieilles traditions, et peut-être à en faire survivre quelques-unes, celles du moins, il faut l'espérer, qui tiennent à la foi comme à l'intégrité de nos mœurs."

Parmi toutes les autres lettres reçues, la suivante est des plus touchantes. Elle vient du Carmel de Montréal, elle est signée par une enfant de Beauharnois et elle traduit bien, il me semble, ce qu'ont dû ressentir toutes les religieuses — enfants de Beauharnois— que le devoir d'état a retenues loin de Beauharnois, le 15 juin dernier.

Monsieur le Chanoine,

"Etant la prisonnière du Divin Jésus, il me sera impossible de me rendre dans ma chère paroisse de Saint-Clément, que j'ai tant aimée! Là, j'ai reçu Jésus pour la première fois! Là, j'ai reçu le Saint-Esprit! Là, sous l'œil vigilant de nos bons parents, j'ai grandi! Là, dans mon bien-aimé pensionnat de Jésus- Marie, de bonnes maîtresses m'ont formée à la piété! Ces doux souvenirs réjouissent mon cœur et me font bénir le Seigneur.

"Le 15 .juin, je m'unirai à vous et à tous vos paroissiens, avec ma chère Communauté, pour remercier Dieu de ses bienfaits, et attirer ses bénédictions sur la ville de Beauharnois.

"Daignez agréer, Monsieur le Chanoine, l'hommage de mon religieux respect.

"Votre très humble servante en N.S.

Sœur Thérèse de Jésus, prieuré^

Le Comité des Fêtes du Centenaire choisit, pour le banquet du 15, les santés et les orateurs dont les noms suivent: —

Monsieur le Curé dirait d'abord quelques mots de remerciement, puis S. G. Mgr Emard proposerait la santé du Pape. M.

le maire de la ville proposerait la santé du Roi. Il y aurait ensuite un Maître des Santés, qui proposerait brièvement toutes les santés auxquelles répondraient quelques hôtes. Le Maître des Santés choisi fut M. Tancrède Fortin, avocat, C.R., fils de Beauharnois. Les orateurs choisis furent: Mgr E.-A. Latulipe, évêque d'Haileybury, pour la santé des évêques; l'honorable H. Mercier, pour celle de nos hommes d'Etat; le P. Augustin Leduc, O.P., pour celle du clergé paroissial; l'honorable Juge W. Mercier, pour celle de Nos Lois; M. Edouard Montpetit, pour celle de Y Education.

Pour la veillée patriotique du 15, les députés L.-J. Papineau, M. P., et A. Bergevin, M.P.P., l'ex-député A. Plante, C.R., M.

l'abbé J.-E. Gauthier et le R. P. Marchand, O.P., Messieurs les avocats W. Poitras, John Sullivan, T. Fortin et Paul Mercier, furent les orateurs désignés.

Le Comité de Réception s'assura un bon service de voitures(2) à la disposition des hôtes de la paroisse pendant la durée des fêtes.

Par son empressement et son activité, le Comité de Réception a mérité de grands éloges.

(1) Née Guimomd.

(2) I^es citoyens de Beauharnois mirent généreusement et gratuitement leurs voitures à la disposition du Comité.

Préparation du Centenaire

Pendant ce temps, le Comité de la Presse s'acquittait activement des fonctions qu'on lui avait confiées: intéresser la presse locale et celle des grandes villes au Centenaire.

Dès le 29 avril, le Progrès de Valleyfield publiait, sous la signature de Le Comité de Publicité, l'article qui suit: —

"Centenaire de la paroisse de Beauharnois"

Dans la riante petite ville de Beauharnois, située à vingt milles de Montréal, sur les bords du lac Saint-Louis, on organise depuis quelques semaines de grandes fêtes pour la mijuin. On y célébrera, avec toute la solennité et tout l'éclat possibles, le centième anniversaire de la fondation de la paroisse.

Il y a déjà quelque temps, les principaux citoyens de la ville et de la campagne se réunissaient pour procéder à V élection d'un comité général. Les dignitaires dont les noms suivent furent élus: Monsieur le chanoine Nepveu, curé de la paroisse, président honoraire; MM. L.-C. Tassé, N.P., président actif; R. Miron, secrétaire; J.-A. Thibert, trésorier; Ce comité général s'est adjoint quatre souscomités ayant, comme présidents: pour le comité de réception, M. L.-C. Tassé, maire de la ville; pour les finances, M. Benjamin Vinet, maire de la municipalité de Saint- Clément; pour la publicité, M. l'abbé J.-D. Saint-Aubin, et pour les amusements, M.

l'abbé J.-O. Delisle.

Depuis bien au-delà de cent ans, des colons étaient venus s'implanter ici, puisque le 27 septembre de l'an mil huit cent, M. l'abbé Deguire, alors curé de Vaudreuil, vint planter une croix sur la place occupée présentement par l'église. Mais la paroisse existe officiellement depuis un peu plus de cent ans. Car le 19 novembre 1817, à la demande des colons,

Monseigneur Plessis accordait le permission de bâtir une chapelle, qui fut achevée et bénite le 17 décembre 1818. Elle fut immédiatement ouverte au culte avec M. Vabbé P. Bourget, curé de Chateauguay, comme desservant.

Détail intéressant, cette première chapelle agrandie et transformée existe encore.

Le premier acte officiel dans les registres de la paroisse est daté du 2 janvier 1819. Le centenaire, qui aurait dû être célébré Van dernier, a été forcément remis à cette année à cause des réparations considérables faites à l'église.

Il y aura fête religieuse et profane.

La partie religieuse consistera en une messe solennelle célébrée par un haut personnage ecclésiastique, ainsi que quelques autres cérémonies. Un des articles principaux de la fête profane consistera en un magnifique banquet servi aux invités et à la grande famille paroissiale. On travaille à faire de cet événement historique un véritable succès.

Une fête qui commémore une période de cent ans n'a rien de banal; elle évoquera des souvenirs bien profonds et bien lointains. C'est un spectacle qui ne se présente qu'une fois dans la vie d'une génération. Aussi, les citoyens de la paroisse et de toute la région sont anxieux d'assister à ces réjouissances publiques et solennelles. Beauharnois sera tout particulièrement heureux de revoir ses anciens paroissiens. Ce sera une belle circonstance pour revenir encore une fois revivre pendant quelques heures sous les frais et abondants ombrages de la ville, sise agréablement au bord du pittoresque et beau lac Saint- Louis.

L'histoire de Beauharnois paraîtra à l'époque des fêtes dans un magnifique volume orné de nombreuses photographies.

Centenaire de Beauharnois

Pour se procurer des billets pour le banquet, on peut d'adresser dès maintenant au comité général, ainsi que pour tout autre .renseignement"

Le Comité de publicité.

Le 6 mai, dans le Progrès de Valleyfield, et le 22 mai dans la Presse{l) de Montréal, le Comité publiait un résumé de l'histoire religieuse et civile de Beauharnois.

Le 22 mai, En pensant au centenaire, une jeune fille de Beauharnois disait aux lecteurs du Devoir, de Montréal, sur l'invitation du Comité de Publicité, ses impressions, à la veille des grandes fêtes du 15 juin. Elle méditait ainsi:

En pensant au Centenaire.

Le quinze juin prochain, sera fête à Saint- Clément de Beauharnois, le centenaire de fondation de cette coquette petite ville.

Œuvre due tout entière au courage et à la vaillance de pionniers qui n'ont jamais failli à la tâche! Beauharnois s'achemine sans heurts ni détours vers l'honneur et le progrès. A la suite de ses fondateurs, que notre souvenir auréole, elle a, à son actif, le dévouement de travailleurs inlassables qui ont recueilli de leurs pères, comme héritage sacré, l'énergie de l'effort, la force d'endurance, et surtout, la foi, le plus précieux des legs.

Qu'il y a loin de nos jours à ceux du bûclieron abattant les arbres de la forêt, de ses hardis défricheurs ouvrant le sol, construisant les premières habitations, plus tard jetant les fondements de manufactures de toutes sortes! Puis il ne faut pas oublier que les pères de nos pères étaient fervents catholiques et que, à côté de leurs modestes chaumières, ils aimaient à

( 1 ) Cet article de la Presse reproduisait presque textuellement detn articles publiés dans le même journal sur lo môme sujet, le 9 mai 1903 et le 18 janvier 1908; il ajoutait des notes nouvelles, résumé des notes de M. l'abbé J.-E. Gauthier.

voir pointer au bleu du ciel le grand doigt béni de la maison de Dieu. Le temple

d'alors Ah! ... si son âme revit avec

nos souvenirs et nos évocations, nous voulons qu'elle tressaille d'aise, qu'elle chante avec nous les louanges de Dieu.

Au début de toutes nos paroisses canadiennes, le prêtre nous apparaît le premier, pionnier entre les pionniers, car il est l'homme de la prière, l'homme aussi de l'action. . . . et à toute page d'histoire de fondation, il y a beaucoup de ses sueurs, un peu de son sang, tout son cœur. Que de travail, de patience, de lucidité de vues, de désintéressement d'action, il a fallu pour arriver aux résultats émerveillants dont nous sommes les heureux bénéficiaires!

Aujourd'hui, Beauharnois est des plus prospères et des plus visitées. Elle participe de la coquetterie fashionable de la ville, et de la salutaire villégiature de la campagne. Aussi, les touristes nombreux viennent-ils la visiter, jouir de son panorama, de ses grandes rues ombragées. Les magnifiques résidences qui s'alignent le long du canal de Beauharnois nous disent que leurs habitants y jouissent d'un repos et d'un air salubre que leur ont refusés les grands centres. Le Saint-Laurent ne ment pas plus ici qu'ailleurs, tout ce qu'il salue en s'enfuyant garde la fraîcheur de ses ondes et le parfum de ses poèmes.

Faut-il parler des édifices qui forment nos joyaux d'intérieur? Le couvent des Révérendes Sœurs Jésus-Marie, le collège dirigé par les Clercs Saint- Viateur, l'hospice confié aux Révérendes Sœurs de la Charité font notre orgueil, comme ils font notre joie par la bienfaisante et solide formation religieuse qu'ils impriment à notre jeunesse avide du beau et du bien; par le soulagement qu'ils donnent aux malheureux, aux pauvres, aux souffrants.

Préparation du Centenaire

Leur éloge n'est pas plus à faire que la récompense de leur dévouement n'est attendue ici-bas.

Au point de vue commercial, Beauharnois est le centre de l'activité; des manufactures déjà anciennes emploient un grand nombre d'ouvriers; leur agrandissement devenu nécessaire a nécessité aussi une augmentation de main-d'œuvre. Pendant la saison d'été, les fermes par delà les centres de la ville réclament les travailleurs des champs. Un bateau à vapeur fait le service régulier entre Montréal et Bauharnois, prouvant à sa façon que chez nous la vie est active et pourtant bien douce

Mais, . ... ce n'est peut-être pas encore l'heure de chanter les beautés de chez nous, de faire l'éloge des hommes éminents qui se sont succédé dans le travail d'avancement de notre ville, de dire le dévouement des Pasteurs, qui l'ont gardée jalousement dans le sentier du devoir.

Ma très humble plume, peu autorisée d'ailleurs, se pose silencieusement sur son écritoire, mais mon cœur s'apprête à palpiter, mes mains à applaudir, mes yeux à pleurer peutêtre au jour anniversaire du 15 juin, qui s'annonce plein de solennité, de pompe et d'allégresse.

Une jeune fille de Beauharnois.

Quelques jours plus tard, le comité publiait dans les journaux montréalais la note suivante:

Célébration d'un Centenaire à Saint-Clément de Beauharnois.

Beauharnois, 26. — Le 15 juin sera fêté, à Saint-Clément de Beauharnois, le centenaire de la fondation de cette coquette petite ville. Déjà, les différents comités sont à l'œuvre pour la préparation des fêtes qui auront lieu dans cette paroisse.

Monseigneur l'évêque du diocèse a bien voulu accepter l'invitation et fera le grand honneur de célébrer la messe solennelle d'action de grâces. Un des plus distingués et des plus éloquents prédicateurs du diocèse y donnera le sermon. La vieille coutume de la distribution du pain bénit sera ressuscitée à cette occasion.

Au banquet, outre Nos Seigneurs les évêques présents, d'autres personnages adresseront la parole. Plusieurs ministres de la Chambre de Québec assisteront à ces fêtes.

Un des plus importants restaurateurs de Montréal est chargé du magnifique banquet, qui sera servi sous la tente. Un contrat a été donné également à l'une des plus importantes maisons de Montréal pour le pavoisement et l'illumination générale de la ville.

Dans la soirée, un vrai régal oratoire sera servi en plein air sur la place publique, devant l'église. Plusieurs orateurs, tant ecclésiastiques que laïques, ont accepté de porter la parole. Pour clore la série des discours et autres manifestations, un abondant feu d'artifice sera lancé. Il y aura réception dans les communautés religieuses et promenades dans la ville illuminée.

Voilà les grandes lignes du programme de ces fêtes. Le reste sera connu d'ici quelques jours. Les anciens paroissiens et amis de Beauharnois sont tout particulièrement invités.

Seront admis au banquet, ceux qui se seront procuré des billets avant le premier juin.

"L'Histoire de Beauharnois", volume en préparation, paraîtra à l'époque des fêtes; on peut retenir des exemplaires en s'adressant au presbytère de Beauharnois.

"Beauharnois s'achemine sans heurts ni détours vers l'honneur et le progrès. A la suite de ses fondateurs, elle a, à son actif, le

Centenaire de Beauharnois

dévouement de travailleurs inlassables qui ont recueilli de leurs pères, comme héritage sacré, l'énergie de l'effort, la force d'endurance et surtout la foi, le plus précieux des legs."

Enfin, le 10 juin, le Progrès de Valleyfield, et presque simultanément les quotidiens de Montréal, faisaient connaître le programme officiel des Fêtes du Centenaire:

Le Progrès de Valleyfield, 10 juin 1920.

Programme officiel

des

Fêtes du Centenaire de Beauharnois.

Lundi après-midi, 14 juin.

A 5 heures: — Arrivée de Monseigneur l'Évêque de Valleyfield.

7]/2 heures: — Réception officielle dans l'église paroissiale restaurée. Paroles debienvenue, par le M. Chanoine T. Nepveu, curé de la paroisse. Adresse des paroissiens, par M. le maire de la ville, L.-C. Tassé, N.P. Réponse de Sa Grandeur Monseigneur J.-M.

Êmard. Bénédiction solennelle du T. S.

Sacrement.

8Y2 heures: — Réception au couvent des Révérendes Sceurs Jésus-Marie. Programme- — 1° Ouverture: "Le Centenaire", G. Eggeling; 2° Chœur: "Gloire à Dieu", musique de Meynne; 8° Dialogue de circonstance; 4° Adresse à Sa Grandeur Monseigneur J.- M. Êmard; 5° Le Chant du drapeau, musique de Vézina; 6° Finale: Carillon, Chaminade.

9Y<l heures: — Promenade à travers la ville illuminée.

Mardi 15 juin

9}/2 heures a.m.: — Messe solennelle pontificale. Sermon de circonstance.

12 heures (midi): — Grand banquet (sous la tente) — Orchestre.

Santés: — (Les principaux facteurs du progrès spirituel et matériel de la paroisse). — 1° N. S. P. le Pape; 2° S. M. le Roi; 3° Nos Êvëques; 4° Nos Hommes d'Etat; 5° Le Clergé paroissial; 6° Nos Lois; 7° L'éducation.

3 heures p.m.: — Réception à l'hospice Saint- Joseph des Révérendes Sœurs Grises.

Programme: — 1° Marche triomphale. — Piano: E.-T. Paul; 2° Joyeuse bienvenue. — Paroles de H. Moreau, musique de Chs Pourny; 3° Grande Cantate: "Reconnaissance"; 4° Dialogue: "En Récréation" ; Chant: "Sonnez cloches"; Chant: "Jeunes et vieux", paroles et musique du R. P. Paré, S.J.; 5° Opérette (en trois actes), musique de Aug. Thibault — 1er acte, Un beau rêve; 2e acte, Les anges, dignes inspirateurs des orphelins; 3e acte, Hommage au clergé; 6° Chant final: "Un congé", R. P. Paré, S.J.; 7° Quid Retribuam Domino.

7\^ heures p.m.: — Grande veillée patriotique (sur la place de l'église). Discours sur l'histoire de la paroisse. Perspectives d'avenir (6 ou 7 discours). Fanfare et autres spectacles.

10 heures p.m.: — Brillant feu d'artifice.

0 Canada!

Chaque jour, le Comité continua à faire connaître, par les journaux de Montréal, les fêtes du centenaire, et il s'assura les services de nouvellistes spéciaux pour la fête.

11 s'occupa aussi de faire répandre le volume-souvenir du centenaire par des annonces dans les journaux et par des circulaires qui furent distribuées au cours des fêtes.

Ces diverses publications, dues en grande part au Président du Comité de Presse, furent pour beaucoup dans le succès des fêtes du 14 et du 15 juin.

Préparation du Centenaire

Le Comité des Amusements, sous la présidence de M. l'abbé Octave Delisle, vicaire, s'occupa de préparer la grande tente du banquet(1) et le feu d'artifice, et de faire distribuer des boutons-souvenirs; il mena à très bonne fin ces trois objets. La disposition des tables sous la tente fut heureuse, le feu d'artifice eut un grand succès; et les boutons-souvenirs furent vendus en très grand nombre.

Le Comité avait songé à organiser des

jeux publics pour l'après-midi du 15; il y

renonça sagement, prévoyant que le temps

ferait défaut. Comme les autres comités,

celui des Amusements s'acquitta bien de sa

tâche.

Au Comité des Finances incombait la responsabilité de payer les dépenses des

fêtes du centenaire. Ce comité ne fit qu'un avec le Comité Général.

Et ainsi, par ces Comités, sous la haute et prudente direction de Monsieur le Curé, s'organisèrent les fêtes de notre centenaire paroissial.

A ces préparatifs officiels répondirent les préparatifs privés. Chaque famille tint à mettre à la disposition du Comité toutes les chambres disponibles pour la réception des hôtes. Chacun pavoisa sa demeure à qui mieux mieux. La fanfare prépara la procession du 14; le Chœur de chant, la réception du 14 et la messe solennelle du 15 juin. Lorsqu'on arriva au 14 juin, tout était prêt: Beauharnois attendait ses hôtes et ses enfants.

(1) Messieurs Jos. Laurin, Omer Laurin, T. Olivier, Is. Dagenais, Jos. Gendron, Jos. Lebœuf, et Monsieur le Maire Tassé s'occupèrent très activement, avec M. l'abbé Delisle, de ce travail.

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