‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 105 sur 338 · Ibid., II · texte numérisé non relu

Ibid., II

G. Voy. (iudin, IV, 453, où Beaumarchais amendait les déclarations de Figaro sur la liberté de la presse. Dans un autre document, sur lequel nous ne pouvons remettre la main, nous l'avons vu dicter en 1781 ses conditions à M. Swinton, successeur de Morande au Courrier de VEurope. Parmi ces clauses dont il envoie un double à M. de Vergennes , il en insère une, où M. Swinton s'engage à ne jamais calomnier, « et je vous jure qu'il s'y soumet avec joie *, ajoute-il. Les autres clauses sont à l'avenant; elles seraient curieuses à citer textuellement pour montrer comment Beaumarchais entendait le devoir du parfait journaliste. Nous ne désespérons pas de les retrouver. Vov. aussi ci-après, p. 130.

Gudin, à la veille du retour, et il proteste, et sa plume toujours alerte court des gazettes aux ministères. Il flaire de nouveau « ce petit fumet d'affaires » dont les politiques, dit Saint-Simon, ne se peuvent passer, et il essaye de remplir vis-à-vis des Directeurs et de ses amis au pouvoir ce rôle de conseiller officieux qui lui avait en somme si bien réussi près de Vergennes, de Haurepas et de Louis XVI.

Cette correspondance politique de la fin de sa vie montre que Deaumarchais était un partisan déterminé du nouveau régime restaurateur du c bon ordre», et se préoccupait très sérieusement des moyens de le faire vivre 1 , c'est-à-dire de le faire soutenir par ce parti des gens de bien, bonœ artes, à la force duquel Tacite mesure la durée des gouvernements.

Établissons ce point, et nous ferons tomber du même coup toutes les invectives qu'a values à l'auteur du Mariage de Figaro la prétendue contradiction entre ses satires de l'ancien régime et ses regrets quand il fut détruit.

D'abord, quand la Révolution le tiendra de force hors de la frontière, il ne se considérera pas comme étranger aux événements; il correspondra sans relâche avec ses amis restés à Paris, avec Gudin surtout, qui lui décrit assidûment Paris révolutionnaire sur le mode plaintif c d'Ovide chez les Barbares* *. Du fond de «son grenier d'Allemagne 3 », sa voix que la Terreur n'a pas rendue muette s'élèvera éloquemment en faveur des « Français prisonniers de Quiberon». Pourquoi Hoche ne l'imita-t-il pas? Peut-être eûl-on évité « la boucherie * *.

Dès sa rentrée, il est consulté officieusement par le directeur Rewbel, et il lui adresse une curieuse dissertation sur la politique étrangère, dont voici le début :

20 fructidor an IV. Citoyen directeur, quoique la théorie des connaissances générales de notre politique actuelle soit difficilement applicable par moi à votre nouveau traité avec l'Espagne, dont je ne connais pas les

1. ¥ citoyens! quels fruits de la liberté! Ce sauvageon amer a grand besoin d'être greffé sur de sages lois réprimantes. » Fin du Mémoire à la Commune, édit. Fournicr, 500.

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