‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 130 sur 338 · ii -çii cn^ik i'itot L&rp«aaê qu'on marsouin · texte numérisé non relu

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et cW'*s od fl éxak I^or Terre xauioîse : t les armes parlantes de Marin », par eienip!e r € etc., etc., quatre pages d'tf cœtera ». Telles sont, croyon^-nuos, les qualités dominantes de la langue des Mémoires; nous y voyons à admirer tous les genres de style et de ton, la fraicheur et la nouveauté des images et par-dessus tout cette clarté qui est « le Ternis des maîtres ».

Die est le fruit d'une admirable dialectique qui tient à son service toutes les formes de raisonnement et même qui les renouvelle. (Test ici que l'esprit géométrique et inventif du garçon horloger vient en aide au plaideur. L'éloge de La Harpe reconnaissant chez Beaumarchais la logique oratoire de Démosthène n'est pas exagéré. Les preuves sont à chaque page des Mémoires. Citons pour la véhémence torrentielle des arguments ou pour l'agilité et la ténacité du raisonnement les pages 228, 235,245, sqq. (édit. Fournier). Le premier article Marin (ift .,275)est peut-être le plus beau spécimen de la dialectique de Beaumarchais : c'est d'abord une charge accélérée, un galop d'arguments serrés, puis un rapide corps-à-corps, un pétillement nourri d'interrogations, des défis : « Dites... dites », et des cris de triomphe : c Encore un ennemi, encore quelques Mémoires, et je suis blanc comme la neige » (t'6., 275).

A la barre même du Parlement, il donne à ses juges des leçons de logique : « J'articulai vivement : Monsieur, la question n'est pas bien posée pour que je réponde oui ou non, etc. » (i*6., 308); c Je vous demande pardon, Monsieur, si j'observe que votre question, étrangère à la cause... etc.». C'est Figaro dans la scène de l'audience ; c'est la même verve batailleuse, poussant à bout les droits do la défense. Et les juges, tout en murmurant de e cette espèce do raideur», acceptent la leçon et passent sous le joug de cette dialectique puissante. Il nous fait admirer lui-même les réponses A deux tranchants 1 dont il étreint la c logomachie » de ses subtils adversaires. Tantôt il imite, et avec quelle verve! les inventions

I. t Yotci lo «coomt tranchant do ma rêpoiue. • £dit. Fournier, 252.

polémiques de Voltaire ; tantôt il en crée. Les quand et les car à c l'ami Pompignan » ont évidemment servi de modèle aux quand de la page 232 (édit. Fournier) : « Quand les visites réciproques, quand, etc.. »; aux si et aux pourquoi qui € jugulent» (ib. 9 252) Marin, cinq pages durant ; et enfin aux si de la première prière du quatrième Mémoire. Et, dans ce même Mémoire, n'y a-t-il pas un pastiche de la scène de Cinna et d'Auguste? « ,.. Et ce traître, c'est vous... Il voulut balbutier quelques justifications. — Ne m'interrompez pas, monsieur... Je le lais rasseoir » (t&., 322). Quelle plaisante invention que ce dénombrement des visites faites à son juge (ib. y 228), ou des contradictions de M mc Goezman (ib. y 244) 1 Il n'appartenait qu'à lui de mettre de l'esprit dans une addition. Quel comique dans ce procédé d'intercalation l qui, à l'aide de malicieuses parenthèses, lui permet de commenter ou de réfuter à son gré un document qu'on lui oppose et de hacher menu les raisonnements de l'adversaire. La brusquerie des répliques, les contrastes de ton qu'il se ménage ainsi, dans ces dialogues fictifs, sont un des plus fréquents attraits des Mémoires.

Qui a eu comme lui l'art de ponctuer une démonstration de ces résumés lumineux qui reportent si à propos l'esprit de l'auditeur en arrière, sans le lasser jamais, tant la forme de chacun d'eux est nouvelle et inattendue ! Les personnes, les lieux, les circonstances, sont, pour sa verve inépuisable, autant de stimulants et de bonnes fortunes; ici le résumé est une réfutation méthodique de ces atrocités auxquelles M me Goezman s'est avisée d'infliger ce numérotage qu'avaient jadis subi les prétendues impostures de Montalte; là il se produira à la faveur même de la comparution à la barre du Parlement; ailleurs il arrivera sous la forme de cette prière fameuse où l'auteur souhaite, d'un air contrit, tout ce qui vient de lui échoir. Que de logique, que d'esprit et que d'aisance ! A la verve, à la passion de la dialectique de Pascal, celle de Beaumarchais unit donc cette grâce aisée, cette ironie € véritablement fille des dialogues de Platon ' » qu'un illustre critique 3 regrettait

1. Voy. édit. Fournier, 207; 2G«J; 270; 277; 278; 300; 301; 305; 380, etc. — Une fois même il tire de ce procédé des effets pathétiques, quand il réfute la lettre de Clavijo. Voy. ici l'édit. Gudin, IU, 473.

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