‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 131 sur 338 · Le mot est de M M de Sévigné, 21 décembre · texte numérisé non relu

Le mot est de M M de Sévigné, 21 décembre

3. Sainte-Beuve, Port-Royal, III, 55. — 11 était plus difficile à satisfaire que M"* de Sévigné (lettre ci-dessus) et que Bossuet : « Divertissez la ville et la

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de ne pas trouver dans les Pï+rimcialts. Beaumarchais eu effet plait encore mieux qu'il ne prouve. Il plaît surtout en se mettant directement en scène, épreuve difficile! Pascal ne la tentera que poussé à boni, à la fin de ses Prormciala y s'ingéniant encore à couvrir ce moi qu'il croyait haïssable. Démosthène ne la risquera que harcelé par Eschine, et après avoir accumulé les excuses et les précautions f . Eh bien, grâce à la séduction de ses mœurs oratoires, par un véritable miracle de Fart, cet homme, à qui tous ses contemporains trouvaient un air c avantageux * >, gagne sans cesse i se montrer à nous dans ses Hémoires t sous toutes sortes d'aspects ».

Que d'habiles variations il exécute sur ses qualités incontestables de bon fils et de bon frère, tablant sur sa bonhomie, ou sur sa gaieté, de manière à mériter, sans plus ample informé, le mot de Voltaire : « Un homme sigai ne peut être de la famille de Locuste 3 »; nous montrant dans c sa philosophie » le secret de sa constante belle humeur; enfin nous alarmant sur le danger que les méchants font courir à de si belles qualités et à un si brave homme qui tient d'ailleurs à son honneur beaucoup plus qu'à son argent, et dont le courage est évident, c II intéresse parce qu'il est lui », comme disait Gudin *, qui nous prêchait d'exemple, et jamais c le personnage sympathique » au théâtre ou dans le roman ne fit désirer plus ardemment son triomphe. Nous ne savons qu'un écrivain qui ait su aussi adroitement capter les sympathies dans une cause suspecte : c'est Théophile. Ses Apologies, surtout la dernière 6 , par le mélange des tons, la clarté et la verve, annoncent parfois les Hémoires contre Goezman, autant que les Provinciales. Et encore entre-t-il beaucoup de pitié dans notre sympathie pour la victime du P. Garasse. Hais, en lisant Beaumarchais, nous ne craignons pas que notre équité soit la dupe de notre cœur. Quel lecteur de ses Hémoires ne

cour, faites admirer votre esprit et votre éloquence et ramenés les grâces des Provinciales. » Réponse à quatre lettres de M° r l'archevêque de Cambrai, Œuvres complètes, VIII, 337.

1. Cf. tout le début du Discouru pour la couronne avec ce simple défi de Beaumarchais à ses calomniateurs : c Montrez-vous donc une fois, ne fût-ce que pour me dire en face qu'il ne convient à nul homme de faire son apologie, etc... ■ Edit. Fournicr, 255.

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