Ibid
9. M. do Féletz, qui critique l'emploi de ce terme et récrit tiassoun (III, 328), en ignore évidemment la saveur provençale. Il signifie à peu près homme de rien, presque un polisson. — Beaumarchais fut en coquetterie réglée avec la muse félibréenne, témoin une copie autographe des couplets provençaux que traduit l'Estelle de Florian : t Cest mon ami, rendes-le mot, etc.. » Beaumarchais voulait-il écrire pour cette romance un air rival de celui qu'on attribue à Marie-Antoinette, et qui obtient actuellement un si vif succès aux vendredis classiques del'Êden? En serait-il l'auteur? On sait qu'il avait été souvent admis à l'honneur de faire de la musique avec Marie-Antoinette.
Nous retrouvons donc dans les Mémoires contre La Blache tout l'art qu'il avait jadis d'appeler le lecteur en tiers dans le débat, pour en faire le confident ému et convaincu de ses angoisses et de son bon droit. Après nous avoir porté à souhaiter que sa cause soit la meilleure, il nous montre qu'elle l'est en effet, et ses arguments sont c présentés du plus fort de sa plume * ». Il en a conscience ; c à mesure qu'on avance, le tableau se nettoie s », et cette clarté lumineuse est bien le triomphe habituel de sa dialectique, et il a raison de s'en applaudir.
Dans tout le procès La Blache éclatent donc encore, malgré la proportion croissante des défauts, les qualités maîtresses de l'adversaire de < Goezman et Compagnie », puisqu'on l'y voit maîtrisant les faits, et les tournant en preuves avec l'habileté scénique et la logique gaie, souple et pressante que nous lui connaissons déjà. Oui, croyons-en M* Ader, et redisons avec lui de tous ces Mémoires « qu'ils sont tellement propres au sieur de Beaumarchais qu'aucun autre que lui n'eût pu mettre dans un jour si lumineux 3 » les faits et les personnes, son bon droit et les ridicules de ses adversaires. Dans son œuvre polémique, ce groupe de factums occupe donc avec honneur la place qu'un critique de grande autorité 4 assigne, dans le théâtre de Corneille, aux tragédies qu'il appelle de second ordre. La décadence est visible, elle n'est pas choquante.
Elle l'est parfois dans les défenses contre Bergasse, et nous répétons volontiers à leur endroit avec le gazetier qui nous a déjà offert le pire écho des sentiments des contemporains : c On ne peut nier qu'il n'y ait des endroits ingénieux, mais déplacés 5 . » Il est vrai, Beaumarchais y varie trop peu ses procédés et son style ; il a, comme l'a fort bien observé en ce sens M. de Loménie, c des habitudes d'esprit ». Mais toutes n'étaient pas contraires au bien de sa cause. Ce n'est pas en vain, par exemple, qu'il fait appel à notre pitié, lorsqu'il nous montre autour de son foyer « le cercle de ses anciens amis... rétréci par l'infortune ». Ailleurs, sa fierté donne fort à propos la réplique à ce c fat enivré de son vin ». C'est surtout avec un véritable soulagement que nous l'entendons déclarer : « L'élé-