‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 14 sur 338 · M. Bettelheim, p. Cl · texte numérisé non relu

M. Bettelheim, p. Cl

dans Norac et Javolci, Maria faisait simplement an nœud d'épée pour son fiancé, au moment où elle apprend sa trahison. Mais peutêtre est-elle reprise de l'original, qui différait des deux pièces imprimées, puisque dans aucune d'elles on ne retrouve cet c adieu de Médée que vous m'y files faire par Clavico qu'on arrêtait J >. La justice distributive du dénouement de Norac et Javolci est plos émouvante que la tuerie postiche qui heurte le dénouement de Gœthe, et dont l'imitation sera un péché de jeunesse de M. Halévy '. Le caractère de Beaumarchais a d'ailleurs été si altéré par Gœthe, qu'il se dit avide de la chair et du sang de Clavijo. Nous n'admirerons donc pas sans réserve ce « miracle de la transfiguration ) dont M. Bettelheim 3 fait honneur à l'avocat de Francfort, et qu'il faut bien plutôt attribuer, poésie et vérité réunies, à l'adversaire de Goezman plaidant sa propre cause. ,

Citons en regard, et aussi à titre de témoignage contemporain, le portrait suivant de Beaumarchais par Marsollier :

M m * Mello. — ..... Mais parlons de M. de Beaumarchais, ce frère chéri de dona Maria, cet homme qui jouit en France d'une réputation fondée sur ses talents, son esprit, et surtout sur une énergie assez rare, et qui, m'a-t-on dit, en plus d'une circonstance, l'a fait résister à l'oppression, triompher de l'injustice et couvrir même de ridicule ceux qui avaient cherché à lui nuire ou à le calomnier injustement....

Germain. — On ne vous a pas trompée, c'est vraiment un homme très extraordinaire.

M mt Mello. — fit pourquoi n'est-il pas ici ?

Germain. — Je l'ignore; sa place près d'une grande princesse, ses occupations!... Je me suis cru obligé de lui écrire ce qui se passait, je n'ai point eu de réponse et voilà déjà plusieurs courriers....

(Voy. Beaumarchais à Madrid, acte I, se. i, et encore acte IV, se. v:)

Mer ville. — A merveille, mais que dira-t-on en France quand on y apprendra que ce Beaumarchais qui jusqu'à présent n'est connu que par son inaltérable gatté, son imperturbable philosophie, qui compose à k fois un air gracieux, un malin vaudeville, une comédie folle, un dravu touchant, qui brave les puissants, rit des sots et s'amuse aux dêpm de tout le monde....

Beaumarchais l'interrompant. — On dira que r amour des lettres, rf« plaisirs, n'exclut point une juste sensirilité dans tout ce qui regard* l'honneur. Oui, mon ami, il est bon défaire voir à certaines gens que le

1. Lettre de Beaumarchais, publiée par M. Bettelheim, p. 335.

S. Voy, Beaumarchais à Madrid, par M. Léon Halévv, drame, 1831.

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