I. M. h. Nimml, Littérature française, IV
*. C.l. h Compile de Molière, par M. Larroumet ; Molière, ch. v. — Gudin soulunil U mémo Uièno que M. JLarroumot (Œuvre* de Beaumarchais, VIII, 265).
s'écrie : « Tout bellement, ou nous ferons sonner le tocsin sur vous *. » Quant à la réplique de Dorante- : « Je viendrai saccager ce village-ci avec un régiment que j'achèterai exprès », elle donne plus à penser qu'à rire. Ne dirait-on pas la première journée de l'Alcade de Zalamea 8 ? Mais le lendemain n'est pas proche, et Regnard ne le désire pas.
On pourrait pourtant s'y tromper parfois. Avec quelle vigueur, par exemple, il continue contre les notaires et tous les gens de robe la guerre toujours ouverte depuis Pathelin ! On peut même remarquer que la sottise de Bri d'oison n'est pas aussi osée que la férocité du Trigaudin des Vendanges :
L'homme aux cochons, vous dis -je, est celui qu'il faut pendre 3 .
Mais d'autres tireront de là des conséquences, Regnard ne songe qu'à rire et à faire rire à tout prix.
Même insouciance chez Dufresny, qui s'échappe pourtant en d'étranges audaces. Son Lucas de la Coquette de village est fort impertinent pour « ce petit gentilhommiau », sous prétexte que € Noblesse s'acquiert aussi bien que Richesse 4 » . Ce petit-fils de Jacques Bonhomme pose une question bien impertinente :
Pour égaliser tout, faudrait-il pas morgoi
Que les aulr' à leur tour, labourissent pour moi 5 ?
Mais c'est surtout sur la scène des Italiens que Regnard et Dufresny montrent qu'ils étaient prêts à rire de tout, sans songer à se fâcher de rien 6 .
Pourtant dans cette première phase de la comédie satirique la place d'honneur appartient à Lesage. La satire des mœurs et des conditions prend dans Crispin rival de son maître et dans Turcaret une âpreté toute nouvelle, étrangère au « réalisme léger 7 » de Dancourt, aux picoteries spirituelles de Dufresny et à la gaieté imperturbable de Regnard.