LES PARADES DE BEAUMARCHAIS ORIGINES GAULOISES DE SON GÉNIE COMIQUE
La c scurrilité » de Beaumarchais. — II se met à l'école de GueulleUe et de Collé, et écrit le chef-d'œuvre des parades : Jean Bêle à la foire, inédit. — Métamorphoses du Barbier de Séville : la parade primitive rendue digne de la gravité des successeurs de Scaramouche; remarques et conjectures sur le Barbier de Séville, opéra-comique, d'après trois fragments inédits : emprunts les plus probables de l'auteur à divers.
Beaumarchais, a-t-on dit, est un prince de la scène 1 . Il est vrai, mais sur la scène du Théâtre-Français, comme sur celle du monde, il est un parvenu. Ses origines, ainsi que celles de Molière, sont bourgeoises, et les parades de l'un, ainsi que les farces de l'autre, sont, pour ainsi dire, les extraits de naissance de leur génie comique. De cette communauté de race, plus encore que de l'imitation, vient leur air de famille; et c'est pourquoi il nous semble que, dans la foule de ses cadets, l'auteur de V École des femmes et du Misanthrope eût d'abord distingué celui du Barbier de Séville et du Mariage de Figaro. Etudions donc chez notre auteur ce que Chapelain appelait dédaigneusement chez Molière la « scurrilité ».
Nous avons assez de documents pour la suivre depuis ses premières effronteries, presque clandestines, jusqu'à son avènement triomphal sur la scène de Molière. Pour noire excuse, nous rappellerons que, guidé par une curiosité critique qui atténue certaines sévérités de VArt poétique, Boileau regretta un jour la perte du Docteur amoureux*, et il avait raison. Les chefs-d'œuvre