‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 169 sur 338 · C*f. Théâtre des Boulevards, édit. d'Heylli · texte numérisé non relu

C*f. Théâtre des Boulevards, édit. d'Heylli

S. « Elle n'était, dit M. Kournier (édit. Beaumarchais, 703), que le décalque moini accentué d'une autre plus grosso : Léandre, marchand aTagnus, qui dans 1i* manuiurit delà Comédie-Française la précède, écrite tout entière de la main do Beaumarchais. » Il y a ici au moins une erreur: la plus grasse est Jean Bête, et nous no reconnaissons formellement la main de Beaumarchais que dans les correction* de* manuscrit* do Léandre, marchand dagnus. Le texte est d'une écriluro plus anguleuse. Le tout forme un cahier de trente-trois petites pages, en dix scènes qui sont, eu effet, un premier jet de Jean Béte, bourbeux (railleur», comme bien ou pense.

3. Voici leur liste, ki.lk kst concluante : Oui, ma fille* etc..., dans ta mùème année [Théâtre des Boulevards, éd. d'Heylli, t, 83), textuellement dans Jean Béte, I, Ut, édit. Kournier (M. Sanrhci prépare une autre édition des parades do Beaumarchais, dit-on); — Vépisode de la désertion de Léandre, imité dans Jean /Mi», on. cil., I, 3;M> ; — Quoi, etc.. d'église, textuel dans Jean Béte, 1,311. <y>. «i; - H semble, etc., * % à Manuelle, six lignes textuellement dans Jean Béte, I, 317; — les façons d'Isabelle avant de chanter sont calquées dans Jean Béte, I» 31W, o/>, cit.; — Rlle a lu, etc., trop lire, «'numération textuellement reproduit* par Beaumarchais dans Jean Béte, qui ajoute les Contes moram*, I, 341. op. oi, ; — Jl faut Que vous auei marrhé % etc., toute la tirade de Cille, dix lianes, est

médecin l et le Médecin malgré [lui sont encore chargés par lui dans une scène merveilleuse de verve et de bouffonnerie. Et comme il y met du sien ! Les morceaux de haute graisse de Rabelais, les priapées de Piron, les indécences des Italiens, les gravelures de Gueulletle et les grivoiseries de Collé, c le dernier des Gaulois », y sont éclipsés. Jamais depuis Aristophane on n'avait mis tant de gaieté dans l'indécence. Hàtons-nous d'ajouter que cette indécence est toute de mots, beaucoup moins calculée que celle de Collé, d'une nudité tout anlique, et que jamais l'esprit n'y est le complice des sens. Rien de Pétrone ou de Crébillon fils; mais une bouffonnerie toute gauloise qui se sauve par son énormité :

A qui Molière, ou je m'abuse, Molière même aurait souri *.

La Harpe et Geoffroy lui-même eussent perdu leur gravité à la lecture de Jean Béte, en répétant avec Horace :

Solventur risu tabulée, tu inissus abibis.

Nous préférons cette excuse à celle que la Gravelure proposait ironiquement à Collé, qui eut le tort de l'en croire sur le tard :

Sauvez le mot, vous sauvez tout....

Mon Dieu, je gagne davantage A présenter toujours l'image Et laisser deviner le mot 3 .

Chez Beaumarchais, la drôlerie du mot écarte l'obscénité de l'image. Et puis il a d'autres excuses : dans ces sortes de délits, les agents provocateurs sont les plus coupables, et l'on sait s'ils manquaient autour de Beaumarchais, c Elle était haute en couleurs, écrira-t-il, comme nous l'avons dit; les jolies femmes la soutenaient fort bien dans le demi-jour d'un salon peu éclairé, le soir, après

textuellement reproduite dans Jean Bète ; — Je monte derrière un fiacre, etc...., beaucoup, 1, 352, op. cit., et plusieurs autres plus courtes. — Nous ne citons pas in extenso, et pour cause.

1. II lui emprunte son Marcliand d'orviétan, la Consultation du susdit parodie celle de Sganarelle.— Le travesti d'Arlequin en ours au dénouement, comme celui d'Arlequin en monstre daus le Remède à la mode, op. cit., II, 151, est un lazzi italien. Cf. YOrseida des Gelosi (Molière et la Comédie itoiiennc.Moland, p. 61).

Page 1