‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 178 sur 338 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Suite de ses métamorphoses : étude de la pièce d'après un manuscrit inédit en cinq actes. — Comment et pourquoi le Barbier de Se vil le, écrit d'abord en quatre actes, fut étiré en cinq, puis remis en quatre. — Examen de U pièce sous sa forme définitive.

Le monologue du comte qui ouvre la pièce était d'abord entaché d'exagérations et de mauvais goût :

Mais quoi! suivre une femme à Séville, au bout du monde, à travers mille dangers.... Tous nos vallons sont pleins de myrtes, chacun peut en cueillir aisément, qui voudra s'y couronne : un seul croit au loin sur le pen chaut du roc. Seul il ine plaît, non qu'il soit plus beau, mais moins de gens l'atteignent.

Et, circonstance aggravante, tout cela était ajouté sur une feuille volante. Il était plus long que l'imprimé, il continuait la tirade sur Goddam qui s'y rattachait de la manière que M. de Loménie a décrite 1 , et qui est mieux amenée dans le Mariage de Figaro. La scène vm de l'acte II était la sixième de l'acte I, qu'elle surchargeait et compliquait. Après la tirade de la calomnie on lisait :

Bartholo. — Vous avez raison, mais tout cela n'a qu'un temps, Bazile, et la maudite vérité qui se fait jour.

Bazile. — La vérité, docteur! En ô les- vous donc à savoir que, pour fa multitude, la vérité n'est jamais ce qui est, mais ce qu'on a fart de lui persuader?

Hartholo. — Vraiment, oui. Mais cela n'est pas sans danger : on en revient, Bazile, et les auteurs du désordre ?

Bazile. — Où sont-ils, bonnes gens? La douce, la profitable phrase, je

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