‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 181 sur 338 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

Bahtholo. — Sans doute, signora, protégez-les contre moi ! Us ne sont pas assez insolents. Je voudrais bien savoir ce que ce barbier avait de si pressé à vous dire.

Rosine. — Faut-il parler sérieusement? 11 m'a rendu compte, etc.

1. Cf. Joconde, le Diable boiteux, ch. ni, Lucas dos Amours de Nanterrc, \t Puytan parvenu, Monsieur Nicolas et... les Faits diversf hélas!

La délicieuse scène entre Rosine, Bartholo et Almaviva, déguisé en militaire, était beaucoup plus chargée de calembours et de lazzi. Voici dans son entier le signalement dont une note de Beaumarchais dit que Bartholo le coupe à l'endroit qu'il lui platt. Il parait par l'imprimé qu'il déplaisait à la victime dès le troisième vers :

Le chef branlant, la tête chauve, Les yeux vairons, le regard fauve, L'air farouche d'un algonquin, La taille lourde et déjetée, L'épaule droite surmontée, Le teint grenu d'un maroquin, Le nez fait comme un baldaquin, ïjol jambe pote et circonflexe, Le ton bourru, la voix perplexe, Tous les appétits destructeurs, Enfin la perle des docteurs.

Il prodiguait ses calembours, comme un Léandre de la foire, appelant son rival le docteur Porc-à-Veau, Pot-à-Veau, etc., et chantant un couplet de plus qui est médiocre '. Bartholo mettait plus de brutalité à exiger la lettre du comte, et Rosine s'écriait : c Vous ne me frapperez pas, peut-être. — Je l'aurai de force ou de gré », répondait le barbon, qui agrémentait d'un lazzi assez plaisant la lecture du billet :

Bartholo (à part). — Dieux! (sic) la lettre! Lisons-la, sans qu'elle en soit instruite. Quelle rage a-t-on d'apprendre ce qu'on craint toujours de savoir *!

Rosine se remuant. — Infortunée.... Ah!

Bartholo lui tftte le pouls d'une main, de l'autre il tient la lettre par derrière le fauteuil et tâche de la lire. — Le pouls est pourtant assez égal. (A part.) Sans mes lunettes je n'y vois que du noir et du blanc... Les voici.

Rosine. — Àh ! pauvre Rosine !

Bartholo. — L'usage des odeurs.... (11 lit.)

Hosine. — Mourir victime d'un soupçon !

Bartholo. — Produit ces affections spasmodiques, etc....

Le troisième acte avait été coupé en deux ; nous dirons plus tard pourquoi. Jusqu'à la scène iv, il n'y a à relever qu'une apostrophe d' Almaviva à son cœur, du plus pur gongorisme :

1. Il est reproduit dans le Théâtre de MM. d'Heylli et Marcscot, variante 68.

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