Voy. Beaumarchaii et son temps, I, 460, sqq
Une autre étude plus détaillée et qui excéderait les bornes de ce travail, montrerait l'auteur faisant rentrer dans les actes restés au théâtre tout ce qu'il a pu reprendre dans c l'acte au portefeuille * ».
Mais il importe d'observer ici que le premier texte du Barbier de Séville n'est pas beaucoup moins gai que l'imprimé. Et même, fait remarquable, Beaumarchais n'attendit pas pour blâmer la justice de son temps d'avoir été blâmé par elle. La réplique caractéristique de Figaro * au mot sur les vingt-quatre heures qu'on a au Palais pour maudire ses juges, est antérieure de six mois à la publication du premier Mémoire contre Goezman 3 . Il en est de même de ce passage qui annonce déjà les audaces du Mariage :
La Jeunesse. — Y a-t-il de la justice * !
Bartholo. — De la justice? C'est bon entre vous autres, misérables, la justice. Je suis votre maître, moi, pour avoir toujours raison.
Il reste à se demander pourquoi Beaumarchais, ayant conçu sa pièce en quatre actes, l'étira en cinq. On en peut donner deux raisons.
c II me suffit, dit Beaumarchais, en faisant mes cinq actes, d'avoir montré mon respect pour Aristote, Horace, Aubignac et les modernes, et d'avoir mis ainsi l'honneur de la règle à couvert 5 . » Peut-être ne plaisante-t-il pas ici autant qu'il en a l'air. C'était une grosse entreprise que de passer du théâtre des chansons à celui de Molière, et Beaumarchais n'était pas homme à négliger