Voy. p
2. « Aux acteurs de l'Opéra assemblés, ce 3 avril 1793. a Beaumarchais réunit le troisième et le quatrième acte au prix de quelques coupures qui rapprochaient les morceaux de chant. La musique de Mozart valait bien ce léger sacrifice.
3. Voy. Appendice, n° 38, la durée du spectacle notée par Beaumarchais, minute par minute.
4. c Souvent il m'avait dit que les deux derniers actes étaient inférieurs aux trois premiers... , mais après les scènes énergiques du deuxième et du troisième acte, si l'auteur eût voulu augmenter la force de la situation, il se fût trop rapproché du drame. Il fallait donc revenir au comique, et entraîner les esprit» par la gaieté.... » Gudin, Vil, 254. Il nous semble que Beaumarchais y a pleinement réussi.
*£ BEAUMARCHAIS : PARTIE CRfTlQCE.
Peut-on considérer de près maintenant les acteurs de celle étrange pièce? Ne s'effacent-ils pas derrière l'intérêt historique de cette satire qu'eût applaudie le public d'Aristophane ? Écartons-le pourtant. C'est d'abord Chérubin qui nous attirera par la séduction, et, quoi qu'on en ait dit, par la nouveauté de son rôle ; il n'emprunte guère que son nom au bachelier de Salamanque ' ; mais, proche parent du petit Jehan de Saintré, du chevalier de Luzel de Marmontel, de son Lindor dans le Scrupule, et surtout du Lindor de Rochon de Chabannes, moins naïf que le premier, n'osant pas oser aussi vite que les autres, il occupe, par son âge et son caractère, dans la galerie des personnages de théâtre, une place qui était à prendre, entre la rouerie précoce du Petit Chevalier de Baron* et la passion adulte et intrigante des Val ères. On sait s'il a fait souche; quelle lignée de Faublas* à Bébé!
Quant à sa marraine, elle est moins novice, et elle a certainement entendu M"* Lisban marivauder avec Marton sur la nature de l'intérêt que Lindor éveille en elle.
Oui, pour me réjouir il sera toujours bon ; Mais pour m 'intéresser, es-tu folle, Marton,
De penser
1. Noter cependant que le Chérubin espagnol, ce frère de Gil Rlas, offre au début quelques lointaines analogies avec son homonyme français. Malgré le fonds de morale et de vertu qu'il s'est fait à l'Université, il en a les ardeurs sensuelles : c Je ne sentais déjà que trop que j'avais reçu de la nature un tempérament contre lequel ma vertu aurait bien à lutter. » Il a son goût pour les soubrettes, sans se refuser aux avances des nobles dames, et Chérubin quittant le château d'Aguas-Frescas, c la plume en berne », comme dit si joliment M. de Lescurc, se console sans doute in petto en se répétant avec le chevalier évincé de la maison du contador : « Je me trompe peut-être quand je pense qu'elle (la dame Portia) avait quelque goût pour moi. Néanmoins, je ne pus m'oinpéchcr de le croire. »