‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 203 sur 338 · Cf. la Coquette et la Fausse Prude · texte numérisé non relu

Cf. la Coquette et la Fausse Prude

3. L'imitation du caractère de Chérubin par Louvet est sensible à chaque page de sa première partie, et d'autant plus agréable. Avec combien plus de sécurité, d'ailleurs, peut-on répéter ici ce qui a été dit si finement de Faublas: « Est-ce là le vice contagieux, le vice songeur et troublant? Non. C'est la jeunesse qui rit, c'est la gaieté et la franchise d'amours saines, jamais équivoques, en dépit du travestissement féminin du héros : c'est la fougue avouable de la dix-huitième année. Ces tableaux gracieux amusent l'imagination sans trop l'égarer. » Let Orateurs de la Législative et de la Constituante, II, p. 2, par M. Aulard.

4. Heureusement, comédie en un acte en vers, par M. Rochon de Chabannes, représentée pour la première fois par les comédiens ordinaires du roi, le 2à novembre 1762. Jorry, 1762, scène i, p. 8.

c Un enfant 1 ? » dira la comtesse; et Suzanne, comme Marlon, froissée en scène par « ce jeune adepte de la nature », aura ses raisons toutes fraîches pour protester contre l'innocence captieuse du terme. Mais les ressemblances s'arrêtent là, et il n'y a pas de quoi crier au plagiat et se fâcher, comme fit Rochon, qui eût dû se tenir pour très honoré. Qui lirait Heureusement si Beaumarchais lui-même ne nous y invitait'? La comtesse Almaviva n'a pas l'excuse du veuvage, comme la Dame des Belles Cousines. D'ailleurs elle n'en aurait pas besoin; elle aime encore son mari, Rosine! et la brusque rentrée du volage époux ne fait pas monter aux lèvres des spectateurs l'impertinent adverbe : « Heureusement ! > que Rochon avait pris pour titre de sa comédie. Et puis, la légèreté de ce mari n'est pas tout à fait inexcusable. Hélas! que de mauvais exemples il trouvait chez ses pairs! Beaumarchais les a vus de près, et Gudin aussi 3 , spirituels, mais oisifs, honorés, mais ennuyés, et, partant, libertins et hais, et il les a punis, comme Molière punissait leurs aines, en les peignant « d'après nature ». Fidèle, du reste, à « toutes les vraisemblances », il a eu « le respect généreux de ne lui prêter aucun des vices du peuple » ; les siens, tout décrassés qu'ils fussent, suffisaient à motiver la leçon.

Elle était d'abord beaucoup plus audacieuse 4 :

Le comte. — Pédrille, empare-toi de cette place; (À ua autre) toi veille à celle de l'autre côté. (Le laquais y va.)

Figuaro (d'un ton glacé). — Moi aussi, Pédrille, je t'en prie.

Bazile (bas à Figuaro). — Tu Tas surpris avec Suzanne ?

Le comte. — El vous tous mes vassaux, entourez-moi cet homme et m'en répondez sur la vie. (On l'entoure.)

Bazile. — Ha! ha!

Figuaro. — Comme il vous plaira, mes amis, ce qui m'arrive me touche trop peu, pour qu'on doive enchaîner ma liberté.

Le comte (furieux). — Rcpondez-in'en !

Bazile. — Vous voyez qu'il entend raison.

t. Cf. scène iv, p. 19, dans Heureusement, et acte II, scène xvi dans le Mariage île Figaro. 11 est vrai que la comtesse dit, acte II, scène Hf : « Mon Dieu, Suzon, comme je suis faite, ce jeune homme qui va venir, a

t. Préface du Mariage.

3. Cf. Gudin, VII, Îi9. — Voy. Appendice, n° 8, la ressemblance curieuse «FÀlmaviva, dans le Mariage surtout, avec le premier crayon du marquis de Itoseinpré... « portant à l'excès tous les travers des gens de qualité, plein d'honneur avec les hommes, scélérat avec les femmes, etc., un Alcîbiade ».

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