Ta ton ta tou ta ton té
nous l'en croyons sur parole, et surtout quand il ajoute : c Et je suis un peu musicien ». Que n'était-il né poète! c Les vers, a dit Vftltaire, furent toujours les premiers enfants du génie, et les premiers maîtres d'éloquence : Platon et Cicéron commencèrent par faire des vers; » oui, mais l'un d'eux n'a pas continué, et l'autre, pour avoir été moins prudent, s'est rendu quelque peu ridicule. Nous craignons beaucoup que tel ne soit parfois le sort du poète de Tarare, et que certain couplet, cruellement retenu par Palissot 1 , ne reste comme un monument de son prosaïsme, à côté du vers de Cicéron, immortalisé par Juvénal. C'est qu'en effet
Apollon de son feu lui fut toujours avare.
Il lui en donna juste assez, comme nous verrons, pour être un coupletier passable, et encore à force d'esprit, de satire, de bonne humeur et... de licence. Il est même remarquable qu'il ne rencontre presque plus en vers ces images neuves, hardies et si souvent heureuses qui scintillent dans sa prose la plus courante. Étant si peu c propre au métier de poésie », comme dit Malherbe, écrire un poème d'opéra, le genre qui exige le plus de facilité poétique et où le seul Quinault a réussi, quelle présomption! Elle serait comique si le c mauvais poète et le hardi musicien * », qui étaient en Beaumarchais comme en Figaro, ne s'excusaient pas l'un l'autre, en y joignant l'auteur dramatique.
Il ctnit redevable de quelques emprunts à l'auteur de Fleur d'épine et surtout au Cabinet des fées. On crut lui jouer « un tour sanglant » en divulguant ces prétendus plagiats; énumérons- Ies 3 . On lit dans le conte d'Hamilton : « Que diriez-vous si elle vous informait de ce qui s'est passé dans votre conseil? — Tarare ! dit le sultan. — C'est justement cela, poursuivit Dinarzade, » et ailleurs : t Et pourquoi vous appelez- vous Tarare? — Parce que ce n'est pas mon nom...; » et encore : « Tarare, répondit l'autre. — Tarare ! dit le calife. — Tarare! dit le sénéchal avec tout le conseil, et Tarare ! enfin, crièrent tous les galopins qui jouaient dans la cour