‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 208 sur 338 · Cf. le Cabinet des Fées, trentième vol. Amsterdam, t · texte numérisé non relu

Cf. le Cabinet des Fées, trentième vol. Amsterdam, t

l'intérêt de l'intrigue était aussi original qu'attachant. On y rencontrait en plusieurs endroits « l'éloquence des situations » ; Fauteur dramatique était donc quitte envers ses modèles. Il est vrai que l'originalité confine à la bizarrerie dans la peinture du héros principal, mais il y a un pathétique très neuf dans la scène où la férocité ennuyée et cruelle du despote torture l'amour du brave Tarare ; l'acte du harem, voluptueux et sanglant, donne l'idée, au style près, d'une copie de Bajazet exécutée par Favart ou Crébillon fils; enfin la mutinerie du cinquième acte n'est pas vulgaire, mérite rare suivant La Bruyère.

Nous ne pousserons pas plus loin cette critique d'un livret d'opéra. La préface de Tarare ne démontre-t-elle pas que séparer le poète du musicien, c'est les trahir l'un et l'autre? Rapprochons-les.

Nous avons exposé dans notre première partie l'histoire des opinions musicales de Beaumarchais, et comment il fut conduit à écrire Tarare et sa préface. Le moment est venu d'examiner « sa doctrine sur l'opéra 4 >.Ici nous nous récuserions volontiers, si le danger de se tromper tout à fait était plus grand ; mais la matière est de celles où les opinions les plus contradictoires ont été prônées par des autorités considérables. Depuis un siècle, Mozart, Grélry, Ad. Adam, y donnent la réplique à Gluck, à Berlioz et à Wagner, et nous ne voyons pas que plus récemment MM. Spencer et Levéque soient tombés d'accord avec MM. Hanslick et Beauquier *. Cela nous met à l'aise, avouons-le, pour analyser les opinions de notre auteur, qui, lui du moins, eut un mérite fort rare dans l'espèce, celui de la clarté.

Aussi bien il ne s'agit pas c de la musique en elle-même », mais de c l'action de la poésie sur la musique et de la réaction de celle-ci sur la poésie au théâtre 3 ».

Revenons d'abord à cette préface du Barbier de Séville* que l'au-

1. Voyez ci-dessus, p. 101. c Voilà ma doctrine sur Topera », fin de la préface de Tarare ; alias • mon système d'opéra », ibid.

2. M. Ch. Beauquier, la Musique et le Drame. — M. Hanslick, Du beau dans la musique, chez Fischbacher.

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