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Après cette entrée en matière où Beaumarchais ne se piquait que d'avoir signalé la cause de l'ennui qui, dans « la maison d'Àmphion et de sa race » est d'aussi vieille date que le spectacle luimême, il entamait c sa poétique à l'usage de l'opéra * >.
Que devront être le sujet, les mœurs, les caractères, l'intrigue et le style dans ce poème que la musique doit illustrer, pour ainsi dire? Dès les premiers mots, il se déclare contre l'opéra sérieux: € Souvenez-vous d'abord qu'un opéra n'est point une tragédie, qu'il n'est point une comédie; qu'il participe de chacune, et peut embrasser tous les genres. » Ce qu'il prône, c'est donc c le drame chanté >, « le mélodrame », comme il disait dans la préface du Barbier, ou, pour employer le terme plus exact qui a cours en Italie, l'opéra di mezzo stilo, dans lequel rentre en effet Tarare. Remarquons tout de suite que ce genre comprendra toute une lignée de chefs-d'œuvre : Freyschutz, le Comte Ory, Faust, et surtout, la merveille de la musique dramatique, Don Juan*. L'expérience semble donc avoir confirmé sur ce point l'opinion de Beaumarchais.
Quand il répète : c La première éloquence au théâtre est celle des situations 3 », il nous semble que les partisans de la mélodie absolue ou de la mélodie infinie doivent s'incliner devant cette vérité, qui n'est d'ailleurs que le corollaire de cette autre : c La musique est un invincible obstacle au développement des caractères. » Sur les tons contrastés qui font « qu'un acte repose de l'autre », Beaumarchais aura plus certainement encore pour lui la majorité des musiciens 4 , qui sont avant tout désireux de faire résonner toute la lyre.