Gudin, VII
3. • Leurs vieilles lois pénales si absurdes contre les femmes... » variante d<* la Mère coupable; cf. édit. d'Heylli et Marescot, IV, 368. — « Toutes ses pièces, môme son opéra, sont des plaidoyers en faveur des femmes. » Gudin. VII, 307.
diment le doigt entre l'arbre el l'écorce. N'oublions pas surtout qu'il était le protecteur-né de cinq sœurs '. De là un sentiment chevaleresque à l'égard du sexe faible qui se démentira une fois, il est vrai, en face de M"* Goezman, mais qui persiste dans son théâtre. Ne le retrouvons-nous pas jusque dans la Folle Journée, dans ce plaidoyer de la victime de Bartholo pour ses compagnons d'infortune où il voyait le nerf du troisième acte 2 ? Il reprit dans la Mère coupable son thème favori. On a vu d'ailleurs quelles circonstances extérieures en assombrirent le ton. Il en est d'autres plus littéraires.
c Je crois, disait Diderot, qu'on pourrait faire un Misanthrope nouveau tous les cinquante ans 3 . » Beaumarchais pensa de même du Tartuffe*. La morale philosophique prétendait remplacer dans les âmes la dévotion du siècle passé; il conçut donc un Tartuffe de morale qui prouverait en action qu'il est avec la philosophie, comme avec le ciel, des accommodements. L'idée était bonne, mais que vaut l'exécution? Ce n'est pas la hardiesse qui y fit défaut.
Beaumarchais entreprit de faire le nouveau Tartuffe en alliant Diderot à Molière. Le premier manuscrit de sa pièce est intitulé : Drame intrigué. Cette épithète s'explique par l'endroit de la préface qui annonce t une intrigue de comédie fondue dans le pathétique d'un drame », et bien mieux encore par ce passage d'une lettre inédite à un censeur pointilleux :
Ah ! je suis bien coupable ou plutôt bien inepte, si toutes les absurdités qui vous ont frappé dans l'ouvrage y existent ! car je me suis donné comme la plus grande tâche dramatique à remplir, ce double plan que j'ai lié par l'intrigue et par l'intérêt...; car je n'ai point voulu, Monsieur, faire une
1. Voy., par exemple, sa lettre à Miron, ci-dessus, p. 23, pour la haule conscience qu'il avait de ce devoir, au lendemain de l'affaire Clavijo.
2. fcdit. d'Hcylli et Marcscot, préface du Mariage, III, 19. — Sedaine, dans la lettre que nous publions plus haut, p. 83, le félicite d'avoir « élevé le ton de Marceline »; les comédiens et le public le trouvèrent guindé. Voy. la coupure qu'ils imposèrent : préface du Mariage.