Mariage de Figaro, III, xvm. C/eit un mot «l'Antonio
US BEirMAItClAlS : PARTIE CRITIQCE.
sur les fruits d'un ancien amour que la rigoureuse durelë des co* venantes sociales, on plutôt leurs abus, laissent souvent sus appui ' >. 11 vaudrait mieux sans doute commencer par leur donner celui des lois, mais enfin le monde n'est pas parfait et c celui qui se repent de bonne foi est plus loin du mal que celui qui ne le connut jamais * ». Il n'y a que deux mères dans le théâtre de Beaumarchais : elles sont plus sensibles encore que les pères, comme de juste ; adorent leurs enfants, et sont, à l'occasion, leurs tendres confidentes. Il a mis en scène une épouse coupable, mais il Ta prise dans le grand monde, a pallié sa faute et a fait plaider poar elle l'inconstance de l'époux et la tendresse de la mère. Les enfants sont aimants et respectueux, même dans l'ardeur des passions. Quelle honnête maison que celle des Deux amis! On y est sensible et philosophe, laborieux et enjoué. Tel était l'intérieur de la famille Caron 3 , tels sans doute pour la plupart ceux de cette bourgeoisie dont on vient de nous retracer l'histoire *. Par la fermeté de ses
vertus domestiques et par les miracles de son épargne, elle apparaît aux grands comme une censure, aux petits comme une espérance, digne enfin d'exercer ce pouvoir qui échappe à une royauté débile dont elle est déjà, pour les esprits clairvoyants, l'héritière présomptive.
Ainsi constituée et quelque peu idéalisée, la famille résiste à l'assaut des passions, des vices et des intérêts que Beaumarchais met en scène. Il est vrai que l'amour n'y est jamais assez fort poar être tragique.
Les peintures les plus heureuses, et hélas ! les plus vraies qu'il on ait faites, sont imprégnées de sensualité. Ingénus ou passionnés, heureux ou rebutés, ses amoureux sont tous, à divers degrés, des « adeptes de la nature 5 », et par là bien de leur temps 6 . ChérubiB aime toutes les femmes, ou plutôt la femme; Almaviva ne s'attache d'abord à Rosine puis à Suzanne, que par le mérite de la difficulté à vraincre; il en est détaché par la même humeur qui promène Fin-
I. Préface du Mariage, ï. Eugénie, acte V, se. ix, le B.tron.
3. Cf. ci-dessus, première partie, ch. ï et n et passim. \. Voy. La Bourgeoisie d'autrefois, par M. Babeau, p. 33 1, et La Bourgeoisie française, 1783-1848, par M. Bardoux, Introduction, c. I, II, III et Conclusion, p. i*0. 5. Voy. édit. f.udin, II, 2i.