Préface d'Eugénie, I, 25, ibid
7. Diderot, Poétique, VU. 316, 321, 408, édit. Assézat. Quand Napoléon P r disait à Millier : a Votre théâtre est une histoire, le nôtre est une crise », il se souvenait du mot de Diderot à M™ Riccoboni (Œuvres de Diderot), VU, 401 :« Ajoutez à cela qu'un sujet ne peut être mis en scène qu'au moment de la crise ».
8. Voy. préface d'Eugénie, I, 43, édit. d'Heylli et Marescot. — C'est un des conseils que M. Sarcey aime à donner le plus souvent aux auteurs, en s'autorisant de l'exemple de Scribe.
9. Cf. Théâtre, I, 41 ; IV, 200, et Diderot, De la poésie dramatique, ch. xi, Dr rintérét.
sujet. « Le principe certain dé l'art étant qu'il n'y a ni moralité ni
intérêt au théâtre sans un secret rapport du sujet dramatique
à nous ' » , plus ce rapport sera direct, plus le retour sur nous-
méme sera certain et la moralité impérieuse. Or le drame est le
tableau Cdèle des actions des hommes *, il permet de peindre
« l'homme vivant en société, son état, ses passions, ses vices, ses
vertus, ses fautes et ses malheurs avec la vérité frappante que
l'exagération même, qui fait briller les autres genres, ne permet pas
toujours de rendre aussi fidèlement 3 » ; il est donc « de l'essence du
genre sérieux d'offrir un intérêt plus pressant, une moralité plus
directe que la tragédie héroïque et plus profonde que la comédie
plaisante, toutes choses égales d'ailleurs 4 » .
Il ne faut pas croire cependant que le genre « dramique » condamne ceux qui s'y livrent au sérieux continu; le vis comica est du domaine du drame 5 , qui peut être sérieux ou comique, voire même larmoyant 6 .
L'auteur n'a qu'un devoir : « corriger les hommes en les faisant voir tels qu'ils sont..., soit qu'il moralise en riant, soit qu'il pleure en moralisant, Heraclite ou Démocrite 7 .... » Libre « de rire aux éclats ou de pleurer aux sanglots », il ne doit éviter que « le milieu qui est l'ennui 8 ».
Si d'ailleurs la peinture des hommes tels qu'ils sont est crue, tant pis pour qui rougit « Ce n'est ni le vice ni les incidents qu'il amène qui font l'indécence théâtrale, mais le défaut de leçon et de moralité. » On n'est pas tenu « de composer en auteur qui sort du collège, de toujours faire rire des enfants, sans jamais rien dire à des hommes, on doit seulement s'interdire la satire personnelle 9 ». Quant à trouver le style qu'il faut donner aux personnages, c'est la moindre des difficultés, pourvu qu'on se garde bien de « cala-