‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 246 sur 338 · Préface de sa traduction des Bacchis · texte numérisé non relu

Préface de sa traduction des Bacchis

suspecte, il n'a garde de proposer après lui 4 l'emploi de ces scènes flasques qu'il faudrait presque abandonner à l'acteur < qui les ponctuerait de cris, de mots inarticulés, de quelques monosyllabes qui s'échappent par intervalles, de je ne sais quel murmure dans la gorge entre les dents... », voire même de mots à Vimprovisade comme dans la comédie italienne. Rien n'est laissé au hasard dans ce dialogue t dont la facilité nous cache le travail * *. S'il s'insurge enfin contre les règles derrière lesquelles se retranchent « les barbares 3 , les classiques» qui refusent « de prêter le collet aux raisonneurs en rase campagne », il les respecte en pratique, et il est remarquable qu'aucune de ses pièces ne s'est affranchie de l'unité de temps et ne violente trop celle de lieu *. Tant il est vrai, comme disait Molière, que le bon sens retrouve aisément tous les jours les règles qu'il a faites. C'est ici le cas de remarquer combien les plus fougueux novateurs mettront de temps en France à s'insurger, même en théorie, contre ces trois règles que promulguait déjà Jean de la Taille en 1572 5 . Diderot, en effet, semble vouloir les trois unités jusque dans l'opéra *. Il y ajoute même et avec beaucoup de goût, en homme qui savait lire 7 , l'unité d'accent 8 . Lessing, il est vrai, abrogera purement et simplement les deux unités de temps et de lieu. Hais Mercier, qui l'eût cru? se déclare pour elles : « Il faudrait, dit-il 9 , que les Allemands fussent rigides sur les règles théâtrales,

1. Cf. Diderot, Deuxième Entretien, VU, 105, sqq. — Lessing corrige à peim ici le paradoxe de Diderot et accorde comme lui une place exagérée à la pantomime.

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