‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 262 sur 338 · VA. Eugénie, acte IV, se. m · texte numérisé non relu

VA. Eugénie, acte IV, se. m

surtout dans les caractères sont donc évidentes. Elles ne proviennent pas d'ailleurs exclusivement du conte qui a fourni le sujet, puisqu'elles sont à peu près absentes des autres comédies et opérascomiques qui en furent aussi tirés. Mais l'intervention du père a fait tourner le drame en pastorale : c'est Eugénie au village.

Cette saynète de Beaumarchais l'emporte donc sur les autres imitations dramatiques du conte de Marmontel, par la naïveté des sentiments, la délicatesse de leur analyse et la simplicité de la coupe, sans être d'ailleurs rien de plus qu'une pastorale bien fanée.

Nous avons là probablement un de ces premiers essais où il dépensait sa verve naissante, pour le plus grand plaisir des sociétés particulières qui applaudissaient indifféremment et le même jour une pastorale sentimentale, une parade effrontée, voire même un drame.

Voici, en effet, un étrange dialogue, jeté par Beaumarchais sur des feuilles volantes, après la lecture de certain conte de Boccace, entre une esquisse du compliment qui précédait dans les salons la lecture du Mariage et une exaltation sur Caton. On verra que la situation qu'il développe n'eût pas été facilement acceptée du grand public. Un mari outragé enferme les coupables et, « joignant la prudence au ressentiment » , court demander vengeance à la femme de son rival. La donnée est jusqu'ici assez plaisante, et il semble qu'il n'y ait plus qu'à appeler avec Vadé le notaire des Troqueurs de La Fontaine. Point du tout, Beaumarchais prend la chose très gravement, et un long dialogue' s'engage sur la légitimité de cette vengeance.

Nous le reproduisons plus loin * comme une nouvelle preuve de l'humorisme de notre auteur.

On ne contestera pas à cette casuistique le mérite de l'audace et de la subtilité ; mais en tirer un drame! c'est une autre affaire: Beaumarchais y a renoncé ; un plus hardi le fasse.

Il s'offre enfin à nous dans ce rôle de correcteur, qui lui fut imposé par sa célébrité et qu'il accepta avec désinvolture, [comme tous les autres. Il est assez piquant de voir notre auteur, qu'on a tant accusé de plagiat, prêter son esprit à autrui *.

Icll écoutait volontiers ceux qui le consultaient. Plus d'un auteur lui a tlu

Il s'agit d'une comédie eu cinq actes, en vers. Elle est retouchée de sa main, et a pour titre : V Avare fastueux. Voici le sujel exposé par les personnages eux-mêmes :

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