Voy. édit. Gudin, V, 74 ; édit. Fournier
5. Régnier, Satire II], 213, sqq. — • Cf. Descartes (Discours sur la Méthode, première partie), se mettant h lire dans « le grand livre du monde ».
ambitieux; maïs, s'il a fait preuve de capacité dans tous les postes où la fortune et son adresse l'ont placé, il n'est pas si coupable. La pantalonnade de Vienne, réduite à ses vraies proportions, ne saurait prévaloir contré la grandeur et l'audace de son rôle dans la guerre d'Amérique, et contre les mérites de sa correspondance politique avec les ministres de la monarchie et de la république. Enfin, si les ptojets de ce parvenu, de ce suspect, ont eu une fois au moins l'honneur de triompher dans les conseils royaux, il fallait bien qu'il n'eût d'autre talisman que son habileté ; car il n'a jamais rampé pour monter, et son sans-gêne avec les grands lui a valu assez d'injures 1 pour qu'on ne lui en dérobe pas le mérite.
Si, d'autre part, il a marché trop bruyamment au succès, si son carrosse a éclaboussé trop de Baculards* sur sa route, s'il a eu le tort grave de rédiger « ses faibles écrits » sur un bureau de 30000 francs 3 , c'est que, comme le mondain de son maître Voltaire, il
1. « Je prends la liberté de vous observer, Monseigneur, que j'ai été scandalisé avec tout le public de Paris, de ce que l'horloger Caron, écrivant d'office à un Ministre, Secrétaire d'État du Roi, le qualifie simplement de M. le comte de Vergcnnes, tandis que tant de gens de naissance, tandis que moi votre compatriote, ancien Chevalier de Saint-Louis, Ministre plénipotentiaire de France, Ministre* et agent secret de Louis XV, depuis 1756 jusqu'à sa mort, ami depuis trente ans du feu Marquis de Chavigny, votre très honoré oncle, vous doivent par votre place, ainsi qu'à tous les autres Ministres, Secrétaires d'État du Roi, le titre de Monseigneur. Votre modestie à cet égard est un titre à l'arrogance de Pierre- Augustin Caron et à tant d'autres polissons et insolents de sa trempe », p. 28, Pièces relatives aux démêlés entre M m d'Éon, etc., et le sieur Caron de Beaumarchais, etc., etc., etc., 1778).— Dans le tome VI des manuscrits de la Comédie- Française, p. 4 de la réponse de d'Éon à Beaumarchais, nous lisons : « .... une copie signée Caron de Beaumarchais de celle dont vous aviez honoré un ministre que même la noblesse en seconde place doit qualifier de Monseigneur et que vous, Mascaron plaqué, je ne sais où, ne traitez que de Monsieur le Comte... ».
Voici un passage de Gudin qui semble écrit pour riposter au posl-scriptum de l'enragé d'Éon : « Conservant la dignité de l'homme, il ne s'avilit jamais à faire servilement sa cour, même aux plus grands du royaume ; il dédaignait ces formules que la bassesse du petit emploie pour flatter la vanité des puissants. En traitant les affaires les plus importantes, il mettait à ses lettres, pour toute suscription : à M. le « comte de Vergenncs », à « M. le comte de Maurepas », et jamais ces hommes sages n'eurent la faiblesse de trouver mauvais qu'il ne les appelât pas Monseigneur, comme tant d'autres. Je salue d'abord, me disait-il, la simarre et le cordon bleu, mais ensuite je ne vois plus qu'un homme, j'oublie la décoration, et je juge bientôt s'il a plus d'esprit, de conuaissanecs et de probité que moi. » Histoire de Beaumarchais, p. 480.