ÉTRANGÈRES A LA POLITIQUE
c A M. de Sartine, 15 décembre 1775.
c Monsieur, je tous prie de mettre aux pieds du roi mes justes répugnances pour un genre de commissions plus difficiles à bien remplir que les missions politiques les plus importantes. Ce n'est pas manque de xèle si je désire n'en être plus chargé. Toi fait mes preuves à cet égard. Mais, d'après les dernières nouvelles d'Angleterre, je crains d'y retourner trop tard, et j'ai trop bien réfléchi qu'en ces sortes d'affaires les dangers sont extrêmes en cas de non-réussite, et trop bien éprouvé qu'en cas de succès les dégoûts de tout genre sont la seule récompense du négociateur. J'ignore ce qu'il faut faire aujourd'hui, mais j'indique au moins dans ce mémoire la voie la plus certaine pour prévenir désormais de semblables embarras... > Suit un mémoire au roi où nous lisons : c ... Enfin, absolument découragé sur cette dure occupation, je demande pardon à
1. Sur un échantillon de papier teint, rayé bleu et rose pâle, i fond blanc ot à ramage, nous lisons : « Echantillon de papier pour la salle de compagnie do M. do Beaumarchais, dans sa maison de Ploone Street, à 11 sols auglois le virge de 4 quarts choisis par Mons r de Gombauit. »
Votre Majesté si je la supplie de faire désormais charger quelqu'autre d'un travail qui ne m'a valu ni remerciements, ni honneurs } ni profit , où j'ai manqué plusieurs fois de laisser la vie *, et qui parait d'une si chétive importance après le danger passé qu'à peine daigne-t-on écouter les comptes que j'en rends; lorsque j'ai essuyé mille et mille désagréments pour en épargner à tout le monde. 15 décembre 1775 >, avec cette mention : c Objet dont la décision ne peut plus souffrir de retard ». — 11 écrit encore le 25 décembre 1775, à Sartine : c II est impossible que les choses restent dans l'état où elles sont Je mets à part mes travaux et mes dégoûts, etc.. », et il indique les voies et moyens pour que la machine marche désormais sans lui.
N° 18 (voy. p. 66).