‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 308 sur 338 · DRAMATIQUES (EXTRAITS · texte numérisé non relu

DRAMATIQUES (EXTRAITS

(Autographes.)

9 août 1777. c Vous avei Figaro pour épée et les auteurs pour bouclier. >

22 mars 1778. c Gomme je vais au spectacle plus souvent que vous,

j'y suis accueilli, interrogé et même grondé par nos chers confrères et je ne sais que répondre. >

8 novembre 1778. c Puisque vous êtes chargé, heureusement pour

nous, de rédiger des articles, je crois (la chose faite) qu'il serait bien d'en (aire tirer trois copies à une marge, de nous les envoyer, nous ferions

nos réflexions sans toucher en rien sur le texte qui est passé et avoué.... > I f+ c Je crains bien encore que vous soyez forcé (et presque faut-il dêsirtrt I m que vous ayez l'air de finir l'affaire en votre nom ». 1 y

9 août 1779. c Je viens, mon cher collègue, de recevoir une lettre I £

de l'auteur de Roméo, qui me demande si vous avez écrit à l'adresse | < qu'il vous a donnée pour Versailles. Le confrère en question, M. Collet, s le plus grand zèle pour notre affaire, qui, je pense, ne réussira pas; on ne cherche, je crois, qu'à vous amuser. »

5 octobre 1779. c Us nous échapperont, ils gouvernent le ?ent;

nous les battrons, ou, pour mieux dire, vous les battrez, vous les désemparerez, et ils se retireront chez eux pour recommencer; il vous sera plus aisé de battre les ennemis de l'État que ceux de la littérature 1 . Adieu, mon cher collègue, portez-vous bien, buvez frais et soyez bien persuadé que quelque chose qui vous arrive, mes tendres et respectueux sentiments ne peuvent augmenter pour vous. Bien mes respects à votre compagne et mes compliments à votre ami, mon cher confrère. >

Post-scriptum du 1". juin 1780. c Je me souviens très-bien que

vous avez dit que vous trouveriez le moyen de faire jouer mon Paris sauvé* ; permettez-moi, dans le temps (sic), de sommer votre amitié de h promesse qu'elle m'a faite. >

21 août 1780. c J'espère samedi travailler à la destruction de votre

vin deCarbonieu 3 . Si vous mettez l'historique de notre assemblée chez le Maréchal et que vous disiez les avis et les propos de ces messieurs, pourriez-vous ne pas oublier ceux de Jabineau qui n'ouvre deux fois la bouche que pour dire deux plates flatteries ; fune, que le Théâtre- Français n'a été élevé qu'à cause de la sublimité des acteurs et non auteurs français; la seconde, c'est que cette comédie a été offrira l'Académie leurs entrées au spectacle et qu'ils ont sans doute le droit d'un banc à leurs (sic) séances académiques, ce que cependant notre inepU />.... a relevé (sic) en disant que les évéques, les cardinaux n'auraient certainement pas opiné pour cette concession; mais pouvez- vous faire sentir combien de tout temps les hommes de lettres, l'état-major de la comédie a été considéré pour peu de chose, car de quel droit, sans les consulter, allez-vous offrir quarante places dont le neuvième m'ap-

1. Beaumarchais, après avoir braqué sur eux les cinquante-deux canons du fier Rodrigue, taillait, à ce moment même, sa plume pour répliquer au Mémoire justificatif de la cour de Londres.

z. Tragédie en prose, en cinq actes, reçue par les comédiens français dès 1771, et interdite par la censure. Il ne fallait rien moins que la Révolution pour • trouver moyen » de faire jouer la pièce. On la répétait mollement en 1790; Sedaine, mécontent, la porta au théâtre de son ami, au Marais, où l'on perd sa trace. — Impr. chez Prault, 1788.

3. Une lettre de PréviUe, du 25 avril 1780, nous apprend que, le vendredi suivant, des Essarts, Lanve, Fleury (Brizard était absent de Paris), invités avec Préville, par Beaumarchais, étaient venus travaillera la même destruction. Le Mariage de Figaro fut sans doute servi au dessert, et Fleury put admirer une fois de plus le débit de l'auteur. (Voy. ses mémoires H, 390 sqq).

partient, et m'appartient d'autant plus que c'est de la représentation des pièces nouvelles dont doivent être friands ces juges de la littérature. Ils sont blasés sur les autres ouvrages et en les lisant les voient mieux représentés sur le théâtre de leur imagination que sur celui de la comédie. Enfin, mon cher collègue, si ces idées peuvent vous servir à quelque chose, servez-vous-en et surtout portez-vous bien. Adieu, vous dis-je, je vous aime bien. >

N» 22 (voy. p. 71).

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