Beaumarchais signe toujours : BodZKigue y etc
iùî APPENDICE.
queràM. Slillé; mais la place. Noas nous contenterons de lui opposer ici l'autorité de son compatriote. Nous répliquerons un jour par le mena. Nous avons d'ailleurs eu l'honneur d exposer le rôle commercial de Beaumarchais pendant la guerre de Tin dépendance et sous la Révolution, devant le public compétent du Havre, son principal centre d'activité commerciale après Bordeaux. Ses papiers d'affaires nous avaient appris qoe ses commissionnaires au Havre étaient MM. Delahaye et C", c Havrais du Havre > (sic), ce qui a permis à MM. Vesque et Ch. Martin de déterminer l'emplacement de la maison que Beaumarchais et les siens habitèrent en différentes conjonctures, et notamment vers 1792. (c II envoya sa femme, sa fille et sa sœur au Havre et resta dans Paris.... Enfin nous arrivâmes au Havre et Beaumarchais eut encore le bonheur d'embrasser sa femme, sa fille et sa soeur. > Histoire de Beaumarchais, p. 418 et 436 de l'édition que va publier M. Tourneux. Cf. aussi la lettre à Eugénie, qoe nous avons retrouvée avec la suscription : c A ma fille Eugénie, au Havre. >) Nos collègues de la Société havraise d'Études diverses s'associèrent à une pétition que nous rédigeâmes pour que le nom de Beaumarchais fût donué à une des deux rues de la Halle ou Beauvcrger, au coin desquelles était sise ladite maison. Dans sa séance du 17 juin 1886, la municipalité vola la nouvelle dénomination pour la rue de la Halle, une des plus commerçantes de la ville. Mais, par une bizarrerie qui semble inséparable de tout ce qui touche à Beaumarchais, cette rue ne devait pas être rebaptisée. Ses habitants, en s'associant patriotique ment aux sentiments de la municipalité à l'égard de Beaumarchais, excipèrent de leurs intérêts commerciaux très respectables. Le nom de Beaumarchais a donc été donné à une rue neuve. — Nous avons retrouvé aux archives de la ville du Havre une des six lettres de souscription patriotique que Beaumarchais adressa à nos ports après le désastre naval des Saintes et l'enlèvement du comte de Grasse, et en tète de chacune desquelles il s'inscrivit pour cent louis. La signature seule et le post-scriptum en sont autographes, mais la suivante sur le môme objet est tout entière de sa main et plus piquante :
MESSIEURS LES ASSOCIÉS DU CLUB i (SIC)
(Autographe.) Paris, ce 26 mai 1 "82. (Le désastre des Saintes est du 6 avril*)
Messieurs,
(lue personne de la plus haute considération, mais qui ne veut pas être
connue, m'en tendant hier parler de souscriptions pour rétablir nos pertes
maritimes, détache sur-le-champ ses boutons de manche qui sont de
diamants et, me les mettant dans la main, me dit : c Voilà mon seul bijou,
1. Sur ce club dit de Paris, ou tout court le Club, et sur l'honorabilité de «es membres, voy. Thiéry, Guide des amateurs et des étrangers à Paris, 1780, I, 283, et Histoire de Beaumarchais, ouït. Tourneux, p. 306.
j'ai reçu ces boutons d'usé personne qui m'était bien chère, je les donne à ma Pairie qui m'est plus chère encore : faites-en, Monsieur, l'usage que tous faites de votre propre argent. Souscrivez pour moi au club et ne me nommez pas. >
Maintenant, Messieurs, il s'agit de prendre le meilleur moyen de bien remplir l'intention de cette Personne qui, je vous le répète, est un des hommes les plus recommandables de la société. Si j'envoie les boulons à on joaillier pour vous remettre ensuite ce qu'il en donnera, leur valeur va baisser de moitié. J'ai donc l'honneur de vous proposer de faire estimer loyalement ces boulons, et, sur le prix d'estimation, d'en offrir l'acquisition au club, à tous les associés. Celui qui en donnera le plus, les aura, en vous remettant l'argent, et moi pour sa récompense, je lui dirai dans l'oreille, le nom de celui dont il porte les boutons : il me saura gré, je vous jure, d'avoir contribué à lui procurer celte honorable et douce satisfaction.
Si vous connaissez une idée meilleure ou plus convenable, j'y souscris d'avance, et, en attendant que mon nom roule au ballot âge de votre société pour être admis ou rejeté,
J'ai l'honneur d'être avec respect, Messieurs, votre très humble et très obéissant serviteur,
Caron de Beaumarchais.
N rt 23 (voy. p. 78).