CLASSEMENT DES MANUSCRITS DES C DEUX AMIS
Nous avons retrouvé, dans les papiers de Beaumarchais, six manuscrits les Deux Amis, que nous classons par le procédé indiqué au numéro i-dessus. Le premier est formé de cinq cahiers séparés, correspondant tux cinq actes de la pièce. Le passage : « Qu'opposerez-vous aux faux juge nents, à l'injure, aux clameurs? — Rien », qui sert d'épigraphe à la pièce mprimée, et qui manque en effet dans le manuscrit de la Comédie-Fran- ;aise (voy. édit. d'Heylli et Marescot, I, 2U), est en marge du premier nanuscrit et dans le texte du deuxième. Le deuxième et le troisième mamscrit sont encore sans titre. Le troisième est tronqué; il n'en reste que e quatrième acte. Le quatrième et le cinquième manuscrit ont des retournes postérieures aux variantes de celui de la Comédie-Française^ qui %e trouve être le quatrième, par conséquent, dans Vordre historique.
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V* ar.t* Si) miaules
/fcaomatthàM a répété cette notation sar le manuscrit de la Comédie- Ffiirj^wr en ajoutant an crayon troci heures et demie) : ce qni donnait oo total de cinquante et une minutes d'entracte, soit dix pour chacun rJViii et vingt et une minâtes pour celai da deuxième au troisième acte. Il devait rtp>**it de trois quarts d'heure d'attention soutenue, et permettait rarrar» gement de la salle d'audience, qui était très long, car on lit en marge du manuscrit de la Comédie-Française : c Long en tr 'acte, habillement du comte,... » Au-dessous de ces mots est on croquis i propos duquel M. d'Heylli ajoute spirituellement : c II devait être long, en effet, car, pour calmer probablement son impatience, le souffleur a dessiné an crayon, sur le manuscrit, le portrait en pied d'un personnage qu'à son costume nous supposons être le comte Manama » (édit. d'Heylli et ilaregcot, III, 328; : c'est certain. Peut-être aussi la caricature est-elle de lieaumarchai*, qui s'amusait parfois, comme nous l'avons vu, à jeter quelque» croquis de ses personnages, pour mieux les c fixer dans sa tête i Mans doute. (La première représentation du Mariage de Figaro dura cependant plus de quatre heures. Cf. les mémoires de la baronne d y Ober- Lirch, 11, 48. Paris, Charpentier, 1853.)
N ft 39 (voy. p. 290).
IIÉGEARSS JUGÉ PAR BAUDIN DES ARDBNNES
(Autographe.)
c Ce 18 floréal, l'an V de la R. P.
' ■ ' • " (sic.)
« Chacun fournit ce qu'il peut ; mais, quand la mise est évidemment inégale, on reste en compte courant, et je ne crois point du tout avoir
soldé le mien. Mes avortons politiques ne peuvent devenir l'équivalent de votre œuvre dramatique. En la lisant avec avidité, j'ai parfaitement senti combien le flacon de Suzanne était nécessaire. Votre Irlandais me suffoque. J'ai bien vu des femmes devenir très estimables, après quelques fautes expiées par moins de vingt années de repentir, et qui n'avaient pour excuse ni la surprise ni peut-être une aussi grande passion. J'ai vu des fourbes, des intrigants, des flatteurs, des brouillons, des spoliateurs. Donc Basile ne m'a pas étonné, mais Bégearss! — En fait de scélératesse, rien ne devrait aujourd'hui m'arracher ce point d'exclamation qui s'adresse à votre personnage. Oui, j'avoue que le maximum de la perversité humaine a paru épuisé ; et, cependant, observez que, d'une part, le fanatisme politique, comme le fanatisme religieux, explique beaucoup de faits qui semblent excéder la mesure connue de la méchanceté humaine; que, d'une autre part, ce que nous avons vu de plus atroce, de plus révoltant, et surtout de plus dégoûtant, avait un caractère de franchise brutale, au lieu qu'il s'agit dans votre Tartufe d'un raffinement de noirceur hypocrite si ménagé, filé avec tant d'art, si fécond en impostures, que j'aime à croire qu'il n'existe rien de semblable. Au reste, en contestant, pour l'honneur de l'espèce humaine, la réalité de l'original, je n'en admire pas moins la vigueur du pinceau et la force des teintes qui ont exprimé ce caractère, et vous fais mes remerciements d'un cadeau que je suis très flatté de tenir de la main de l'auteur. P. C. L. Baudin (des Ardennes). »
N° 40 (voy. p. 294).