‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 50 sur 338 · Voy. Appendice, n a · texte numérisé non relu

Voy. Appendice, n a

2. « La chose du monde la plus douce à mon cœur, mon cher La Borde, est In générosité de votre franche amitié. Tout le monde me dit que j'ai un sursis; vous ajoutez à cette nouvelle que c'est de la propre volonté «lu roi que je l'obtiens, que Dieu vous écoute, mon généreux ami. » Billet inédit à La Borde, sans date.

et le roi lui-même, quoi qu'on en ait dit ', fixa ie tarif. Il s'agissait de supprimer les pamphlets que le gazetier cuirassé dardait contre la Dubarry 9 . On lit, en effet, en marge du premier extrait pour le roi résumant l'affaire : « 20 juin 1774. Le feu roi m'en avait chargé. » Remarquons, au passage, que l'esprit pratique de Beaumarchais est là tout entier ; il adresse successivement un mémoire, un extrait du mémoire et un extrait de l'extrait ; l'un invitera à lire l'autre et de proche en proche on lira tout.

L'envoi est escorté de cette lettre à Sartine : c 20 juin. J'ai l'honneur de vous adresser mon extrait pour le roi ; ... vous y verrez que je l'ai encore réduit en marge dans le plus court abrégé pour qu'il lui prenne moins de temps à lire, etc.... » Les rois, dira Gudin a , c s'accoutument à se faire rendreun compte succinct.... J'ai toujours douté que le roi ait été bien informé des détails que Beaumarchais cherchait à lui faire parvenir.... » Et lui aussi en doutait.

Beaumarchais accepte donc cette mission qui lui était imposée comme une sorte d'expiation de ses pétulances dans l'affaire Goezman. Il y voyait d'ailleurs une petite porte par où il entrerait dans une troisième carrière qu'il voulait courir depuis longtemps et au bout de laquelle il était plus difficile encore de rencontrer cette considération qui le fuyait.

« Si, au sortir d'une éducation cultivée et d'une jeunesse laborieuse, mes parents eusssent pu me laisser une entière liberté sur le choix d'un état, mon invincible curiosité, mon goût dominant pour V étude des hommes et des grands intérêts, mon désir insatiable d'apprendre des choses nouvelles et de combiner de nouveaux rapports, m'auraient jeté dans la politique 4 », écrivait-il dès 1704. Etait-ce une illusion d'auteur dramatique, se proposant d'appliquer à la diplomatie l'art d'intriguer au théâtre? Le même genre d'impatience avait dupé de plus illustres écrivains. « Il se croyait sincèrement très propre à traiter d'affaires avec les princes et les gens en puissance, l'art qu'il savait mettre dans son langage lui faisant illusion sur ce qui lui manquait en fait d'adresse et de sagacité véri-

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