‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 53 sur 338 · Voltaire, LXVIII, 33ô, édit. Bcuchot · texte numérisé non relu

Voltaire, LXVIII, 33ô, édit. Bcuchot

3. Nous l'avons retrouvée. Elle est sur une petite feuille volante et porte au dos : a Lise;, ceci quand vous serez enfermé seul » : « Modèle ou à peu près de l'ordre du roi. Le sieur de ft. chargé, etc.. » Voy. M. de Lomcnie, I, 3.)0, qui le reproduit d'après Gudin, non d'après l'original, car il le date : or, dans l'élan de la rédaction q ic nous avons sous les yeux, Beaumarchais va jusqu'à écrire : tSi'jné Louis. A Marli.cc... » (sic), ce qui est assez plaisant pour n'être pas perdu.

dont il honore un homme honnête et Tordre dont il fait charger un exempt de police qui marche à une expédition de son ressort.

Dimanche, juillet 1774 * >.

Ces protestations, très sincères évidemment, et bien d'autres S expliquent pourquoi il saisit la première occasion de se venger à sa manière de ceux qui persistaient à vouloir c avilir l'esprit », en remployant à des besognes de police. N'y avait-il pas un contraste irritant entre l'accueil que sa célébrité lui méritait en Angleterre 3 et le blâme qui pesait sur lui dans son pays?

Je me fais constamment appeler ici M. de Ronac, écrivait-il à Sartine le 5 juillet 1774; si j'y portais mon vrai nom, je serais tellement entouré des gens que l'intérêt ou la curiosité que mon ridicule et matheureux procès a fait naître attirerait chez moi, que je ne pourrais plus travailler secrètement à la réussite de mon entreprise, car toute espèce de courage obtient V estime de cette nation généreuse. Je vous réitère l'assurance de mon profond respect.

Et en France même n'avait-il pas ses admirateurs dont les applaudissements enthousiastes irritaient son dépit contre la besogne qu'on lui infligeait? Beaumarchais aurait voulu en dérober les traces à ses contemporains et à la postérité. Mais ce qui en a transpiré oblige ses amis à n'en rien taire; il y gagne*.

D'ailleurs, ce n'est pas en France qu'on gardera rancune à M. de Ronac de cette plaisante c équipée 5 ». Dans toute sa correspondance avec Sartine, dans ses Mémoires au roi, Beaumarchais continue à compter l'aventure de Neustadt parmi ses états de service, et Ton ne le contredit pas. On n'a donc pas cru sans réserves au réquisitoire fulminant de Kaunitz, quoi qu'en pense M. Huot, fécond en hypothèses gratuites 6 . Louis XVI s'est diverti tout le premier de ce conte

1. 3 juillet, car il y avait un post-scriptum du mardi 5 juillet.

3. Voy. Appendice, n° 18, une anecdote caractéristique rapportée par Gudin.

4. Voici un post-scriptum à Sartine qui explique l'abondance dans ses papiers des documents relatifs à ses missions secrètes. — Nous les mettrons en œuvre plus tard. Leur place ici est mesurée, nous répliquons simplement au plus pressé — : c Voulez-vous bien, Monsieur, vous souvenir, si vous ne l'avez pas encore fait, de retirer des mains de M. de La Borde toute la partie de ma correspondance qui est restée entre ses mains, à la mort du feu roi, sur ma pre- I mière négociation secrète en Angleterre. Je serais fort aise de les trouver dans

les vôtres a mon retour de France. »

Page 1