RETOUR AU CHAMP D'HONNEUR — DEUX CHEFS-D'ŒUVRE
Un avocat «l'office : le Barbier de Séville. — Censures et sifflets. — Le triomphe et ses anniversaires : un double compliment de clôture. — Le levain d'un nouveau chef-d'œuvre : Figaro et 'la calomnie. — « Profondeur et sublimité » des ressources de l'auteur de la Folle Journée. Guerre aux censeurs : une lecture de l'« opuscule comique » dans le monde. — Comment Fauteur se voit successivement joué, applaudi, vilipendé, prôné, emprisonné.
Les applaudissements qui éclataient dans la Grand'Chambre du Palais le G septembre 1776', saluant la réhabilitation de Beaumarchais, n'étaient que l'écho de ceux qui, depuis huit mois, accueillaient dans une autre enceinte le plaidoyer d'un autre avocat de la môme cause, plus éloquent que maître Target lui-même. Agressif et caustique, poussant à bout les droits de la défense, il avait aiguisé ses traits pendant plus de trois années 9 , guettant l'heure propice pour les darder de sa main légère, les trempant dans la bile que les menées et l'acharnement de tous ses ennemis amassaient en lui, mais que son esprit distillait aussitôt'*. Aussi «Calomnie» avait beau « siffler et s'enfler », elle ne pouvait plus que se tordre sous le talon de l'alerte Figaro.
C'est le jeudi 23 février 1775 que le Barbier de Séville se risqua sur la scène des Tuileries, très bien escorté d'une gaie paysannerie de Dancourt : les Vendanges*. Rappelons brièvement l'histoire des cen-