‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 68 sur 338 · BlêmoitesiX* Houry, II, M · texte numérisé non relu

BlêmoitesiX* Houry, II, M

3. Théâtre de Beaumarchais, III, 13, édit. d'IIeylli cl Marcscot. -4. Voy. ihid., III, v, et préface de M. Marcscot, p. 13.

5. Voy. Appendice, n° 26. — Beaumarchais et son temps, II, 293. G. Lettre au lieutenant de police, citée par M. de Loménic, II, 301. 7. Voy. Appendice, n' 25.

82 KAUMARCHAIS : PARTIE HISTORIQUE.

témoigne curieusement de l'impatience avec laquelle l'impératrice Catherine attend la suite de ce Barbier de Séville qu'elle ne se lasse pas de faire jouer.

Cependant avant les censures officielles Beaumarchais avait sollicité, comme toujours, celles de ses amis. La lettre suivante de Sedaine, entièrement inédite, mérite qu'on la publie ici, malgré sa longueur. Par sa verve, par la portée de certaines critiques, par certains renseignements sur l'état de la pièce, antérieurement à tous les manuscrits connus, enfin par l'hommage sincère de l'auteur du Philosophe sans le savoir à celui du Barbier de Séville qu'il appelle c son maître », elle nous semble être une pièce essentielle de l'histoire du Mariage de Figaro :

Mon cher collègue en littérature et cher frère en Apollon, je vous remercie de tout le plaisir que vous m'avez fait hier; Charles VII ne pouvait pas perdre son royaume plus gaiement * et vous faire vos affaires avec un fonds de gaieté plus inépuisable ; votre Figaro m'a fait le plus grand plaisir, el vous vous êtes tellement et si bien rendu maître de ce caractère qu'on vous croirait un peu Figaro. Votre Aima Viva a justiflé ce que j'avais trouvé presque inexcusable dans les premières scènes du Barbier, c'est qu'il s'annonce comme un libertin d'après nos mœurs à observer. 11 pense que Rosine est femme du docteur ; ainsi le voilà bien adultère en herbe, et c'est Figaro qui lui a appris qu'elle n'était que pupille et future conjointe. D'un autre côté, cette Kosine s'est prêtée avec tant de finesse à tromper le docteur qu'on ne peut s'empêcher d'imaginer qu'un jour ellc-trompera son mari, el je ne suis pas le seul qui en a fait la réflexion» Les corrections à faire, les longueurs à supprimer ne peuvent se faire qu'aux répétitions, et n'écoutez avant ce temps que vous-même. J'ai trouvé quelques mots, quelques phrases d'un ton hasardé comme franc maraud, franc mari, aux Ursulines § , au lieu de retraite forcée, etc.; mais l'ouvrage est charmant, divertissant, plein de sel, de goût et d'une philosophie en Polichinelle à faire étouffer de rire, et depuis feu Rabelais, de joviale mémoire, rien qui puisse mieux distraire de leurs maux les pauvres v

Je crains qu'on ne puisse supporter sur la scène cette charmante et facile comtesse que l'imagination au sortir du cabinet voit encore

toute b de ; mais il n'est rien qu'on ne fasse passer avec des

distractions de l'objet principal 3 .

1. Allusion à son Paris sauvé, qui attendait son tour depuis dix ans. Voy. en effet le n° 21 de l'Appendice, P. S. du l w juin 1780, p. 4-00.

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