‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 69 sur 338 · LE BARBIER DE SÉVILLE; LE MARIAGE DE FIGARO · texte numérisé non relu

LE BARBIER DE SÉVILLE; LE MARIAGE DE FIGARO

Je n'aime point les quatre bourses de Figaro, quand elles ne seraient pas dans le dénouement des Trois Frères rivaux 1 ; vous me demanderez pourquoi : je n'en sais rien, mais je ne les aime pas.

J'aime beaucoup que vous ayez élevé le ton de Marceline , cela était indispensablement nécessaire, un petit mot * du docteur, dans les premières scènes où ils se parlent pour préparer, en reproche, la sublimité des idées qu'elle a acquises près de lui, et que la paix du ménage devrait approfondir s'il épousait. Enfin je finis, pour ne pas donner dans le ridicule d'enseigner à mon maître comment il doit s'y prendre.

Je pars mardi pour la campagne Saint-Prix, et je compte y rester deux mois ; je serais bien fâché si je n'étais pas à la première représentation de cet ouvrage , et comme vous êtes très occupé , j'invite notre ami M. Gudin à m'en donner des nouvelles si je n'en sais pas moi-même à Saint-Prix par Franconville. La fin de votre troisième acte est si pleine que je crains que le quatrième acte n'en souffre 3 ; ne pourriez- vous à la fin de ce troisième raviver la curiosité en jetant un mot du petit page qu'on a totalement oublié, et dont on désirera savoir le destin* ?

Et sur ce, je vous embrasse de tout mou cœur, ainsi que votre lutin ot la porteuse du creuset où ce lingot d'or a pris sa forme. — Ce 9 septembre 1781.

Le premier en date des censeurs est Coqueleyde Chaussepierre ; il conclut à la représentation, au prix de retouches insignifiantes; le roi se fait lire la pièce et la déclare, au dire de Meister, c injouable 5 ».

« Le Tartuffe en ce temps-là avait été défendu, écrivait un jour Boileau, et tout le monde voulait avoir Molière pour le lui entendre réciter 6 . > Changez les noms, c'est l'histoire du Mariage. Son auteur le lit successivement chez la princesse de Lamballe, chez le comte et la comtesse du Nord, chez la maréchale de Richelieu. Il obtient que la pièce recevra une seconde sanction : Suard en est

1. Comédie en 1 a. par de la Font, Paris, Ribou, 1713. Elle est agréablement versifiée et très gaiement intriguée. Le valet Merlin y reçoit une bourse de chacun des trois frères rivaux et y fait plaisamment deux dupes, en faveur du cadet qui donne une quatrième bourse. Quelle allusion choquante à ces quatre bourses, faisait donc Figaro? En tous cas, il n'en compte plus que trois dans les ross., comme dans la pièce imprimée : Figaro frappant la bourse dans sa main : Et de trois ! celle-ci fut rude à arracher. Mariage de Figaro, V, Xix.

2. t Des fautes si connues! Une jeunesse déplorable! » Acte III, se. xvi.

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