Il en souffre encore
\. Beaumarchais a préféré jeter ce petit mot au commencement du III e acte, qui devait s'ouvrir d'abord par la scène IV.
5. Coirespondance littéraire, dite de Grimm, etc., juin 1783, XIII, 532, édit. Tourncux.
G. Œuvres de Boileau, édit. de 1701, Satires, III, 25.
81 BEAUMAUCUAIS : PARTIE HISTORIQUE.
chargé et la refuse. Mais le comte d'Artois se déclare prolecteur de Figaro, comme le grand Condé Ta été de Tartuffe et, en juin 1783, les comédiens français reçoivent avec stupéfaction Tordre d'étudier le Mariage pour le service de la cour *.
La représentation, successivement projetée ' pour Trianon, Choisy, Bagatelle, Brunoy et Maisons 3 , va enfin avoir lieu, après douze ou quinze répétitions, le 13 juin 1783, sur le théâtre des « Menusplaisirs *».
Il est midi et demi, la salle est aux trois quarts pleine, et les carrosses continuent d'affluer, versant des flots d'invités qui se pressent aux portes, la main armée de leurs jolis billets en losange rayés à la Marlborough, où brille la figure gravée de Figaro 6 . Hélas ! un courrier apporte à franc étrier la nouvelle qu'il est encore proscrit. Décidément le pouvoir « ne veut pas qu'on le joue 6 a. On le jouera pourtant : il a contre lui le roi, Monsieur, le garde des sceaux et Suard ; il a pour lui la reine, le comte d'Artois, les Ninons 7 du temps comme les grandes dames et un censeur. L'auteur le flanque d'un second, Gaillard, « le sévère historien », pour mettre Suard en minorité 8 . Enfin, le 27 septembre 1783, Figaro, comme jadis Tartuffe au Raincy et à Chantilly, reçoit sur la scène privée de Gennevilliers une hospitalité passagère.
Il en profite pour se faire incontinent un rempart de trois nouvelles censures qui sont celles de Guidi, Desfontaines et Bret :