Voy. Gudin, Vil, 206, qui profite de celle cnumcralion
thrope, etc.... Le caractère du comte, dont il existé plusieurs modèles, n'a donc rien qui blesse les convenances théâtrales, j'ajoute qu'il est trompé dans ses vues et que le but moral se trouvant rempli, je demande seulement qu'il soit un peu plus réservé dans quelques-unes de ses expressions.
Le rôle de la comtesse m'a paru exiger les mêmes sacrifices, et M. de Beaumarchais m'a paru très-disposé à les faire.
Je trouve le petit page charmant, il aime la comtesse, mais il n'en parle qu'avec respect'.... soldat. (?) Enfin quelques mots, mais peu, qui peutêtre paraîtront hasardés.
c Rôle de Suzanne. >
(Le censeur cite ici la variante reproduite par M. d'Heylli 2 avec le n° 87 et ajoute) : c mot unique, impossible à remplacer, et que je laisse ».
Les autres personnages ne m'ont presque rien offert qui me paraisse exiger un changement, et je répèle que je les ai suivis avec le plus grand scrupule; je pense donc que la pièce peut être jouée, et si quelques spectateurs attribuent à l'auteur des intentions qu'il n'a pas eues, s'ils lui supposent des idées différentes de celles qu'il présente, l'explication de ces mêmes idées dans l'impression de l'ouvrage suffira pour établir sa justification. Desfontaines, censeur royal, ce 15 janvier 1784.
Transformer ainsi uncenseur en apologiste,voire même eu zélateur, car Desfontaines écrira les Amours de Chérubin, ces bonnes fortuneslà n'arrivent qu'à Beaumarchais. Mais comme il les avait méritées !
Essayons de mesurer de plus près ce que Meister appelle « la profondeur et la sublimité 3 » de ses ressources.
Pénétrons dans un salon de Paris par un soir de l'hiver de 1781, chez la duchesse de Villeroi, par exemple 4 . Une surprise nous attend dès l'antichambre : le caquetage des conversations, la psalmodie monotone du banquier de pharaon 5 , les accords du pianoforte et de la harpe, toute cette symphonie des bruits mondains qui nous est familière, s'est tue brusquement. Avec un frôlement d'étoffes, agile et frais, comme le bruissement d'ailes d'une volière
1. Ici il y a une lacune, puis on Ut la suite sur la troisième page de la feuille double dont nous avons copié les deux premières.
2. Voy. variantes du Mariage (Théâtre de Beaumarchais, par d'Heylli et Marcscot). Voy. de Loménie. II, 322.
3. Correspondance littéraire dite de Griinm, avril 1784, t. III, 313, XIII, 518. •4. Voy. Mémoires de Kleury, II, 390, sqq.
5. c On jouait jusqu'à cinq heures du matin. » Cf. F. Rocquain, op. cit., p. 366, et la reine perdant 14000 louis en 1778, p. 374. — Voy. déjà La Bruyère sur le jeu sans frein, <>l Dancoiirt, la Déroute du pharaon,' la Dissolution des joueuses, etc., et Saint-Evrcmond chassé par le jeu de chez la duchesse de Bouillon, et Voltaire et M D * du Châtelct au jeu de la reine, à Fontainebleau. Dcsnoirestcrrcs, op. cit., t. III, c. ni, p. 132, sqq., etc.