‹ Beaumarchais et ses œuvres: précis de sa vie et histoire de son esprit, d'après des documentsChapitre 92 sur 338 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

De Mirabeau en Bcrgassc. — Une parade insuffisante : affaire des fusil*. — Une bonne riposte : les Six Époques. — Une retraite nécessaire : l'expatriation.

A la dislance où nous sommes des faits, l'illusion de la perspective historique en rapproche les cimes, et Ton a pu saluer dans le

Mariage de Figaro le signal et le programme de la Révolution française 1 . Aussi, quand elle éclate, l'impopularité du père de Figaro, renié par ceux-là mêmes qui porteront au Panthéon les restes de Voltaire, nous apparaît-elle dans sa vie comme la plus remarquable de ces bizarreries sur lesquelles il appelait avec tant de gaieté l'attention de ses contemporains *. Mais les plaidoyers de Bergasse expliquent l'énigme. Cette crise avait été précédée et préparée, vers la fin de 1785, par l'affaire de la Compagnie des eaux.

Une discussion d'intérêts financiers, la nécessité de défendre contre les manœuvres intéressées de Panchault et de Clavières la Compagnie pour les eaux de Paris, dont il était le promoteur et le principal actionnaire, mirent Beaumarchais aux prises avec un nouveau venu à la solde de ses adversaires, et qui n'était rien moins que Mirabeau. Beaumarchais crut faire beaucoup d'honneur à son rival en répliquant par quelques sarcasmes rapides, et, se contentant d'avoir raison en fait, il laissa le champion de Panchault et C i0 « tonner 3 ».

On devine l'effet de ce dédain sur le futur roi de la Révolution; Mirabeau rugit 4 , Beaumarchais se tut. Songeait- il à offrir à ses

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