M. Bettelheim
2. 11 fut convaincu de calomnie deux fois : en 1787 contre Beaumarchais, et en 1807 dans l'affaire d'un certain Lemcrcicr, munitionnairc des armées du Directoire. (Voy. Histoire et Beaumarchais, p. 372, édit. Tourncux.)
3. Voy. déjà les attaques venimeuses de Gorsas contre Beaumarchais dans VAne promeneur ou Critès promené par son âne, 1786, in-8% op. cit., et dans le Courrier de Versailies, et dans sa déclaration au sujet des lettres de Beaumarchais, citée dans la cause de M. Kornman, 1780, etc.
4. — • On disait que c'était un vaurien. Je ne le nie pas, c'est possible : mais etc... » Op. cit. I, 223.
IIS BEACBABCUAIS : PARTIE BISTORIQOC
vie entière de Beaumarchais : ce fui trae curée. Lui cependant fit tête à la meute, lança trois Mémoires, fit parler la logique des faits, aiguisa des épigrammes et put croire que son apologie était complète. Mais c'était le vice de sa cause qu'il ne pût la plaider qu'en invoquant des autorités devenues suspectes.
En vain prouvait-il qu'il n'avait mis sa plume au service du pouvoir que pour l'aider à accomplir des lâches patriotiques ou populaires : rappel du Parlement, ou reconnaissance de l'indépendance des États-Unis; en vain prouvait-il, chiffres en main, que, loin d'avoir volé les États-Unis, il était la € dernière victime de la guerre», que sa prétendue avarice ne l'avait pas empêché d'obliger, pour une somme de 1500 000 francs 1 , des débiteurs insolvables dont il avait c un porte-feuille immense* » ; il restait avéré que dans l'affaire Kornman il prenait le parti des aristocrates contre un roturier; que, dans l'affaire des Quinze-Vingts, il était le conseil financier du duc de Rohan, le héros impopulaire de l'affaire du Collier, et du duc de Chartres dont il c assurait les capitaux» ; et qu'en somme Beaumarchais avait été un agent du pouvoir qui lui continuait sa faveur. Mi logique ni esprit ne pouvaient prévaloir contre ces faits à la veille de la Révolution.
C'est en vain qu'il donnait en outre des gages de la respectueuse circonspection c d'un auteur citoyen 3 », en déconseillant une reprise du Mariage de Figaro. Lui, qui avait c fortement réclamé la liberté de la presse 4 »,' n'était-il pas mal venu à demander aux magistrats de c punir sévèrement son abus et sa licence 5 »? N'étflit-on pas plus tenté de rire de son embarras que de partager son indignation, quand il protestait contre c ces escarmouches de houssards 6 »? Enfin, perdant jusqu'à son sang-froid devant cette nuée de pamphlétaires qui c noircissaient » sa c jeunesse 7 », sa vie
1. Voy. Requête à la Commune. — Gudin dit : c 11 lui en avait coûté près de deux millions en bienfaits. » Histoire de Beaumarcliais, p. 476, édit. Tourncux.
2. Nous en avons des feuilles ; laUsons-lcur garder le secret.