Êdit. Fournicr
7. Avec quel acharnement M. Bcltcllieim traque l'abbé Arpajon de Sainlc- Foix! Pauvre Cil Bhis! Pauvre Figaro! Pauvre Beaumarchais ! Ah! M. Bcltcllieim n % a pas l'indulgence des casuistes. Mais ne peut-on distinguer? A trompeur, trompeur et demi, voilà tout. Est-ce un cas pendable? D'ailleurs, Beaumarchais affirme, dans un document inédit, que ces lettres ne furent pas
entière passée centre les affaires et les lettres », il s'écriait: cCe n'est plus discuter qu'il faut., mais demander la punition de si dangereux attentats. »
Il l'obtint : c'était justice ; pour la deuxième fois, Beaumarchais pouvait lire « le substantif de calomnie » appliqué à ses adversaires.
Faible bouclier contre les passions populaires qu'un arrêt du Parlement en 1789! En vain Beaumarchais déclarait-il qu'il « ne demandait plus rien aux hommes, qu'il avait rétréci son cercle » ; c l'obligation d'échapper au mépris public, aux dangers personnels * * devenait plus pressante que jamais. Les invectives de Bergasse et la horde des pamphlétaires n'avaient pas seulement ameuté contre lui « la jeunesse indisciplinée, les télés échauffées qui rôdaient autour du palais *, elles l'avaient désigné aux haines de la populace comme accapareur et aristocrate.
t On poignarde par derrière plaideurs et magistrats ' *, s'écriait Beaumarchais. Il croyait n'avoir fait qu'une métaphore ; la haine de ses adversaires faillit un soir la justifier. < Accapareur! aristocrate ! » Ainsi la calomnie infligeait ces deux épithètes terribles en 1788 à l'homme qui avait écrit le Mariage de Figaro et qui s'était à demi ruiné pour éditer Voltaire ! Grâce aux menées de ses ennemis, Beaumarchais apparaîtra donc désormais au « public inconcevable de Paris», comme ayant vendu sa plume au pouvoir qui le paye en complaisances criminelles. C'est là
l'idée universelle De la cause et des faits renfermés en icelle.
C'est en la dégageant que Bergasse conquiert cette popularité qui le portera sur le banc des assemblées révolutionnaires, où il jouera en somme un rôle assez équivoque 3 . Pour Beaumarchais, c'est c le crescendo public, le chorus universel de haine et de proscription » que prophétisait jadis Basile. Le vieil athlète ressaisit fiévreusement ses armes et attendit de pied ferme les assauts à venir.
envoyées à leur adresse (voy. Appendice, n° 32). Rien dans leur contenu n'empêche de l'en croire. (Voy. M. Bctlelhcim, op. cit., pp. 33 et 640, sqq.)