‹ Beautés de l'histoire de Russie: contenant tout ce qu'il y a de plus curieux et de plusChapitre 17 sur 19 · ANNE IVANOVNA · texte numérisé non relu

ANNE IVANOVNA

Le lendemain du décès de Pierre II , le conseil souverain , les principaux boïards , les généraux y le sénat s'assemblèrent dans une salle du palais du Kremlin. Un prince Galitzin parla un des premiers : « Puisque la ligne masculine des Romanof, dit-0^ s^est éteinte avec Pierre II, et que la Russie a beaucoup souffert du despotisme de Pierre I." , il faut limiter ce pouvoir énorme par de bonnes lois , et ne conférer la souveraineté qu*à des conditions avantageuses à la nation. • Alors un Dolgorouki proposa la duchesse de Courlande pour souveraine, par préférence à sa sœur aînée, la duohesse de Mecklenbourg, qui se trouvait à Moscou, et qui avait quitté son époux ^ès 1719 5 pour se rendre en Russie. Il ajouta que , puisque là couronne passait aux femmes, il était juste de préférer une des filles du tzar Ivan Y , frère aîné de Pierre I.*', à celle de ce dernier tzar; que, quoique la duchesse de Mecklenbourg fût l'aînée , il fallait considérer qu'elle était mariée à un prince étranger, au lieu que la duchesse de Gourlande, qui était veuve, et n'était âgée que de trente ans>

( 536) ponvatt se marier , et donner des héritiers à la Russie. D'après ces raisons , toutes les voix se réu« Dirent en faveur de la princesse Anne , et on lui envoya une députation à Mittau , ville où elle avait fixé sa résidence.

Elévation inouïe de Biren, et catastrophe affreuse des princes Doigorouki.

Malgré la promesse qu^elle sivait faite de ne point appeler en Russie son favori, Jeaiï-Emest Biren ou Biron , Anne ne tarda point à le mander auprès d'elle. Ce favori se montra triomphant à la cour delà nouvelle tzarine, et eut raîrd*insoltcr aux boïards, aux grands auxquels U faisait ombrage, et dont il se proposait de se veDger. Cet homme, qui 6t unefortune5îétoQnante,étaitpetit-ûlsd'ûnpiqueiir des écuries d'un duc de Courlande. Pendant les deux premières atinées du règne d'Anne , U fei^ gnit de ne vouloir se mêler de rien, mBJA ensuite il gouverna despotiquemeut* Un ministt^derem* pereur d'Autriche , qui délestait Biren , avait coutume de dire : « Quand Biren parle aux chevaux ou qu'il parle d'eux, il parle 4n homme; mais qu^nd il parle aux hommes , U parle en chevaU » Cet homme , qui n^aurait jamais dû 9^ flatter qu'il gouvernerait un grand empire , ob« tint le titre de comte , la place dé grand-chambellau, qu'avait occupée Ivan Dolgorouki, fut décoré du cordon bleu de Saint - André , et devint

( 327 ) même dtic de Gourlande en 1737. Croirait-on qu^il portait ses vues jusque sut le trône de Russie? Mais la bassesse de sa naissance n'aurait point fait murmu* rer contre les dignités dont il fut revêtu et la haute puissance à laquelle il parvint, s'il les avait achetées par quelques vertus , et s'il n'avait toujours montré une ame vindicative et sanguinaire. Il est presque i mpossible de compter ^es infortunés qui périrent dansles supplices, ou furent relégués dans les déserts delà Sibérie : on prétend que le nombre des exilés se naontaà [dus de vingt mille.

La rivalité des Dolgorouki lui paraissait la plus dangereuse; aussi ce fut par cette famille qu'il commença l'essai de satyranùie. Ils furent accusés vaguement de prétendus crimes; mais le véritable grief 9 dont on ne parla pas , était d'avoir voulu restreindre la puissance de la tzarine. Ils furent jugés coupables du crime de lèse-majesté au premier chef, mais la tzarine leur fit grâce de la vie. La princesse Catherine fiancée à Pierre II , fut renfermée dans un couvent : plusieurs des Dplgoroùki furent exilés dans les contrées les plus affreuses de la Sibérie : on prétend que l'un d'eux eut sa mi-^ sérable cahutte peu éloignée de celle de Mentzicof, dont il avait causé le désastre ; exemple terrible des vicissitudes de la fortune ,' si fréquent dans l'histoire de la Russie, et dans toutes les histoires du monde !

Mais les ^ infortunes des Dolgorouki n'étaient

( 528 ) point encore à leur comble. Après huit ans d'un exil rigoureux , ils parurent à la veille de jouir d*un meilleur sort ; et c'était au contraire riostant marqué pour achever leur perte. La tzarine avait besoin d'un négociateur habile ; elle résolut d'envoyer en Angleterre le prince Sergnei Dolgorouki, diplomate habile ^ et qui avait donné des preuves de son intelligence dans plusieurs cours. Bireh n'avait pu empêcher ce rappel; il fait élever contre ce prince et contre toute sa famille'une nouvelle accusation. Au lieu de partir pour Londres y l'ambassadeur désigné fut conduit comme un cri* minel à Novogorod 9 où l'on avait amené les autres princes de cette maison. Biren avait dicté l'arrêt funeste et inique; toute justification leur fui interdite ; on les déclara tous coupables; Les princes Yasili et Ivan , qui avaient eu le plus de crédit , furent roués vifs 9 deux autres écartelés^ et trois autres eurent la tête tranchée. « Une des pliis an- « ciennes et des plus illustres niaisons de la Russie, « dit un historien^ est presque entièrement déc truite , comme on aurait fait pérîr une bande « d'-infàmes scélérats. »

Anecdote extraordinaire concernant Jean-Er^ nest Biren , avant son élévation.

Nous achèverons le récit des particulatités du règne de la tzarine' Anne , ^près avoir rapporté l'anecdote vraiment curieuse relative à Biren 9 à

.(3290 l^ëpôqtie où il était loin dTètrè éomf^é des faveurs de la fortune! Son |>è^e le destinait à la profession de notaire; Il avait àcqcÂis toutes les qualités qa^elle

demande',' lorsque y s'efiiluyant du séjour d'une petite vflle , 11 eut occasion d'offrir ses services au baron de Obêrtz , qui avait été forcé de s'y arrè-' ter y par la mort imprévue de son secrétaire. Lé l^ùîie Biièn ^e présenta à'assez bonne grâce pour faire agréer sa personne et ses talens. Il suivit le barbon à Stockholm , où Tintelligence qu'il avait de diverses langues , et sa facilité à lire et à copier toutes sortes dé caractères , le rendirent aussi utile qu'il l'avait fait espérer. Malbeureusement , dans l'usage où il était', depuis son enfance , de manier de vieux contrats , la plupart en parchet»i» ; ît s^éWÀîf fait uniei habitude , en écrivant ^ d'en tenir toujours quelqu'un entre ses lèvres , et de les mordre et de les sucer. Quelque désagréable qu'on puisse -s'en figurer le goût , il était parvenu insensiblement à s'en faire une sorte de plaisir. Combien de jeunes gens contractent cette mauvaise habitude , dont les suites peuvent devenir funestes ! Ce pen^chant , changé en une véritable passion , engageait Biren à n'être jamais sans quelque morceau de vieux vélin , qu'il coupait proprement pour les ronger ; et , comme ses occupations le mettaient continuellement au milieu de quantité de papiers , il trouvait aisément de quoi se satia^ faire.

{ 35o ) Un jour qu^ avait ^ relenu .dans le eabiaet du baron de Goërtz , pour quelque ei^pédition d'importance^ son appéUt,|pQur le parchemin liû fit découvrir une pièce eiifumée, qu^étail?au cmn à\\ue table , et ne portant pas plu3 loin ses: ré-* flejions > il la prit entre ses dents 9 avec l'envie néanmoins de se borner à la suc^r , poor en tirer comme le parfum. Mais daos Fat^ntion qu'il ajvait à son travail , le goût du plaisir lui fit oublier ce qu'il devait craindre. Ce ne fut qi^^apiite trois ou quatre heures d'application 9 que f revenant à lui<même , il aperçut non-seulemçnt qu'il avajt tou* fours le même vélin à la bouche 9 mais que 9 l'ayanrt mâché si long-temps avec austii peu de méiuigf ment que de réflexion 9 il Tavait défiguré ^usqu^à lui faire changer de forme. Sa surprise aog|neota.ei»ç9re » lorsqre s'étant hâté de l'ouvrir « pour démêler ce qu'il contenait , il le reconnut 9 à quelques restes de caractères presque effacés » pour une pièce extrêmement importante , qui faisait la matière d^un différend fort échauffé y au sujet de la Livonie 9 entre le roi de Suède et le tzar Pierre. Il se crut perdu sans ressource : son esprit ne Lui présenta rien qui fût propre à l'excuser ; tout le portait au désespoir 9 lorsque le baron de Goërtz entra. Il le trouva avec cette fatale pièce à la main 9 et crut voir dans ses yeux et sur son visage des témoignages extraordinaires d'embarras. La seule curio-^ site suffisait pour lui faire approfondir ce mystère;

( 531 ) Mabque deviat^ilylojrsqvi'ayaiit^^té les yeux sur la pièce f 11 décDuvril à plusieurs marques que c^é* tait ce qu'il avait alors de plus nécessaire et de plus précieux ! Le preimer mouvement de «a colère ne lui permettant de rien examiner , de rîen. entendre , il ne douta point que ce ne fût une tra« kison de son secrétaire $ qui s*était laissé gagner par lé ministre de Russif^ ; et sur^le-dbamp il Tac-» câbla de reproches et le fit conduire dans une étroite prison* Quoiqa^avee un peu de liberté pour réfléchir sur son malheur 9 Biren n^y trouvât rien qui le rendit véritablement coupable , les apparences étant de nature à ne pouvoir jamais élre éclaircies^ il conçut que sa perte était certaine» Déjà il pensait n^oins à se justifier qu*à se préparer à la mort. Cependant comme Taveu des cir-t constances de sa faute ne pouvait lui être nuisible^ il était résolu de les raconter sîniplement , au risque de ne pas trouver dans ses juges beaucoup de disposition à le croire sincère. 0n ne tarda guère & rinterroger. Quatre des plus graves sénateurs de Stockholm lui reprochèrent son crime , et le pres^ seront de confesser les intelligences qu'il entretenait avec les Eusses. Il ne leur répondit que par une courte relation qu'il leur fit, les larmes aux yeux, de la manière dont il s'était accoutumé à mâcher de vieux parchemins. Quelque faiblesse qu'il y eût dans cette défense , l'air dont il la pro^ nonçait fit impression sur l'un des vieux sénateurs ^^

( 582 ) qui avait assez d'expérience pour démêler la ture de Tinnocence d*avec la ruse et les détours du Yice» S'attachant de plus en plus à rexanûœr, il remarqua que-, tandis qu'on écrivait sa dépo*sition, et livré tout entier aux demandes qu'on lui adressait) et au soin d'y répondre , ne laissait pas d'avancer la main par intervalle , vers l'écritôire qui était sur la table , d'où il tirait de petits lanabeaux de vieux parchemin dont elle était doublée 5 et que 9 par un mouvement tout naturel 9 il les portait à sa bouche. Cette observation fit trouver plus de vraisemblance au sénateur dans le récit de Bireii. Il lui fit diverses questions sur sa naissance et la force de son habitude. Il demanda des détails et des preuves. Heureusement l'accusé en avait de présentes dans un grand nombre de petits rouleaux de parchemin , qu'il tira de ses poches. Leur forme, des indices irrécusables 9 tout s'accordait avec l'idée qu'il en avait fait prendre. Le sénateur devint son défenseur autant que son |uge. D'autres informations qu'on fît sur sa conduite et ses liaisons , ayant achevé d'établir son caractère, le baron de Goërtz fut le premier à solliciter sa liberté et sa grâce.

Cependant, soit que le baron craignit que sa faiblesse ne l'exposât à quelque nouvel embarras, soit que l'éclat d'une telle aventure l'eût dégoûté des services de son secrétaire, il le congédia, après l'avoir honnêtement récompensé. Il y devait peu

( 555 ) d^apparence qu'un j[e une homme , rejeté par le ministère , pût trouver d'autres occasions de s'établir dans la Suède. Biren prit le parti de la quitter^ et de repasser en Courlande, où son aventure n'était pas connue, et il s'attacha au premier homme d'affaires qui voulut l'employer. La fortuné, qui semblait le conduire par la main , l'a* dressa au receveur-général de Mittau , livré au plaisir , et qui cherchait depuis long-temps un écrivain ou copiste habile sur lequel il pût se reposer de la fatigue de son emploi. Avec beaucoup d'esprit et d'assiduité 9 le nouveau secrétaire fit bientôt reconnaître en lui tous les talens qu'on* désirait. Il se fit aimer de son maître , mais il n'était pas guéri de l'habitude qui avait ruiné aa fortune en Suède. Le receveur ayant un jour fini ses comptes , revint muni d'une quittance signée de la main du duc de Courlande ; et , la regardant comme une pièce d'autant plus importante, quft|£S ennemis s'étaient dé^à prévalus de ses incliomIKk» au plaisir, pour l'accuser de dissipation et de mauvaise foi , il la remit à son secrétaire , en lui recommandant de la conserver avec soin. Ce papier n'avait point les qualités qui pouvaientpiqueiT son ancien goût pour le parchemin , ce ne fut que distraction et force d'habitude qui le portèrent à le mettre entre ses lèvres ; d'ailleurs quelques années d'intervalle avaient afifaîbli l'impression de sa première dis-? grâce. Quoi qu'il eu soit, il exposa malheureuse^

( 336 ) eruauté qui coûta la vie à tant de personnes. I«e bruit des bonnes qualités qu'on découvrit alors en lui 9 alla bientôt jusqu'au duc 5 qui voulut s^eo assurer par le témoignage de ses propres jeux. Ainsi le secrétaire devint un objet d'attentions pour tout le monde ; et sa fortune changea de face , à mesure qu'il eut occasion de ju^iQer les premières idées qu'on avait prises de son esprit et de son habileté. Devenu le favori du duc de €our^ lande j Biren ne. tarda pas à se faire aimer de la duchesse, et cette inclination, qui dura jusqu'4 }a mort du mari , se manifesta avec plus de liberté lorsque cette princesse se vît élevée sur le trône de Russie.

Bouffons iUustres et en titre qu!U y avait à la

COUT de Russie.

Tandis que toutes les. distinctions et les honneurs étaient prodigués à l'heureux favori , les humiliations et les mauvais, traitemens étaient le partage des boïards et de«) grands qui déplairaient à }a tzarine. Les bouffons étaient fort en vogue de son: temps 9 quoiqu'ils fussent bannis alors d'auprès des souverains éclairés. (Sous le règne de Pierre I.", on les appelait ée& fou#.) Anne-ep avait six 9 dont quatre étaient de la plus haute naissance* Forcés , par ordre de la tzarine, de se. prêter de bonne grâce aux jeux ridicules et aux mauvaises plaisan^

(337) tcries tles courtisans 9 le moindre refu$ était puni comme un crime. Balakref ^ Tun d'eux , n'aimant pas qu'on lui donnât le croc-enrjambe , ni qu'on le traînât par les cheveux 9 refusa un jour de se laisser jeter sur le parquet ^ ne songeant pas que la souveraine ne voudrait point admettre ses excuses : le pauvre jeune homme fut condamné à recevoir les batogui ( flagellation ,av6c des verges ). Un prince Galitziû y âgé de quarante ans^ fut fait, page et bouffon f pour ie punir d'avoir embrassé la religion catholique romaine dans ses voyages.. A cette humiliation l'on en joignit une autre ; Anne le maria à une fille du peuple ^ et fit l^s frais de cette noce extraordinaire , à laquelle assistèrent des députés de toutes les nations de son empire ^ chacun revêtu du costume qui lui était propre. Cette Inzarre oérémonie eut lieu dans l'hiver rigoureux de 1 740. Anne fit consitruire une maison de glace 9 qui consistait en deux chambres , dont les meubleç-et le lit ■ étaient de glace. Au-devant de cette niaison étaient •quatre petits canons et deux mortiers de glace qui tirèrent plusieurs coups sans se. briser. Les épOtix y furent conduits dans une cage portée par un élé- . phant 9 et suivis d'un cortège de quatre cents personnes montées sur des chameaux 9 ou traînées par des boucs 9 des cochons 9 des chieii»} dç|^ rennes 9 £tc. Les mariés furent obligés de passer la nuit dans le U^de glace > d'où ils ne purent sc^rtir avant

le jour.

Nouveiicê marqvLtê de faveur que reçoit Biren* Mort de ia tzarine Anne,

L'intérêt de Biren était de s*opp08er à oe que la tzarine ne contractât point un second mariage ^ dans la crainte qa'un époux ne mit oMtade aux vastes desseins qu'il ay^t conçus : il se senrit de Tascendant qn*il avait sur celte princesse » pour rengager à se clioisir un successeur. Elle adopta sa nièce , fille du duc Charles de Uedilenbourg et de sa sœur Catherine. Cette princesse àbjutâ la religion protestante , et , par respect pMr sa bienfaitrice 9 elle prit le nom d^Amie^ a^n lieu éfêéLui de Catherine qu^elle avait reçu au bapfêâie. La tzarine , voulant lui choisir un époux » a^éa le prince Antoine Ulric de Brunsirik Lunébonl^, neveu de rimpératrice d'Allemagtie , et beau -frère du roi de Prusse. Le prince Olric se reocNft à Pé« tersbourg en 1 753 5 et les fêtes de son mariage , qui n'eut lieu qu'en 1739 , furent célélnrées avec une grande magnificence. On verra que tout cet éclat vk servait qu*à cacher aux yeux de ce prince et de son éfjctose les joui« f^ièbres qui devaient les envelopper. Le 24 ^odl 1740 9 la princesse Amie accoucha d^tm prince qui fût nommé ïvan. La tzarine adopta le nouveau tié*, et le logea dans un appartetnent attenant au sien. Ce prince 5 dont les destinées paraissaient devoir être si heureuses , était réservé au sort le plus tristet

( 539 ) £a tzarine ne put iong-tempa partager la joie i}u'inspirait la naissance de rhérltier présomptif du trône de Russie. Elle tomba malade vers la fin du mois de septembre , et Ton ne tarda pas à craindre pour sa vie. Cette princesse adopta pour lui succéder 9 le fils du duc Ulric^ neveu de Pierre !.*% quoiqu^à peine âgé de deux mois , afin que le duc de Biren ^ qu'elle voulut favoriser par cet arrangement , eût la tutelle du jeune tzar ^ qu'elle lui donna par son testament , et qui ne devait finir qu'à la dix-septième année du prince. Ainsi , jusqu'au moment où elle termina sa carrière , elle s'occupa de l'élévation de son favori. La tzarine Anne mourut le a8 octobre 1740 9 ^près un règne de dix ans , et dans la quarante-septième année de ^on âge<

Page 1